entête
entête

La Normalisation internationale des statistiques de l'édition de livres et de périodiques

Marie-Thérèse Dougnac

Claude Royneau

Boris Raymond

En 1951, la Conférence générale de l'Unesco avait adopté, à sa sixième session, une résolution recommandant de rechercher « des normes et critères... pour améliorer la comparabilité internationale [des] statistiques dans les domaines de l'éducation, de la science et de la culture ».

Dès les années postérieures à 1920, des efforts avaient été déployés pour faciliter la comparaison des statistiques relatives à la production de livres et de périodiques. En 1929, la Fédération internationale des associations de bibliothécaires (FIAB) avait créé une sous-commission pour les Statistiques des imprimés et des mesures en vue de la normalisation des statistiques furent ultérieurement proposées 1.

La Division des statistiques du Département des sciences sociales de l'Unesco s'est saisie de la question en 1950.

Depuis cette date, l'Unesco distribue des questionnaires statistiques sur la production des livres. Elle a rédigé des rapports statistiques sur les problèmes méthodologiques que pose la normalisation (Unesco/ST/R/2, du 14 mai 195I; Unesco/ST/R/9 du Ier juillet 1952), le rapport intitulé Normalisation des statistiques concernant les bibliothèques et la production des livres (du 19 août 1955) et l'étude Production de livres 1937-1954 et traductions 1950-1954 (Unesco/ST/S/2) publiés en 1957.

C'est seulement en 1955 que l'Unesco a commencé à s'occuper de la normalisation des statistiques des périodiques. Au cours de cette année, elle a distribué un questionnaire destiné à rassembler les premières informations sur le traitement des périodiques dans les statistiques nationales. Deux autres questionnaires, diffusés en 1957 et 1959, ont déjà précisé les définitions et classifications sur les périodiques. En 1959 est paru le rapport intitulé : Statistiques sur les quotidiens et autres périodiques (Unesco/ST/S/4).

En 1960, la Conférence générale, au cours de sa onzième session, a autorisé le Directeur général « à préparer avec l'aide d'un Comité d'experts, un rapport préliminaire concernant la normalisation internationale des statistiques relatives à la production littéraire » (Résolution 3.32). En application de cette résolution, le Directeur général a convoqué cette réunion d'experts en 1961. Le Comité a élaboré un rapport (Unesco/SS/34) qui a été soumis au Conseil exécutif à sa 61e session en 1962. A sa douzième session, la Conférence générale en 1962 a décidé (résolution 3.322) que l'instrument international concernant la normalisation des statistiques devait prendre la forme d'une recommandation aux États membres.

Le rapport préliminaire sur la question (Unesco/SS/37, de juin 1963), accompagné d'un avant-projet de recommandation, a été soumis (lettre circulaire CL/ 1658 du 25 juillet 1963) aux États membres pour observation et le rapport final du Directeur général (Unesco/SS/37 Addendum du 3 1 janvier 1 964) a été communiqué aux États membres le 13 février 1964. Ce rapport, accompagné d'un avant-projet revisé de recommandation, a servi de base au Comité spécial d'experts gouvernementaux qui s'est réuni à l'Unesco à Paris du 16 au 25 mars 1964 pour élaborer le projet de recommandation prévu par la Conférence générale de 1962.

Le Comité se composait d'experts des 30 États membres suivants : Argentine, Autriche, Australie, Belgique, R.S.S. de Biélorussie, Chine, Congo (Brazzaville), Équateur, Espagne, États-Unis d'Amérique, Finlande, France, Guatemala, Haute-Volta, Hongrie, Iran, Italie, Laos, Liberia, Monaco, Norvège, République dominicaine, Roumanie, Royaume-Uni, Suisse, Turquie, R.S.S. d'Ukraine, Union des Républiques socialistes soviétiques, Uruguay, Yougoslavie. La délégation française, dirigée par M. Paul Poindron, conservateur en chef à la Direction des bibliothèques, comprenait, en outre, Mlle Dougnac, conservateur en chef du Département des entrées à la Bibliothèque nationale, MM. Jean Prinet, conservateur en chef du Département des périodiques à la Bibliothèque nationale, Pierre Raymond, chef du Service juridique et technique de l'information au Ministère de l'Information, Claude Royneau, chef des Services économiques au Cercle de la librairie.

Les organisations non gouvernementales ci-après étaient représentées par des observateurs : Fédération internationale de la presse périodique, Union internationale des éditeurs, Fédération internationale des éditeurs de journaux et publications, Fédération internationale des associations de bibliothécaires.

La présidence du Comité fut assurée par M. F. W. Torrington (Australie). Le bureau du Comité comprenait en outre deux vice-présidents, M. P. Poindron (France), M. A. Klinger (Hongrie) et un rapporteur, M. F. L. Schick (États-Unis).

Le projet de recommandation, adopté par le Comité d'experts à l'unanimité sauf une abstention 2, et le rapport du Comité (13 C/PRG/II) ont été diffusés comme document de la Conférence générale de l'Unesco au cours de sa treizième session (octobre-novembre 1964).

Le projet de recommandation fut d'abord examiné au cours de la treizième session de la Conférence générale de l'Unesco par un groupe de travail dont la composition avait été fixée comme suit par la Commission du programme : Algérie, République fédérale d'Allemagne, Argentine, Australie, Autriche, Brésil, Cameroun, Canada,Chine, Cuba, Espagne, États-Unis d'Amérique, France, Haute-Volta, Inde, Iran, Italie, Japon, Laos, Liban, Mexique, Nigeria, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et de l'Irlande du Nord, Soudan, Tchad, Thaïlande, Tunisie, Union des républiques socialistes soviétiques, Uruguay.

