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Zacharia Nasr

The Dictionary of economics and commerce

English, French, Arabic

London : Macmillan press, 1979. - XII-212 p. ; 28 cm. ISBN 0-333-23109-0 :$34.00.

par Jean Lebacque

L'auteur de ce dictionnaire ou plutôt, comme il l'intitule lui-même trop modestement, tant il contient de nouveautés, de ces « Éléments pour un glossaire économique en langue arabe » a travaillé, pour la mise au point de son ouvrage, en liaison avec le « Fonds kowétien pour le développement économique arabe ».

Une observation s'impose d'emblée : c'est celle touchant au fait que la terminologie économique arabe doit énormément - survivance de la longue influence colonisatrice de la France et de l'Angleterre - à l'une et l'autre langue de chacun de ces deux pays.

Viennent s'ajouter 3 remarques :
- il est en premier lieu évident qu'une langue sémitique telle que l'arabe est très éloignée de la langue qui, à ce jour, peut être considérée comme le principal vecteur de la pensée scientifique : l'anglais. Aucun mot commun, aucune racine ou méthode parmi celles utilisées pour la formation de mots dérivant du latin ou du grec, ne peut venir à l'aide de celui qui veut traduire en arabe.
- En second lieu, il faut reconnaître que l'arabe moderne familier, avec ses très nombreux dialectes, paraît avoir perdu ses liens innés et quasi-génétiques le liant à l'arabe classique. Partant, l'arabe a été privé de la remarquable richesse de la « koinè » originelle, mais encore a-t-il peut-être perdu, contrairement aux langues romanes ou encore slaves, cet esprit créateur qu'a toute langue de s'adapter aux mouvements sociaux soit par ses propres ressources linguistiques, soit par son pouvoir d'assimilation.
- Enfin, il convient d'ajouter à ce qui précède l'impact évident du retard scientifique qui influe inévitablement sur le niveau de l'usage de la langue et qui contribue directement à la difficulté de moderniser le langage et d'y faire entrer des mots de provenance étrangère dans leur forme et consonnance originales.

Ces réserves faites, l'auteur s'est efforcé de faire revivre les termes et schèmes de l'arabe classique. Il a évité le plus possible les emprunts à l'étranger et a essayé de réduire au maximum le large fossé qui, séparant arabe classique et arabes dialectaux, condamne les pays arabes à une sorte de bilinguisme qui, contrairement aux autres types de bilinguisme, n'ouvre guère d'horizons nouveaux à la pensée et à la culture.

Mais il lui a fallu, de son propre aveu, rester éclectique : certains termes, parce que passés dans les mœurs (tels que chèque, banque, etc.) ont été acceptés comme tels ; d'autres par contre, ont bénéficié de l'apport de l'arabe classique chaque fois que ce dernier s'avérait adéquat.

Encore que l'ouvrage ait été principalement rédigé pour être utilisé par des arabophones parlant français ou anglais, il est certain que l'usager ou l'étudiant étranger sera grandement aidé, par le truchement des concepts économiques français et anglais, dans sa recherche et dans sa découverte de l'équivalent exact et approprié en arabe.