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Alfred Schmitt

Entstehung und Entwicklung von Schriften, nach dem Tode des Verfassers zum Druck besorgt und mit einer Würdigung sowie einem Schriftenverzeichnis des Verfassers

hrsg. von Claus Haebler. - Wien ; Köln : Böhlau Verlag, 1980. - XLV-379 p. : fac-sim., portr. ; 21 cm. Bibliogr. p. 329-334. Index p. 335-349. - ISBN 3-412-06476-9 : DM 88

par Jacques Betz

C'est une importante synthèse de ses innombrables recherches et de ses écrits variés que propose, dans un ouvrage posthume, sur la formation et le développement de certaines écritures, le spécialiste en histoire de ces moyens d'expression de la pensée humaine, Alfred Schmitt (1888, Rixdorf, canton de Teltow, Berlin-Neukölln, 1976, Munich), édité, avec une biographie en guise d'introduction (une vingtaine de pages), par Claus Haebler.

Attiré par la philologie classique et la terminologie, Alfred Schmitt a débuté en 1927 comme lecteur à un séminaire de philologie latine et grecque, après avoir soutenu sa thèse axée sur l'accent et la diphtongue, (courante en anglais et en allemand) et publiée en 1931 ; il s'occupe à l'Université de Hambourg de questions terminologiques et phonétiques et ses recherches s'orientent vers la métrique antique et les dialectes vivants d'Allemagne. Professeur sans chaire à Erlangen, en 1935, il devient titulaire à Munster, en Westphalie, en 1941, avant d'y revenir doyen en 1951. Au cours de sa carrière, il applique ses aptitudes phonétiques à l'étude de dialectes, d'idiomes ou de patois vivants d'Allemagne ou d'ailleurs. Prenant sa retraite en 1956, il se retire à Munich, où il meurt.

L'ouvrage que sort le Böhlau Verlag, à Cologne et à Vienne, en 1980, est le reflet de l'étonnante activité de ce linguiste, ouvert à d'innombrables formes d'écritures. L'éditeur scientifique partage cet ensemble de travaux en deux parties.

Avec la première partie, Schmitt introduit son lecteur dans un certain nombre d'écritures formées en des temps relativement récents. Elle débute sur l'écriture, née de l'influence d'une mission évangélique dans la région du fleuve Kouskokwin, en Alaska. Puis l'auteur se penche sur l'écriture, inventée par l'indigène Sikwaya, des indiens Cherokee d'Amérique (Géorgie et Caroline), avant d'aborder l'écriture Cree, à Winnipeg (Canada). C'est ensuite à l'Afrique de lui offrir des sujets d'études : l'écriture Voi, Vei ou Vey, de la peuplade mandingue d'Afrique occidentale, et créée par Dualu, une écriture de Côte d'Ivoire et d'autres régions d'Afrique occidentale. Cette première partie s'achève sur l'écriture Bamum, inventée par Njoya, « roi » du Bamum, au cœur du Cameroun.

Les écritures de l'antiquité se partagent toute la seconde partie. Partant de la chinoise, datant du milieu du 2e millénaire avant J.-C., et de la japonaise, apparue à la deuxième moitié du 6e siècle de l'ère chrétienne, avec l'apport du bouddhisme, l'auteur aborde l'écriture cunéiforme, ayant la forme d'un coin ou d'une pointe de flèche comme élément principal, perpendiculaire ou horizontal, accompagné d'un crochet, avec des combinaisons variées. Selon Schmitt, elle a comporté un alphabet dont certains éléments ont connu une application entre 1500 et 1200 avant J.-C., et sont apparus sous la forme de textes sur des tombes à la place du port antique de Ugarit, à 160 km au nord de Byblos. Ensuite l'auteur aborde l'écriture cunéiforme créée par Darius Ier (522-436) et appliquée en Perse ancienne, puis celle, assez proche dans son procédé, de l'Inde, avant de se pencher sur celle de l'Égypte, qui, avec ses hiéroglyphes, marque un progrès, mais reste compliquée. Les Phéniciens font l'objet du chapitre suivant, comme continuateurs de l'écriture égyptienne, mais aussi, et surtout comme novateurs, puisqu'on leur doit la grecque, sur laquelle s'achève la vaste fresque d'Alfred Schmitt.

On peut être reconnaissant à Claus Haebler de donner une bibliographie des écrits de A. Schmitt, composée de 41 notices concernant ses œuvres et ses articles, de 30 notices rappelant ses comptes rendus, 1 notice mentionnant sa collaboration au Sprachwissenschaftliches Wörterbuch, les deux dernières signalant 2 écrits restés inédits. Pour être complet, le bibliographe mentionne deux articles sur Alfred Schmitt, dont le portrait ouvre cette imposante somme d'études sur des écritures.