La Commission du programme avait désigné comme président du groupe de travail M. P. Poindron (France) et comme rapporteur le Professeur Kurt Koster (République fédérale d'Allemagne). Celui-ci ayant été empêché le groupe de travail avait désigné M. Jose H. Ledesma (Argentine).

Le groupe de travail (rapport du 29 octobre 1964 - 13 C/PRG/34), après quatre séances, a apporté quelques modifications de caractère rédactionnel; il n'a apporté aucune modification quant au fond et a donné à l'unanimité un avis favorable en vue de l'adoption du projet de recommandation. Toutefois, à la demande du délégué de l'Union des républiques socialistes soviétiques, et après discussion, le groupe a demandé, à la majorité, de modifier le texte des paragraphes 9 et 20 (C) pour tenir compte des progrès qui seraient réalisés en ce qui concerne les classifications. Le paragraphe 9 concernant la classification relative à la statistique de l'édition des livres, tel qu'il avait été rédigé par le Comité d'experts de mars 1964, comportait une phrase ainsi rédigée « La classification donnée ci-après qui est fondée sur la classification décimale universelle (CDU)... » La modification demandée par le groupe de travail de la Conférence générale consistait dans l'adjonction en tête de la phrase susvisée des mots « Jusqu'à ce que soit élaborée et adoptée une autre classification ». Une modification semblable intervenait au paragraphe 20 et concernait les statistiques de l'édition des périodiques.

La Commission du programme a facilement approuvé les modifications préparées et adopté à l'unanimité le projet de recommandation modifié que nous reproduisons ci-après.

Comme l'indiquait le rapport du Comité d'experts de mars 1964, la recommandation a été établie avec le souci de « ménager une certaine souplesse sans mettre en danger la comparabilité fondamentale, afin de tenir compte des systèmes nationaux très différents, appliqués pour l'établissement des statistiques relatives aux publications ».

L'article 1, complété par l'article 2, précise la portée de la recommandation, et les termes employés dans cet article 1 sont définis à l'article 3. Toutes les définitions employées dans la recommandation, sans préjudice des accords internationaux existants, ne doivent être utilisées qu'aux fins particulières de l'établissement des statistiques de l'édition de livres et des statistiques des publications périodiques. Le terme « imprimé » recouvrant tous les divers procédés d'impression quels qu'ils soient (par exemple la duplication à stencil), pour éviter de faire entrer dans les statistiques une foule de publications éphémères et sans importance, il a été précisé dans l'article 1 que les statistiques devraient porter sur des publications imprimées mais qui devraient en général figurer dans les bibliographies nationales des différents pays.

En ce qui concerne la statistique de l'édition des livres, l'arbitraire du chiffre des pages adopté pour définir une brochure a soulevé quelques critiques mais il a paru nécessaire d'établir dans les publications non périodiques deux groupes selon le nombre de pages de la publication.

Les problèmes posés par l'établissement de statistiques portant sur le nombre d'exemplaires n'ont pas échappé à ceux qui ont eu à se prononcer sur la recommandation, c'est pourquoi il est dit à l'article 7 que « les statistiques de l'édition des livres devraient indiquer le nombre de titres et, dans la mesure du possible, le nombre d'exemplaires des ouvrages publiés » et il est précisé que « les pays qui ne sont pas en mesure de fournir des indications sur le nombre des exemplaires produits peuvent, à titre de mesure provisoire, donner des informations sur le nombre des exemplaires vendus ou distribués de toute autre manière ».

Nous avons signalé plus haut la modification introduite par le groupe de travail de la Conférence générale, en ce qui concerne la classification. Il a paru préférable de fonder la classification sur la classification la plus largement utilisée, c'est-à-dire la Classification décimale universelle, quelles que soient les réserves qu'elle peut appeler, et, cette position prise, de suivre d'aussi près que possible la CDU dans la répartition des sujets entre 23 groupes et dans la séquence de ces groupes. Il a paru d'autre part souhaitable que les manuels scolaires et les livres pour enfants qui sont déjà répartis par sujets dans les 23 groupes soient en outre comptés respectivement dans les deux catégories supplémentaires suivantes : a) manuels scolaires et b) livres pour enfants. Bien qu'il n'ait pas été donné de définition précise des livres pour enfants (y compris les albums et livres d'images) dans l'esprit du Comité des experts, cette expression devrait normalement être considérée comme s'appliquant aux ouvrages destinés à des lecteurs âgés au maximum de quatorze ou quinze ans.

L'article 13 qui précise les catégories de publications qui notamment devraient être comptées dans les statistiques de périodiques, mentionne en particulier les bulletins paroissiaux, les bulletins des écoles, les journaux d'entreprises mais l'article 20 indique que les publications appartenant à ces trois catégories ainsi que les périodiques pour enfants et adolescents, et les périodiques humoristiques, bandes dessinées, ne sont pas comptés suivant les 23 groupes de la classification mais à part.

Les modes de dénombrement adoptés à l'article 16 pour établir le nombre total des périodiques ont été difficiles à préciser et le problème que posent les éditions provinciales ou locales s'est révélé particulièrement délicat.

En ce qui concerne la « diffusion » deux possibilités sont offertes, de préférence calculer la diffusion moyenne par numéro (nombre d'exemplaires mis en circulation) ou à défaut fournir le chiffre correspondant au tirage moyen par numéro (nombre d'exemplaires imprimés).

Après ces quelques commentaires de caractère général, nous pensons utile de faire connaître sous la forme d'un dialogue le point de vue de quelques-uns des experts français au comité de mars 1964.

