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Patrimoine des bibliothèques de France

un guide des régions. 7. Aquitaine, Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées

Paris : Payot, 1995. - 10 vol. + un index : ill. en noir et en couleurs ; 24 cm.- 271 p. ISBN 2-228-88970-9. 150 F

par Michel Albaric

Cinquante bibliothèques, et il en manque ! La préface de Louis Desgraves est une visite-promenade érudite et cordiale, une sorte de pèlerinage aux sources, pour lui qui fut un quart de siècle directeur de la bibliothèque municipale de Bordeaux.

Certes, on s'attendait à trouver dans ce livre les grandes bibliothèques municipales et universitaires de Bordeaux, Toulouse et Montpellier, qui, à elles seules totalisent plus de cinq millions d'imprimés. Mais on ne sait plus où donner de la tête, entre la collection de relieurs modernes du fonds Sabatier d'Espeyran de la BM de Montpellier, les milliers de disques acquis par Hugues Panassié, critique de jazz, que la médiathèque de Villefranche-de-Rouergue a eu l'audace d'acheter en bloc, les quatre-vingt-une éditions incunables de la BM de Mende, capitale de ce qu'on appelé le « désert français » - où cependant les cailloux fleurissent - et la collection « Guizot » dont la mère était née à Laubaret, à la source du Tarn, dans une commune qui n'a pas aujourd'hui cent habitants et où le vent décorne les boeufs.

Alès, qui draine tout le sud de la Lozère, y compris les inondations, possède un fonds d'archéologie industrielle dû à la présence d'un bassin houiller. La duchesse-chasseresse d'Uzès est la concurrente moderne de Gaston Fébus, dont le centre Jacques-de-Laprade, à Pau, conserve un beau manuscrit. Nîmes, capitale française de la tauromachie, fut célébrée par Goya et Michel Leiris. Louis Médard a légué son cabinet de lecture à la ville de Lunel par un testament spirituel où il écrit : « Aimer à lire, c'est faire un échange des heures d'ennui contre des heures délicieuses » - Montesquieu, qui règne à la BM de Bordeaux, en compagnie de Montaigne et de Mauriac, avait écrit qu'aucune de ses peines n'avait résisté à une heure de lecture.

Montpellier est remarquable par son fonds illustré d'éditions de Rabelais, et son École de médecine ; à l'approche de la Méditerranée, on trouve Sète, surveillée de sa falaise par Paul Valéry ; à Béziers, un fonds spécifique de viticulture et d'oenologie, quelques beaux raisins dépeints par H. Marès (aussi beaux que les Facies Plantarum de Marcellin Bonnet à Carcassonne), et les traces rouges de la révolte des vignerons de 1907. Charles Cros et Charles Trénet sont à l'honneur à Narbonne ; en Roussillon et Catalogne, l'Essai de dictionnaire historique de la langue catalane de Julien-Bernard Alart et son cartulaire roussillonnais font courir, directement à Perpignan, les chercheurs d'Occitanie.

Voici que nous n'avons pas encore fait le tiers du chemin indiqué par ce guide. Rien n'a été dit de Périgueux, Libourne, Bergerac et Cahors, ni de Lourdes et de ses pèlerinages à la suite des « Pèlerins belges » de Charles Jouas. L'index, ici encore, est digne de l'enfer.