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The future of the Academic library

actes de la conférence tenue en septembre 1989 à l'Université du Wisconsin

ed. par Eugene P. Trani. University of Illinois, 1991.-107 p. ; 21 cm.
(Occasional papers)
ISSN 0276 1769

par Alban Daumas

Ce n'est certes pas la première fois - ni la dernière sans doute - qu'on édite un livre ou une série d'articles ou les comptes-rendus des interventions à un séminaire consacrés à l'avenir des bibliothèques d'étude et de recherche. Le recueil dont il est ici question a pourtant un intérêt particulier car les spécialistes qui se sont réunis et ont planché sur le sujet l'ont fait à la demande instante des responsables de l'université du Wisconsin et de son bibliothécaire en chef.

Des plans de développement à long terme

En effet cet établissement d'enseignement supérieur étudie depuis 1988 des plans de développement à long terme pour toutes les facettes de son activié, y compris bien entendu les bibliothèques. Plans qui doivent être conçus de sorte que l'université puisse affronter malgré leur complexité et leur acuité tous les problèmes apportés par le très proche XXIe siècle.

C'est pourquoi une commission de spécialistes a été créée pour étudier la stratégie à suivre par les bibliothèques de l'Université du Wisconsin pour s'adapter à tous les changements prévisibles dans les années à venir, qu'ils soient économiques, politiques, démographiques ou plus simplement technologiques.

Pour les professionnels de la bibliothéconomie et de l'information scientifique et technique consultés, le problème le plus important et le plus difficile qui se posera dans les bibliothèques du XXIe siècle sera celui du personnel. Pour nos collègues américains en effet, les progrès technologiques s'imposeront d'eux-mêmes et seront adoptés par les réseaux des bibliothèques, de gré ou de force pourrait-on dire, même si les rigidités budgétaires obligeront alors à des choix dramatiques.

Mais qu'en sera-t-il pour les bibliothécaires, hommes ou femmes formés dans des écoles où la bibliothéconomie est inévitablement toujours un peu en retard sur l'évolution du jour et cherchant à rattraper, grâce à des stages, des voyages ou des lectures, les progrès des sciences de l'information ? Pour que les bibliothécaires du XXIe siècle - ou en tout cas ceux des dix ou quinze prochaines années - entrent pleinement dans le « nouvel âge » où les activités de la documentation et de la communication tiendront la première place, nos collègues américains pensent qu'il y a lieu avant tout de redéfinir leur rôle, essentiellement vis-à-vis des usagers et par rapport aux enseignements.

Des responsabllltés pédagoglques

Etant donné que les disciplines enseignées dans les universités et dans les instituts qui leur sont rattachés deviendront de plus en plus diversifiées, les étudiants et les professeurs auront du mal à appréhender dans une masse en prodigieuse croissance les informations vraiment utiles pour eux, à en faire le tri donc et à les structurer pour bien en extraire toutes les connaissances nouvelles qui s'y trouveraient. C'est pourquoi la fonction la plus importante que les bibliothèques assureront à l'avenir sera celle de la formation des usagers. Pour cela, les bibliothécaires devront assumer de véritables responsabilités pédagogiques à tous les niveaux des enseignements et participer de plein droit à la définition des programmes des cours ou travaux dirigés...

Il ne sera pas question pourtant de délaisser les tâches classiques actuelles des acquisitions à la conservation car, nos collègues américains le constatent, l'ère de la bibliothèque entièrement électronique n'est pas encore arrivée, si tant est qu'elle n'arrive jamais.

Sur ce point on en est encore, même aux USA, à des propositions de projets pilotes pour tester la viabilité du tout électronique en documentation. Par contre on pourra plus facilement et plus rapidement construire sur les campus des réseaux de communications qui connecteront les universités aux réseaux documentaires internationaux pour le plus grand profit des étudiants et des enseignants.

En conclusion de leurs travaux, les spécialistes interrogés par l'Université du Wisconsin énoncent quelques recommandations à l'intention des responsables et du personnel de la bibliothèque - valables pour d'autres probablement ! Pour eux, il y a lieu :
- de prendre garde au fait que la bibliothèque est et sera de plus en plus placée en situation de concurrence, et devra donc avoir une stratégie de positionnement vis-à-vis des autres fournisseurs de documentation,
- d'évaluer en permanence et d'une façon réaliste la valeur ajoutée plus ou moins grande apportée par la bibliothèque aux enseignements et à la recherche,
- d'adopter sans traîner les avancées technologiques qui libéreront les bibliothécaires de travaux fastidieux et répétitifs au profit de tâches éducatives plus productives.

On ne peut que souscrire à ces propos, tout en constatant que sur le plan des idées nous ne sommes pas en retard. A noter : quelques références à la fin de certaines des communications contenues dans ce petit livre et quelques schémas significatifs.