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Micro-ordinateur et traitement de l'information

Paris : A jour, 1991. - 216 p. ; 24cm. - (Nouvelles technologies documentaires).
ISBN 2-9903685-36-3 : 180 F

par Yves Desrichard

Examinant les implications de la « révolution micro-informatique » dans le domaine du traitement de l'information, et telle qu'elle se traduit dans les bibliothèques et les services de documentation, Micro-ordinateur et traitement de l'information propose tout à la fois un « état de l'art » des matériels et logiciels disponibles dans les différents types d'application de ce secteur, mais aussi une prospective sur les techniques qui, selon les auteurs, sont appelées à se développer dans les prochaines années ; certaines technologies (comme la gestion électronique de documents) semblant encore à cheval sur les deux secteurs, puisque riches aussi bien de développements potentiels que de produits immédiatement disponibles.

L'étude ne se propose pas d'examiner les conséquences matérielles, financières, humaines de l'introduction progressive ou généralisée des micro-ordinateurs dans le fonctionnement quotidien d'une bibliothèque, mais bien de recenser les techniques, et de proposer aux professionnels les bases d'une réflexion, tout à la fois comme mise à jour de la culture professionnelle (dont la micro-informatique, qu'on le veuille ou non, est aujourd'hui une partie) et comme aide à la décision.

Evolutions

Norbert Paquel propose, dans une première partie intitulée « Les évolutions récentes des technologies de l'information », un exposé remarquable, clair et pragmatique, sur les évolutions à court et à moyen terme de la micro-informatique documentaire. Bon nombre de techniques auxquelles les professionnels sont quotidiennement confrontés, sans toujours en maîtriser les bases, sont expliquées de manière accessible, avec le souci d'offrir un outil pratique, synthétique et structuré. Proposant tout à la fois les grandes orientations théoriques et les évolutions commerciales quasi immédiates, des tableaux synoptiques (notamment sur les supports optiques), l'auteur évite aussi bien les écueils qui attendent une réflexion trop généraliste qu'une approche trop réductrice et limitée à un état présent dépassé avant même que paraisse l'ouvrage.

Ce dernier reproche peut, partiellement, être adressé aux deux chapitres suivants, respectivement intitulés « Les logiciels de gestion de bibliothèque » (Odile Giraud) et « Les logiciels documentaires » (Jean-Claude Le Moal). Même si Roland Bertrand souligne, dans son introduction, qu'« il y a bien tendance à l'interpénétration des deux groupes par apparition de fonctions communes, [mais que la symbiose et encore moins la fusion ne sont pour l'instant réalisées », on s'accordera cependant à trouver le distinguo entre les deux types de logiciels plutôt subtil : en témoigne d'ailleurs la présence de certains logiciels dans les deux parties, et certaines redondances entre les deux chapitres.

Cependant, la définition des fonctionnalités à attendre, des grilles d'analyse, des modes d'évaluation des logiciels seront très utiles aux professionnels. Les commentaires sur les logiciels disponibles sur le marché et les tableaux de comparaison de ces différents produits appelleront les réserves d'usage sur des informations vouées à une rapide obsolescence (et qui ne remplacent pas les démonstrations de produits). On sera plus perplexe sur la présentation de logiciels anglo-saxons non disponibles sur le marché français : il aurait été plus judicieux, sans doute, d'évaluer le retard fonctionnel des versions de produits anglo-saxons aujourd'hui disponibles en France par rapport aux fonctionnalités qu'ils offrent dans leur pays d'origine.

« Les systèmes de gestion électronique de documents » (Dominique Maillet) est un exposé détaillé, dans un langage accessible, sur les techniques de gestion électronique de documents, de la numérisation à la restitution, en passant par les contraintes spécifiques des logiciels de gestion de bases obtenues par ce biais. L'auteur note cependant que les applications de GED sur micro-ordinateurs ou stations de travail ne concernent que « des fonds limités et un usage interne », ce qui, pour l'instant, en fait une option peu envisageable dans un environnement micro-informatique : là encore, l'évolution des techniques et les baisses de coût font penser que de telles applications seront de plus en plus répandues, même dans les organismes documentaires de taille moyenne, dans des délais proches.

Langues naturelles

« Les logiciels de traitement de la langue » (Ghislaine Chartron et William Turner), regroupés sous le terme générique de TAL (pour « traitement automatique du langage ») devraient révolutionner, dans les années à venir, les modes d'accès aux bases de données documentaires, se rapprochant de plus en plus de l'interrogation dite « en langage naturel ». Force est de constater, cependant, qu'il n'en est rien pour l'instant, et que les produits disponibles sont à la fois chers et réservés à des domaines d'application étroits.

Roland Bertrand, dans l'exposé conclusif de l'ouvrage, intitulé « Naviguer à travers les hyperespaces du savoir », s'essaie à l'exercice redoutable de la prospective, annonçant le passage de la « bibliothèque à la bibliothèque », dont la Bibliothèque de France, avec son projet de poste de travail (exposé en détail), sera l'un des chantiers avancés. Il se prononce résolument pour l'avènement des « stations actives multimedia », et pour une diffusion large de l'information sur tous les types de support, l'important semblant être, pour lui, de communiquer : mais quid de ce que l'on communique ?