>Melle Dougnac, conservateur en chef du département des entrées de la Bibliothèque nationale

La normalisation des statistiques de l'édition des livres vous semble-t-elle une entreprise difficile?

Oui, du fait du grand nombre des États membres et de la diversité de leurs points de vue.

Établir une statistique est malaisé car on hésite souvent sur les critères à choisir, sur les limites en deçà desquelles la comptabilisation doit se maintenir, au delà desquelles elle dépasse son objet. Bref, pour n'être pas « menteuse » une statistique doit être extrêmement prudente.

Mais là où le problème se complique encore, c'est lorsqu'il s'agit d'aligner, conçues sur un plan uniforme, des statistiques concernant un même objet de 20, de 30 pays différents. Il faut tenir compte des habitudes, des traditions, des possibilités et des besoins nationaux et aussi des tournures d'esprit propres à chaque nation.

Sur le plan international, en fait de statistiques, l'adage « à chacun sa vérité » est tout à fait hors de propos. Donc un effort est demandé à chaque pays dans le sens de la comparabilité des statistiques relatives à l'édition des livres.

La nouvelle réglementation aura-t-elle des conséquences à la Bibliothèque nationale?

La Bibliothèque nationale est appelée à fournir grâce à la publication de la Bibliographie de la France, organe du dépôt légal, des éléments de statistiques conformes à la recommandation.

Toutefois il ne faut pas se dissimuler que sur quelques points la Bibliothèque nationale ne saurait assurer la stricte observance des recommandations.

La Bibliothèque nationale compte-t-elle apporter des modifications au système pratiqué actuellement ?

Elle a déjà modifié, elle modifiera encore certains de ses principes, pourtant traditionnels, pour tendre vers l'uniformisation souhaitable. Mais en dernier ressort, elle ne pourra parfois que faciliter le travail des statisticiens en leur apportant des éléments susceptibles d'être adaptés aux normes recommandées.

Pourriez-vous mentionner quelques difficultés d'application?

C'est très facile et je puis même essayer de suggérer des solutions pratiques. Ainsi selon la recommandation, les statistiques devraient porter sur les publications qui sont éditées dans les pays. L'article 1. 3 (d) précise que doit être considérée comme éditée dans le pays toute publication dont l'éditeur a son siège social dans le pays établissant les statistiques. La Bibliographie de la France annonce des publications éditées en pays étrangers à condition que leur éditeur ait un dépositaire principal en France (publications suisses en notable proportion, américaines, monégasques, belges). Le lieu d'édition, signalé dans le titre, permettra aux statisticiens de les éliminer. Si cela s'avérait nécessaire ou même seulement utile, nous pourrions faire précéder les notices de ces ouvrages d'un sigle signalant leur provenance étrangère.

Il est prévu que les thèses universitaires doivent être comptées dans les statistiques de l'édition de livres, cela soulève-t-il une difficulté pour vous?

Les thèses universitaires dactylographiées ou imprimées font l'objet d'un supplément dans la Bibliographie de la France, il sera facile aux techniciens de compter les thèses imprimées qui, seules, sont affectées d'une cote.

Les définitions qui ont été adoptées dans la recommandation vous donnent-elles toujours satisfaction?

Non, et c'est ainsi que nous ne sommes pas d'accord sur la définition du « tirage à part, réimpression d'un livre ou d'une publication périodique déjà parue » 3. Le tirage à part tel que nous l'entendons, article extrait d'une revue, n'est pas généralement signalé dans nos statistiques.

Existe-t-il d'autres catégories de publications qui ne sont pas signalées dans la Bibliographie de la France?

Les réimpressions (tirages ne comportant de modification ni dans le texte ni dans la présentation); elles ne font pas l'objet de notices dans la Bibliographie de la France. Toutefois, enregistrées et comptabilisées à part, elles pourront toujours être recensées par le statisticien auquel les archives du dépôt légal seront ouvertes.

Y a-t-il une difficulté pour les traductions?

Non, car l'introduction d'un sigle en marge de la notice permet au technicien de les insérer et le titre original reproduit entre parenthèses facilite le classement par langue.

La distinction entre livres et brochures est-elle faite par la Bibliographie de la France?

Non, mais le nombre de pages toujours indiqué et le mot « Pièce » introduit dans la cote pour toute brochure inférieure à 49 pages guidera le statisticien dans la distribution.

Pourrez-vous fournir directement le nombre d'exemplaires des ouvrages publiés tant pour les éditions que pour les réimpressions ?

Non, toutefois les déclarations des éditeurs aussi bien que des imprimeurs comportant cette mention, il est loisible au statisticien de venir consulter ces documents sur place et d'en établir lui-même la comptabilité.

Nous ne sommes pas davantage en mesure de faire une distinction entre première édition (première publication d'un manuscrit original ou traduit) et réédition (édition qui se distingue des éditions antérieures par des modifications apportées au contenu ou à la présentation). Il semble cependant que les déclarations des éditeurs pourraient à la demande du Cercle de la librairie mentionner éventuellement qu'il s'agit d'une première édition et la Bibliographie de la France tiendrait compte de cette indication.

Votre classification respectant les divisions de la Classification décimale universelle, le choix de cette classification par la recommandation ne doit pas soulever de difficultés majeures ?

Notre classification qui respecte en effet les 10 divisions de la CDU avec subdivisions du 6 (sciences médicales et techniques) du 7 (beaux-arts et divertissements) et du 8 (histoire et critique littéraires et textes littéraires) est plus simple que la classification recommandée comportant 23 groupes. Pourtant il reste facile pour le statisticien de ventiler suivant le cadre recommandé les ouvrages annoncés dans les divisions 3,5 et 6 de la Bibliographie de la France.

