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Rapport annuel de l'Inspection générale des bibliothèques 1994

Paris : Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche ; Ministère de la Culture et de la Francophonie, 1994. - 42 p. ; 30 cm

par Benoît Lecoq

Depuis la mise en extinction du corps de l'Inspection générale des bibliothèques (IGB), bien des voix se sont élevées, parmi les professionnels, pour proclamer la nécessité d'un corps constitué qui soit en mesure de procéder aux indispensables missions d'étude, de conseil, d'évaluation et de contrôle des bibliothèques.

Cette nécessité, les directeurs d'établissement la perçoivent de façon d'autant plus aiguë que l'accomplissement de leurs missions a été rendue plus complexe, voire franchement délicate, sous les effets conjugués de la décentralisation et d'une autonomie des universités que d'aucuns jugent excessive.

La profession attend donc avec une vive impatience la publication de l'arrêté ou du décret réorganisant le service de l'IGB.

Évaluation et conseil

A cet égard, le rapport annuel 1994 se fait l'écho de plusieurs signes encourageants. La lettre ministérielle du 24 mars 1994 affiche un soutien sans réserve à l'institution. Élaboré en concertation avec l'IGB, le programme de travail établi par la Direction de l'information scientifique et technique et des bibliothèques (DISTB) et la Direction du livre et de la lecture (DLL) témoigne du souci des deux départements ministériels de développer le rôle d'évaluation et de conseil de l'IGB. Très détaillé, celui du ministère de la Culture et de la Francophonie insiste sur plusieurs priorités, aux premiers rangs desquelles figurent notamment la nécessité d'achever l'inspection systématique des bibliothèques départementales de prêt (BDP) et celle de procéder à une analyse minutieuse des bibliothèques municipales : description des équipements, étude des coûts de fonctionnement, examen des statuts et de la formation des personnels, part du budget d'acquisition, rôle des bibliothèques municipales à vocation régionale, place des fonds locaux, rapports entre fonds régionaux et dépôt légal imprimeur (DLI), etc. Beaucoup plus sobre, le programme de travail émanant du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche se limite à indiquer la participation de l'IGB aux jurys et commissions d'homologation et à énumérer la liste des bibliothèques devant faire l'objet d'une inspection.

Activité polymorphe

Dans ce contexte, l'IGB a pu remplir une grande part des missions qui lui étaient confiées, ce que traduit, en particulier, le nombre des établissements inspectés et visités : 40 en 1994 1 (contre 26 en 1993), qui ont donné lieu à trente rapports structurés et étoffés. En revanche, la poursuite des études thématiques a eu à pâtir de la faiblesse des effectifs de l'IGB. C'est ainsi que l'inspecteur général Denis Pallier n'a pu engager l'étude sur les fonds locaux qui devait compléter le rapport de 1993 consacré au DLI. Il est vrai qu'en dehors de ces missions traditionnelles et fondamentales, l'activité de l'IGB est polymorphe : participation aux différents conseils des grandes instances professionnelles ainsi qu'aux journées d'études et congrès professionnels, présidence de jurys de concours et d'examens 2, gestion des personnels dans le cadre des commissions paritaires 3, concertation avec les directions ministérielles, activités d'enseignement et de recherche, publications, etc. Ce lourd travail administratif et scientifique est naturellement producteur d'archives : à la faveur du déménagement de l'IGB rue d'Ulm, celles-ci (plus de 550 boîtes d'archives) ont été reclassées par l'inspecteur général Yves Laissus.

On le voit, l'étendue des domaines de compétence de l'IGB nécessite une équipe renforcée. La nomination récente de conservateurs généraux chargés de mission d'inspection générale augure d'un avenir meilleur.

  1.  (retour)↑  Huit bibliothèques universitaires, treize bibliothèques départementales de prêt, seize bibliothèques municipales dont trois classées et trois établissements « hors contrôle ».
  2.  (retour)↑  Le rapport s'étend longuement sur l'organisation du concours de magasinier spécialisé et souligne son inadéquation par rapport au futur métier de magasinier.
  3.  (retour)↑  Il est à déplorer que l'IGB n'intervienne plus dans la notation des personnels scientifiques.