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Histoire de Strasbourg des origines à nos jours

t. 3 : Strasbourg de la guerre de Trente ans à Napoléon : 1618-1815

sous la dir. de Georges Livet et Francis Rapp. - Strasbourg : Éd. des Dernières nouvelles d'Alsace, 1981. - XX-713 p. : ill. ; 28 cm. - (Histoire des villes d'Alsace.) Index p. 681-696. - ISBN 2-7165-0041-X.

par Jacques Betz

Dans le cadre du tricentenaire du rattachement de la ville de Strasbourg à la France (1681-1981), qui a donné lieu à diverses manifestations officielles dans la capitale régionale alsacienne, les Éditions des Dernières nouvelles d'Alsace, conjointement avec la maison Istra, ont lancé une vaste entreprise dans la collection « Histoire des villes d'Alsace ».

Il s'agit d'une Histoire de Strasbourg des origines à nos jours, publication prévue en 4 volumes, éditée sous la direction de Georges Livet et Francis Rapp, tous deux professeurs à l'université des Sciences humaines de Strasbourg. Ce troisième tome, qui vient de paraître et qui est digne des premiers, où furent évoquées des révolutions en tous genres, ayant animé la ville de Strasbourg à travers une permanente effervescence, poursuit cette fresque monumentale en situant la cité rhénane de la Guerre de Trente ans à Napoléon, et plus précisément de 1618 à 1815. C'est une vaste tranche de temps, au cours de laquelle on assiste à deux révolutions essentielles et à la confrontation de deux espaces : en 1681, Louis XIV fait entrer la ville dans la communauté française, et 1789 voit la Révolution détruire les privilèges urbains et ceux de l'oligarchie régnant depuis le Moyen âge.

On la doit à un collectif de huit auteurs. Est d'abord évoqué le passage, pas toujours facile, d'une cité au statut de ville libre rattachée au Saint-Empire à celui de chef-lieu de département français (Jean-Pierre Kuntz) ; on propose ensuite au lecteur la démographie et les subsistances au siècle des Lumières (Yves Le Moigne), la vie économique et les hiérarchies sociales (Bernard Vogler), les institutions, la tradition et les sociétés (Georges Livet). Après quoi il explore les cultures, les religions, les sociétés et l'esprit européen (Louis Châtelier, Bernard Vogler et Marcel Thomann), avant d'être introduit dans la vie artistique et l'urbanisme strasbourgeois au XVIIIe siècle (Jean-Daniel Ludmann). Puis celui-ci assiste à l'explosion révolutionnaire et à ses conséquences (Roland Oberlé) et suit son guide dans le Strasbourg du Consulat et de l'Empire, ce qui le mène de l'Histoire à la légende (Roland Oberlé).

Ce collectif d'auteurs met le lecteur en contact avec la réalité d'une ville qui essaie de vivre, sans perdre de vue le rôle particulier qui lui est dévolu, car, pour les deux côtés du Rhin, cette cité ne cesse d'être un creuset où idées, cultures et langues ne sont qu'osmoses, et forment, selon le mot de Francis Rapp, un « laboratoire spirituel ».

La matière si dense se trouve partagée en huit grandes divisions, faites, chacune, d'un certain nombre de chapitres, et augmentées, chacune, d'une conclusion, des sources et d'une orientation bibliographique. Abondamment illustré de figures et de planches en couleurs, le troisième volet de ce polyptyque, consacré à une capitale régionale, siège du Conseil de l'Europe, orné d'une jaquette avec la célèbre et « Belle Strasbourgeoise », par Nicolas Largillière, fait honneur à cette cité, si riche en histoire.