La comptabilisation des livres pour enfants et des manuels scolaires vous paraît-elle possible ?

Les notices des livres pour enfants pourraient si cette modification semble souhaitable, être accompagnées d'un sigle, comme cela se fait pour les traductions. En ce qui concerne les manuels scolaires, il nous sera possible d'en rendre le regroupement plus aisé en faisant de ceux-ci l'objet d'un nouveau supplément. C'est un projet que nous comptons mettre à l'étude si le Cercle de la librairie veut bien nous y autoriser.

Il semble donc que la Bibliothèque nationale soit en mesure d'apporter des éléments assez proches des principes établis par la Conférence pour que le statisticien national puisse les adapter facilement aux recommandations de l'Unesco.

M. Royneau, chef des Services économiques du Cercle de la librairie

Le Cercle de la librairie n'établit-il pas déjà des statistiques de l'édition des livres?

Oui, et nous avons publié dans le numéro du 4 décembre 1964 de la Bibliographie de la France (Chronique) les données statistiques concernant l'année 1963, mais nos statistiques ne peuvent être complétées car notamment elles ne portent que sur les publications qui entrent dans le circuit commercial.

Estimez-vous utile l'entreprise de normalisation à laquelle s'est attachée l'Unesco ? Sans aucun doute car elle facilitera les comparaisons internationales. C'est d'ailleurs cette notion de comparabilité qui est à l'origine de la recommandation et celle-ci, étant donné le caractère même de l'Unesco, répond certainement plus à des préoccupations culturelles que commerciales.

Cela est-il pour vous gêner?

En aucune manière. Il faudra organiser les statistiques, pour satisfaire aux exigences de la recommandation de l'Unesco, mais rien ne nous empêchera de prévoir une utilisation à des fins qui nous soient particulières.

Pensez-vous que des améliorations peuvent être obtenues par les voies suggérées par Mlle Dougnac ?

Je pense qu'il faudra une réforme plus profonde. Ce n'est pas, semble-t-il, à partir de la Bibliographie de la France mais à partir de cartes perforées établies pour chaque publication que les dénombrements pourront être faits.

Parmi les renseignements demandés par l'Unesco, certains vous paraissent-ils particulièrement importants ?

Oui ceux relatifs aux premières éditions, et ceux concernant le nombre d'exemplaires.

Je signale aussi l'intérêt que présente pour nous une comptabilisation particulière en ce qui concerne les livres pour enfants et les manuels scolaires.

En revanche pour notre part nous aurions souhaité une classification moins subdivisée mais il n'est pas impossible de trouver une solution qui tienne compte à la fois des catégories prévues par l'Unesco et des catégories répondant mieux à certains objectifs commerciaux.

M. Rraymond, chef du service juridique et technique de l'information au Ministère de l'Information

La Normalisation de l'Unesco vous paraît-elle constituer un progrès?

Un progrès considérable étant entendu que nous considérons le texte de la recommandation comme un compromis tenant compte d'une part de la faiblesse des moyens statistiques dans le plus grand nombre de pays et d'autre part du caractère encore très élémentaire de la presse dans les jeunes États et dans quelques autres.

Pensez-vous que ces normes puissent un jour être améliorées?

Je le souhaite, notamment pour permettre un classement moins sommaire des publications quant à leur contenu. En effet, étant donné le nombre relativement faible des catégories qu'il a été possible de retenir, on est obligé dans beaucoup de cas de faire figurer dans une même catégorie des publications de caractère nettement différent. D'autre part, de nombreuses publications ne peuvent entrer dans une des catégories que par un choix nécessairement arbitraire.

Les définitions données par la recommandation de la publication non périodique et de la publication périodique ont-elles votre agrément?

L'enquête statistique annuelle sur la presse en France ne vise que les écrits périodiques au sens de la loi du 29 juillet 1881 et dont la définition établie par la jurisprudence correspond d'ailleurs sensiblement à celle que la recommandation de l'Unesco donne de la publication périodique.

Le texte de l'Unesco prévoit que doivent être considérés comme des publications distinctes les quotidiens du matin, les quotidiens du soir s'ils ont un titre distinct ou possèdent une personnalité juridique propre. Cela vous paraît-il suffisant ?

Non. En effet il y a en France au moins un exemple d'un quotidien du matin et d'un quotidien du soir (Dépêche du Midi) qui ont tous deux le même titre et la même personnalité juridique et qui cependant sont entièrement différents l'un de l'autre, tant par le texte et la présentation que par leur diffusion et leur objet. Sans doute, sont-ils dans une certaine mesure complémentaires l'un de l'autre mais ils n'en constituent pas moins deux publications distinctes.

Il est prévu un classement des données statistiques par langues, par fréquence, par sujet. Ce classement appelle-t-il des observations de votre part?

Le classement par fréquence (article 20 b) prévoit 8 groupes, le dernier intitulé « à intervalles irréguliers ». Il semble qu'il y ait là une ambiguïté car cette irrégularité dans la périodicité n'empêche pas une publication de paraître, par exemple 8 à 10 fois par an ou 5 à 7 fois par an, etc... c'est-à-dire de pouvoir être classée dans une des catégories précédentes. Pour lever cette ambiguïté, il faudrait préciser au moins pour les catégories 3 à 7 : « paraissant à intervalles réguliers ». D'autre part étant donné que les statistiques sont à établir annuellement, il semblerait plus logique de comprendre les publications « à périodicité plus espacée » qu'une fois par an dans la catégorie 8 au lieu de la catégorie 7.

