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102e congrès national des sociétés savantes, Limoges, 1977

Exposition sur les coutumes pascales en Limousin

Le 102e congrès national des sociétés savantes s'est déroulé cette année du 2 au 6 avril dans la jeune université de Limoges. Une alternance judicieuse de séances de travail et d'excursions a permis aux quelque cinq cents congressistes de connaître ou de mieux connaître la région qui les accueillait. Lors de la séance inaugurale au grand théâtre, aimablement mis à la disposition du congrès par la municipalité, M. M. Lambert, préfet de région, préfet de la Haute-Vienne, présentait succinctement le Limousin; M. L. Longequeue, maire de Limoges, étant retenu à Paris par l'ouverture de la session parlementaire, c'est le premier adjoint M. le docteur Carrié, qui présentait la ville; M. P. George, président de la section de géographie du Comité des travaux historiques et scientifiques et président scientifique du 102e congrès, rappelait le rôle du Comité des travaux historiques et scientifiques et du congrès national des sociétés savantes dans la coordination de la vie culturelle des régions, et M. R. Lacotte, ancien directeur de l'UER des Lettres et sciences humaines de Limoges et président du Comité local d'organisation intéressait les congressistes aux diverses formes de l'activité culturelle de la région.

Au terme d'une magnifique réception offerte dans les salons du grand théâtre par la municipalité, des cars conduisaient les congressistes vers le campus de la rue d'Isle, où devaient se dérouler tous leurs travaux, dans les superbes locaux aimablement mis à leur disposition par l'Université. De plus le CROUS (Centre régional des oeuvres universitaires et scolaires) de Limoges avait accepté d'assurer la restauration et l'hébergement des congressistes qui le désiraient, sur le campus même.

Les séances de travail furent suivies par un public nombreux et attentif, les thèmes proposés ayant provoqué des travaux de qualité. Les deux sections historiques s'étaient entendues sur les thèmes de l'histoire des mentalités, de l'histoire du Limousin et accessoirement de l'histoire de la fiscalité. Dans le même esprit, la section d'Archéologie et d'histoire de l'art proposait « la création artistique et l'histoire des mentalités ». Les géographes, en hommage à Aimé Perpillou, membre de leur section, décédé en mai 1976, et à la région qui les recevait, étudiaient la moyenne montagne et l'évolution des théories relatives à la géomorphologie des massifs anciens. Enfin les représentants des diverses disciplines scientifiques alternaient les questions régionales (technologie de la porcelaine, l'uranium en Limousin...) et les thèmes plus vastes de la recherche pure (culture de tissus, théorie des fonctions...).

Dès le dimanche après midi, un certain nombre de sorties d'études donnait aux congressistes le choix, dans la plupart des disciplines, entre le travail en salle et le travail sur le terrain. Toute la journée du lundi était consacrée aux excursions : en géologie, la série métamorphique du Bas-Limousin, dans la région de Thiviers; en géographie, la montagne limousine; en histoire, les petites villes du plateau limousin; enfin une excursion à but simplement touristique passait par Aubusson, la Rigole du Diable, Vassivière et Saint-Léonard. Dirigées par des accompagnateurs aussi compétents que dévoués, ces excursions connurent un vif succès.

Deux soirées culturelles étaient également au programme, l'une le samedi sur les émaux limousins, l'autre le lundi sur la porcelaine de Limoges. Les congressistes furent particulièrement nombreux et attentifs à ces deux manifestations, animées par les meilleurs spécialistes.

La journée du mardi était presque entièrement réservée aux séances de travail, mais l'après-midi les minéralogistes étaient conviés à visiter une mine d'uranium et les installations de l'usine de Bessines-sur-Gartempe. A la fin des séances de la matinée, des cars conduisirent les congressistes à la préfecture, où les attendait la magnifique réception de M. le préfet. Le soir, le traditionnel banquet fut agrémenté par l'Eicolo dau Barbichet, groupe folklorique limousin, qui, pour le plus grand plaisir de l'assemblée, anima la fin de la soirée.

Le mercredi, le président de l'université recevait à son tour les congressistes après les travaux de la matinée. Puis en début d'après midi, la séance de clôture, présidée par M. le recteur Yves Saudray, représentant Madame le secrétaire d'État aux universités, donnait lieu à de brillantes allocutions de la part de MM. Lacotte, George et Saudray.

Grâce aux efforts d'un comité local d'organisation particulièrement efficace, ce 102e congrès national des sociétés savantes s'est déroulé sans incident notable, a beaucoup apporté à ses participants tant sur le plan des travaux que sur celui de la connaissance du Limousin, et devait leur laisser un excellent souvenir.

Ce rassemblement annuel tombait en même temps que la solennité des Rameaux et le début de la semaine sainte. Cette coïncidence a incité M. Louis Bonnaud, vice-président de la Société archéologique et historique du Limousin, et la Bibliothèque municipale de Limoges, à commenter cette époque de l'année par une exposition sur les « Coutumes pascales en Limousin », modeste contribution à l'étude de la mentalité d'autrefois, thème auquel le congrès 1977 attachait un intérêt particulier.

La première vitrine évoquait la « Frairie des Cornards », première fête annonciatrice du cycle de Pâques et qui avait lieu encore ces dernières années, le dimanche de la Passion (qui précédait celui des Rameaux).

Les trois vitrines suivantes illustraient la fête des Rameaux à Limoges avec la fabrication des rameaux décorés ou « Rampans » : sur la place Saint-Michel-des-Lions, dès le jeudi précédant les Rameaux, quelques artisans installent leurs bancs pour y vendre du buis et surtout ces rameaux qu'ils fabriquent eux-mêmes : petites architectures de noisetier écorcé et refendu, garnies de tiges de buis forcées avec un fil de fer très fin, qui peuvent avoir différentes formes : cloche, cœur, boule... Quelle que soit sa forme, le rameau est décoré d'un nœud de ruban, de chapelets de meringues ou de sucreries blanches ou roses : glands, épis, croix, cœurs, cloches, etc. D'autres pâtisseries pascales existent également à Limoges : cornue des Rameaux, coq de Pâques, cène du Jeudi-Saint.

La sixième vitrine, plus austère, illustrait la semaine sainte, avec quelques impressions limousines : « Offices de la semaine sainte », « Rituels du diocèse de Limoges », etc.

Dans la septième vitrine, étaient exposés quelques « Instruments des ténèbres », objets destinés à faire du bruit pendant l'absence de cloches les jeudi et vendredi saints : martelet, crécelle, claquoir, heurtoir, etc. ainsi que quelques photographies de « Croix de passion ».

Enfin les deux dernières vitrines présentaient à nouveau un aspect plus souriant des fêtes pascales : la quête des œufs, avec quelques textes de « Réveillées », quelques cartes postales de Pâques du début du xxe siècle, et une très belle chasuble du XVIIIe siècle.

Cette exposition a attiré non seulement quelques congressistes, mais surtout les Limousins qui manifestent toujours une constante fidélité à leurs coutumes ancestrales.

A cette occasion, un catalogue de cette exposition a été édité par la Bibliothèque municipale.