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Luigi Balsamo

Introduzione alla bibliografia

Parma : Edizioni universitaria Casanova, 1978. - 147 p. ; 21 cm.

par Albert Labarre

Cette introduction à la bibliographie ne se présente pas sous un plan systématique comme le « Manuel » de Mlle Malclès, mais suit un ordre chronologique comme le volume que celle-ci a consacré à la bibliographie dans la collection « Que sais-je ? » (n° 708). M. Balsamo retrace donc l'évolution de la bibliographie depuis ses origines.

Après avoir recherché une définition dans un premier chapitre consacré à l'information bibliographique, l'auteur montre comment le besoin de cette information apparaissait à la fin du Moyen-âge chez les premiers humanistes dans leur quête des manuscrits et des textes, tandis que les bibliothèques commençaient à dresser leurs catalogues.

L'imprimerie multiplie les livres. Cela nécessite une publicité de la part des imprimeurs et des libraires, depuis les annonces particulières à une édition jusqu'à l'impression du catalogue de leur fonds, pour aboutir aux catalogues collectifs des foires de Francfort (1564) et de Leipzig (1594), et aux compilations de Bassée, Cless et Draud, qui en résultent. Le XVIe siècle voit aussi apparaître plusieurs types de bibliographie : sur un sujet (Trittheim en 1494), sur un auteur (Érasme dès 1519), universelle (Gesner en 1545), nationale (Bale pour l'Angleterre, Loos pour l'Allemagne, La Croix du Maine et Du Verdier pour la France). En outre, au XVIIe siècle, se développent des bibliographies locales, tandis que la bibliographie générale est représentée par Van Beughem et Lippen, et par les oeuvres (non publiées) de Raffaelle Savonarola et Philippe Drouyn. L'accroissement de la production amène certains auteurs à réfléchir et à rechercher des critères de choix, notamment Gabriel Naudé dans son « Avis pour dresser une bibliothèque » (1627). L'information bibliographique bénéficie aussi de l'ouverture au public de quelques grandes bibliothèques, comme l'Ambrosienne à Milan, la Bodléienne à Oxford, la Mazarine à Paris ; l'auteur remarque justement que nombre d'ouvrages bibliographiques portent le titre de « bibliothèque », ce qui montre bien le lien entre la discipline et l'institution.

Avec le Journal des savants (1665), l'information bibliographique apparaît dans les notices analytiques et critiques des revues qui se développeront au XVIIIe siècle, ainsi que dans les dictionnaires dont l'« Encyclopédie » constitue l'exemple le plus connu, mais pas un phénomène isolé. Les recherches sur les origines et l'histoire de l'imprimerie (qui aboutiront aux répertoires de Maittaire et de Panzer) témoignent de l'intérêt pour le livre ancien, de même un commerce qui se manifeste par la multiplication des catalogues de ventes de bibliothèques ; c'est dans ces catalogues que Prosper Marchand et Gabriel Martin introduisent la classification, dite des libraires de Paris, que De Bure reprendra. Le siècle des lumières est aussi marqué par des bibliographies scientifiques et érudites.

La recherche en science du livre se développe au XIXe siècle, souvent sous le nom de bibliographie bien que, dès 1802, Peignot ait employé le terme de « bibliologie » ; les manuels se multiplient jusqu'à celui de C.V. Langlois (1896) qui répartit les rôles et les tâches : de la bibliothéconomie relèvent la classification, la description externe des livres, l'organisation et l'histoire des bibliothèques ; la bibliologie s'occupe de l'histoire du livre du point de vue de sa fabrication matérielle ; la bibliographie enfin est le secteur de la science du livre qui s'occupe de répertorier et qui fournit les moyens de se procurer le plus rapidement et le plus complètement possible des renseignements sur les sources. A la même époque paraissent encore des répertoires généraux dont le caractère bibliophilique est sensible (Brunet, Ebert, Graesse), mais à la spécialisation de la recherche correspond la multiplication des bibliographies particulières, d'où découle la nécessité d'établir des bibliographies de bibliographies (Peignot, Petzholdt, Stein, Ottino et Fumagalli). Au XXe siècle, devant le développement de la recherche scientifique et technique et des besoins du monde industriel, la notion de documentation se superpose à celle de bibliographie, en même temps que s'affirme le besoin d'une coopération internationale. Mais avec l'apparition des traitements automatiques, on parle maintenant plus volontiers de « science de l'information ».

Il ne faut donc pas s'attendre à trouver une accumulation de titres et d'auteurs dans cet ouvrage, car il se présente comme une synthèse de l'évolution de l'information bibliographique, ne retenant que les répertoires marquant ou soulignant une étape de cette évolution. Dans cette optique, à part peut-être Théophile Georgi, il n'y a guère de lacune importante à relever.