Recommandation concernant la normalisation internationale des statistiques de l'édition et de périodiques

La Conférence générale de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture, réunie à Paris du 20 octobre au 20 novembre 1964, en sa treizième session.

Considérant qu'en vertu de l'article IV, paragraphe 4 de l'Acte constitutif, il appartient à l'Organisation d'élaborer et d'adopter des instruments destinés à réglementer internationalement des questions relevant de sa compétence.

Considérant que l'article VIII de l'Acte constitutif de l'Organisation dispose que « chaque État membre adresse à l'Organisation un rapport périodique, sous la forme que déterminera la Conférence générale, sur les lois, règlements et statistiques relatifs à ses institutions et à son activité dans l'ordre de l'éducation, de la science et de la culture, ainsi que sur la suite donnée aux recommandations et conventions visées à l'article IV, paragraphe 4 »,

Convaincue qu'il est très souhaitable que les autorités nationales chargées de recueillir et de communiquer des données statistiques relatives à l'édition de livres et de périodiques soient guidées par certaines normes en matière de définitions, de classifications et de présentation tabulaire, afin d'améliorer la comparabilité internationale de ces données,

Étant saisie de propositions concernant la normalisation internationale des statistiques de l'édition de livres et de périodiques, question qui constitue le point 15.3.2 de l'ordre du jour de la session,

Après avoir décidé, à sa douzième session, que ces propositions feraient l'objet d'une réglementation internationale par voie de recommandation aux États membres,

Adopte ce dix-neuvième jour de novembre 1964, la présente recommanlation.

La Conférence générale recommande aux États membres d'appliquer, en vue de l'établissement de statistiques internationales, les dispositions ci-après en ce qui concerne les définitions, la classification et la présentation tabulaire des données statistiques relatives à l'édition de livres et de périodiques, en adoptant, sous forme de loi nationale ou autrement, des mesures en vue de donner effet, dans les territoires sous leur juridiction, aux normes et principes formulés dans la présente recommandation.

La Conférence générale recommande aux États membres de porter la présente recommandation à la connaissance des autorités et organismes chargés de recueillir et de communiquer les données statistiques relatives à l'édition de livres et de périodiques.

La Conférence générale recommande aux États membres de lui présenter, aux dates et sous la forme qu'elle déterminera, des rapports concernant la suite donnée par eux à la présente recommandation.

I. - Portées et définitions générales

I. Les statistiques visées par la présente recommandation devraient porter sur les publications non périodiques et périodiques imprimées qui sont éditées dans le pays et offertes au public, et qui devraient, en général, figurer dans les bibliographies nationales des différents pays.

2. Les publications ci-après devraient être exclues des statistiques visées par la présente recommandation :

a) Publications éditées à des fins publicitaires, à condition que le texte littéraire ou scientifique ne prédomine pas et que ces publications soient distribuées gratuitement :
(i) Catalogues, prospectus et autres publications de propagande commerciale, industrielle et touristique;
(ii) Publications traitant de l'activité ou de l'évolution technique d'une branche de l'industrie ou du commerce en attirant l'attention sur les produits ou les services fournis par l'éditeur.

b) Publications appartenant aux catégories suivantes, lorsqu'elles sont jugées comme ayant un caractère éphémère :
(i) Horaires, tarifs, annuaires téléphoniques, etc.;
(ii) Programmes de spectacles, d'expositions, de foires, etc.;
(iii) Statuts et bilans des sociétés, directives des entreprises, circulaires, etc.;
(iv) Calendriers, almanachs, etc.

c) Publications appartenant aux catégories suivantes dont le contenu prédominant n'est pas le texte :
(i) Les œuvres musicales (partitions, cahiers de musique), à condition que la notation musicale soit plus importante que le texte;
(ii) La production cartographique excepté les atlas; par exemple, les cartes astronomiques, géographiques, hydrographiques, les plans topographiques.

3. Les définitions ci-après devraient être utilisées dans l'établissement des statistiques visées par la présente recommandation :

a) Une publication est considérée comme non périodique si elle est publiée en une seule fois ou, à intervalles, par volumes dont le nombre est généralement déterminé d'avance;

b) Une publication est considérée comme périodique si elle est publiée en série continue sous un même titre, à intervalles réguliers ou irréguliers pendant une période indéterminée, les différents numéros de la série étant numérotés consécutivement ou chaque numéro étant daté;

c) Le terme imprimé recouvre tous les divers procédés d'impression, quels qu'ils soient;

d) Est considérée comme éditée dans le pays toute publication dont l'éditeur a son siège social dans le pays établissant les statistiques, sans qu'il soit tenu compte ni du lieu d'impression ni du lieu de distribution. Lorsqu'une publication est faite par un ou des éditeurs ayant leur siège social dans deux ou plusieurs pays, elle est considérée comme étant éditée dans celui ou ceux de ces pays où elle est distribuée;

e) Une publication est considérée comme offerte au public lorsqu'il peut se la procurer soit en la payant, soit gratuitement. Sont considérées comme offertes au public également les publications destinées à un nombre restreint de personnes, telles que certaines publications officielles, de sociétés savantes, d'organisations politiques ou professionnelles, etc.

II. - Statistiques de l'édition du livre

Portée.

4. Les statistiques de l'édition de livres visées par la présente recommandation devraient porter sur les publications non périodiques correspondant aux caractéristiques et définitions mentionnées aux paragraphes 1 et 3 ci-dessus, à l'exception des publications énumérées au paragraphe 2 ci-dessus.

5. Les catégories suivantes de publications, notamment, devraient être comptées dans les statistiques de l'édition de livres :

a) Publications officielles, c'est-à-dire ouvrages publiés par les administrations publiques ou les organismes qui en dépendent, à l'exception de ceux qui sont confidentiels ou réservés à la distribution intérieure;

b) Livres de classe (manuels scolaires), c'est-à-dire ouvrages prescrits aux élèves de l'enseignement du premier degré et du second degré, ces enseignements étant définis dans la Recommandation concernant la normalisation internationale des statistiques de l'éducation, adoptée par la Conférence générale le 3 décembre 1958;

c) Thèses universitaires ;

d) Tirages à part, c'est-à-dire réimpressions d'un livre 4 ou d'une publication périodique déjà parus, à condition qu'ils aient un titre et une pagination distincte et qu'ils constituent un ouvrage distinct;

e) Publications faisant partie d'une série, mais dont chacune constitue une unité bibliographique;

f) Ouvrages illustrés :
(i) Recueils de gravures, de reproductions d'œuvres d'art, de dessins, etc., pour autant que ces collections constituent des ouvrages complets et paginés et que les illustrations soient accompagnées d'un texte explicatif, même sommaire, se rapportant à ces œuvres ou à leurs auteurs;
(ii) Albums et livres et brochures illustrés, rédigés sous la forme d'une narration continue et ornés d'images illustrant certains épisodes;
(iii) Albums et livres d'images pour les enfants.

Définitions.

6. Les définitions ci-après, sans préjudice des accords internationaux existants, devraient être utilisées aux fins particulières de l'établissement des statistiques de l'édition de livres visées par la présente recommandation.

a) Un livre est une publication non périodique imprimée comptant au moins 49 pages, pages de couverture non comprises, éditée dans le pays et offerte au public;

b) Une brochure est une publication non périodique imprimée comptant au moins 5, mais pas plus de 48 pages, pages de couverture non comprises, éditée dans le pays et offerte au public;

c) Une première édition est la première publication d'un manuscrit original ou traduit ;

d) Une réédition est une édition qui se distingue des éditions antérieures par des modifications apportées au contenu ou à la présentation;

e) Une réimpression ne comporte pas de modification de contenu ou de présentation autres que des corrections typographiques par rapport à l'édition antérieure. Une réimpression faite par un éditeur autre que l'éditeur précédent est considérée comme une réédition;

f) Une traduction est une publication qui reproduit un ouvrage dans une langue autre que la langue originale;

g) Un titre est un terme utilisé pour désigner une publication imprimée constituant un tout distinct, qu'elle soit en un ou en plusieurs volumes.

Modes d'énumération.

7. Les statistiques de l'édition de livres devraient indiquer le nombre de titres et, dans la mesure du possible, le nombre d'exemplaires des ouvrages publiés. Les pays qui ne sont pas en mesure de fournir des indications sur le nombre des exemplaires produits peuvent, à titre de mesure provisoire, donner des informations sur le nombre des exemplaires vendus ou distribués de toute autre manière.

a) Lorsqu'un ouvrage paraît en plusieurs volumes (chaque volume n'ayant pas un titre à part) dont la publication est échelonnée sur plusieurs années, l'ouvrage n'est compté chaque année que pour une unité quel que soit le nombre des volumes publiés chaque année.

b) Exceptionnellement, le volume - plutôt que le titre - devait être utilisé comme unité statistique dans les cas suivants :
(i) lorsque deux ou plusieurs œuvres distinctes sont éditées sous la même couverture et font partie d'une seule publication (œuvres complètes d'un auteur, pièces de théâtre choisies de divers auteurs, etc.),
(ii) Lorsqu'un ouvrage paraît en plusieurs volumes, chaque volume ayant un titre à part et formant un tout distinct.

8. Les réimpressions ne devraient pas être comptées en nombre de titres, mais seulement en nombre d'exemplaires, suivant les dispositions du paragraphe II, alinéas a) et b) ci-après :

Classification.

9. Les données statistiques relatives à l'édition de livres devraient en premier lieu être classées par catégories de sujets. Jusqu'à ce que soit élaborée et adoptée une autre classification, la classification donnée ci-après, qui est fondée sur la Classification décimale universelle (CDU) et qui comporte 23 groupes, devrait être utilisée (les chiffres entre parenthèses indiquent les indices correspondants de la CDU) :

I. Généralités (0) ; 2. Philosophie, psychologie (I) ; 3. Religion, théologie (2); 4. Sociologie, statistique (30, 31); 5. Sciences politiques, économie politique (32, 33); 6. Droit, administration publique, prévoyance, aide sociale, assurances (34, 35I-354, 36); 7. Art et science militaires (355-359); 8. Enseignement, éducation (37); 9. Commerce, communications, transports (38); 10. Ethnographie, mœurs et coutumes, folklore (39); II. Linguistique, philologie (4); 12. Mathématiques (51); 13. Sciences naturelles (52-59); 14. Sciences médicales, hygiène publique (61); 15. Technologie, industries, arts et métiers (62, 66-69); 16. Agriculture, sylviculture, élevage, chasse, pêche (63); 17. Economie domestique (64); 18. Organisation, administration et technique du commerce, communications, transports (65); 19. Urbanisme, architecture, arts plastiques, métiers d'art, photographie, musique, film, cinéma, théâtre, radio, télévision (70-78, 79I-792); 20. Divertissements, jeux, sports (790, 793-799); 21. Littérature (8) : (a) Histoire et critiques littéraires, (b) Textes littéraires; 22. Géographie, voyages (91); 23. Histoire, biographie (92-99).

Les manuels scolaires et les livres pour enfants, qui sont déjà répartis par sujets dans les catégories ci-dessus, devraient en outre être comptés respectivement dans les deux catégories supplémentaires suivantes : (a) manuels scolaires, et (b) livres pour enfants.

10. Chacun de ces groupes devrait être subdivisé de la façon suivante :

a) Selon le nombre de pages de la publication en (i) livres et (ii) brochures ;

b) Selon la langue : (i) pour l'ensemble des publications, suivant la langue d'impression ; (ii) pour les traductions seulement, suivant la langue de l'original. Les ouvrages bilingues ou multilingues devraient former un groupe à part, à savoir : deux ou plusieurs langues;

c) Selon l'ordre d'édition en : (i) premières éditions et (ii) rééditions, suivant les dispositions du paragraphe II, alinéas a) et b).

Tableaux.

II. Des tableaux relatifs aux types de données indiquées ci-après devraient être établis annuellement et les renseignements fournis devraient être conformes aux définitions et classifications mentionnées dans les paragraphes précédents. Les différences éventuelles entre ces définitions et classifications et celles qui sont en usage sur le plan national devraient être indiquées :

a) Statistiques portant sur le nombre total de titres, classés par catégories de sujets, une distinction étant faite, pour chaque catégorie de sujets, d'une part entre livres et brochures, et d'autre part entre les premières éditions et les rééditions.

b) Statistiques portant sur le nombre total d'exemplaires (tirages), classés par catégories de sujets, une distinction étant faite, pour chaque catégorie de sujets, entre livres et brochures. Il serait souhaitable, dans toute la mesure du possible, d'établir en outre une distinction entre les premières éditions (et les réimpressions qui s'y rattachent) et les rééditions (et les réimpressions qui s'y rattachent);

c) Statistiques portant sur le nombre total de titres, classés par catégories de sujets d'une part et par langues d'impression, d'autre part;

d) Statistiques portant sur le nombre total d'exemplaires (tirages), classés par catégories de sujets d'une part et par langue d'impression, d'autre part;

e) Statistiques portant sur les traductions : le nombre total de titres, classés par catégories de sujets d'une part et d'après la langue de l'original, d'autre part;

f) Statistiques portant sur les traductions : le nombre total d'exemplaires (tirages), classés par catégories de sujets d'une part et d'après la langue de l'original, d'autre part.

III. - Statistiques des publications périodiques

Portée.

12. Les statistiques des publications périodiques visées par la présente recommandation devraient porter sur tous les périodiques correspondant aux caractéristiques et définitions mentionnées aux paragraphes 1 et 3 ci-dessus, à l'exception des publications énumérées au paragraphe 2 ci-dessus.

13. Les catégories de publications ci-après, notamment, devraient être comptées dans les statistiques des périodiques :

a) Périodiques officiels, c'est-à-dire les périodiques publiés par les administrations publiques ou les organismes qui en dépendent, y compris les recueils de lois, règlements, etc., à l'exception de ceux qui ont un caractère confidentiel ou sont réservés à la distribution intérieure;

b) Périodiques académiques et scientifiques, c'est-à-dire les périodiques universitaires, les publications des institutions de recherche et des autres sociétés savantes ou culturelles, etc.;

c) Périodiques des organisations professionnelles, syndicales, politiques, sportives, etc., même s'ils sont distribués seulement aux membres de ces organisations;

d) Publications annuelles ou à périodicité plus espacée ;

e) Bulletins paroissiaux ;

f) Bulletins des écoles ;

g) Journaux d'entreprises (c'est-à-dire publications destinées au personnel d'une entreprise industrielle ou commerciale ou d'une organisation analogue, ou aux clients d'une entreprise);

h) Programmes de spectacles, de radio et de télévision, à condition que le texte littéraire en soit d'une certaine importance.

Définitions.

14. Les définitions ci-après devraient être utilisées dans l'établissement des statistiques de périodiques visées par la présente recommandation :

a) Les journaux d'information générale sont des publications périodiques destinées au grand public, qui ont essentiellement pour objet de constituer une source originale d'information par écrit sur les événements d'actualité intéressant les affaires publiques, les questions internationales, la politique, etc. Ils peuvent aussi contenir des articles littéraires ou autres, ainsi que des illustrations et de la publicité. Cette définition englobe :
(i) Tous les organes d'information générale signalant principalement les événements survenus dans les 24 heures précédant leur mise sous presse, qu'ils soient quotidiens ou non (comme les journaux du dimanche).
(ii) Les organes d'information générale non quotidienne dont les nouvelles portent sur une période plus longue, mais qui, en raison de leur caractère local ou pour d'autres raisons, constituent pour leurs lecteurs une source originale d'information générale.

b) Les autres périodiques sont ceux qui traitent des sujets d'intérêt très général ou qui sont spécialement consacrés à des études et informations documentaires sur des questions particulières : législation, finances, commerce, médecine, mode, sports, etc. Cette définition englobe des journaux spécialisés, les revues, y compris les revues qui traitent d'événements d'actualité et ont pour objet de sélectionner, résumer ou commenter les faits déjà signalés dans les journaux d'information générale, les magazines et tous les autres périodiques autres que les journaux d'information générale, à l'exception des publications énumérées au paragraphe 2 de la présente recommandation.

Modes d'énumération.

15. Les statistiques de périodiques devraient signaler le nombre total de publications et, dans la mesure du possible, leur diffusion.

16. Pour établir le nombre total des périodiques, les modes suivants de dénombrement devraient être adoptés :

a) Les publications indiquées ci-après ne devraient pas être considérées comme des publications distinctes :
(i) Éditions provinciales ou locales d'une même publication ne présentant pas avec la publication principale d'importantes différences dans les informations générales ou dans la partie plus proprement rédactionnelle. Une simple différence dans le titre ou dans les pages des nouvelles locales n'est pas suffisante pour considérer la publication comme un périodique distinct;
(ii) Suppléments qui ne sont pas vendus séparément;

b) Au contraire, les publications appartenant aux catégories ci-après devraient être considérées comme des publications distinctes :
(i) Éditions provinciales ou locales qui diffèrent sensiblement de l'édition principale du point de vue des informations fournies ou des parties proprement rédactionnelles;
(ii) Suppléments vendus séparément;
(iii) Éditions spéciales (telles que journaux du dimanche, etc.);
(iv) Quotidiens du matin ou quotidiens du soir, s'ils ont un titre distinct ou possèdent une personnalité juridique propre;
(v) Éditions dans d'autres langues que l'édition principale, si elles paraissent dans le pays.

17. Les chiffres concernant la diffusion devraient représenter la diffusion quotidienne moyenne, ou la diffusion moyenne par numéro dans le cas des publications non quotidiennes. Ces chiffres devraient comprendre le nombre d'exemplaires vendus, soit directement soit par abonnement, plus le nombre d'exemplaires faisant l'objet d'un service gratuit régulier dans le pays et à l'étranger, à l'exclusion des invendus. A défaut des données sur la diffusion, le nombre d'exemplaires imprimés devrait être indiqué.

Classification.

18. En premier lieu, les publications périodiques devraient être subdivisées en deux catégories : journaux d'information générale et autres périodiques.

19. Journaux d'information générale. Les données statistiques relatives aux journaux d'information générale devraient autant que possible être classées de la façon suivante :

a) par langues : les publications paraissant en é ditions bilingues ou multilingues devraient être groupées dans une catégorie séparée;

b) par fréquence :
(i) Journaux paraissant au moins 4 fois par semaine. Une distinction devrait également être faite entre les journaux du matin et les journaux du soir;
(ii) Journaux paraissant 3 fois par semaine ou moins fréquemment. Une distinction devrait également être faite entre les journaux paraissant 2 ou 3 fois par semaine, une fois par semaine et moins fréquemment.

20. Autres périodiques. Les données statistiques relatives à cette catégorie devraient être classées comme suit :

a) par langues : les publications paraissant en éditions bilingues ou multilingues devraient être groupées dans une catégorie séparée;

b) par fréquence :
(i) Paraissant au moins 4 fois par semaine;
(ii) De 1 à 3 fois par semaine;
(iii) 2 ou 3 fois par mois;
(iv) De 8 à 12 fois par an;
(v) De 5 à 7 fois par an;
(vi) De 2 à 4 fois par an;
(vii) 1 fois par an ou à périodicité plus espacée;
(viii) A intervalles irréguliers.

c) Par sujets : jusqu'à ce que soit élaborée et adoptée une autre classification, la classification ci-après, qui est fondée sur la Classification décimale universelle (CDU) et qui comporte 23 groupes de sujets, devrait être employée pour les statistiques internationales des périodiques (les chiffres entre parenthèses indiquent les indices correspondants de la CDU) :

I. Généralités (o); 2. Philosophie, psychologie (1); 3. Religion, théologie (2); 4. Sociologie, statistique (30, 31); 5. Sciences politiques, économie politique (32, 33); 6. Droit, administration publique, prévoyance, aide sociale, assurances (34, 35I-354; 35); 7. Art et science militaires (355-359); 8. Enseignement, éducation (37); 9. Commerce, communications, transports (38); 10. Ethnographie, mœurs et coutumes, folklore (39); II. Linguistique, philologie (4); 12. Mathématiques (51); 13. Sciences naturelles (52-59); 14. Sciences médicales, hygiène publique (61); 15. Technologie, industries, arts et métiers (62, 66-69); 16. Agriculture, sylviculture, élevage, chasse, pêche (63); 17. Économie domestique (64); 18. Organisation, administration et technique du commerce, communications, transports (65); 19. Urbanisme, architecture, arts plastiques, métiers d'art, photographie, musique, film, cinéma, théâtre, radio, télévision (70-78, 791, 792); 20. Divertissements, jeux, sports (790, 793-799); 21. Littérature (8); 22. Géographie, voyage (91); 23. Histoire, biographie (92-99).

d) Les publications appartenant aux catégories ci-après énumérées ne seront pas comptées suivant les 23 groupes ci-dessus, mais à part :
(i) Périodiques pour enfants et adolescents;
(ii) Périodiques humoristiques, bandes dessinées;
(iii) Bulletins paroissiaux;
(iv) Bulletins des écoles;
(v) Journaux d'entreprise.

Tableaux.

2I. Des tableaux relatifs aux types de données indiquées ci-après devraient être établis annuellement et les renseignements fournis devraient être conformes, dans la mesure du possible, aux définitions et classifications mentionnées dans les paragraphes précédents. Les différences éventuelles entre ces définitions et classifications et celles qui sont en usage sur le plan national devraient être indiquées.

a) Journaux d'information générale et autres périodiques : statistiques portant sur le nombre total et la diffusion des publications classées d'après la fréquence et la langue principale de publication;

b) Autres périodiques : statistiques portant sur le nombre total et la diffusion des périodiques, classées par catégories de sujets et par fréquence de publication.

  1.  (retour)↑  Voir : Fédération internationale des associations de bibliothécaires. Actes du comité international des bibliothèques.... 1929 et années suivantes.
  2.  (retour)↑  Le représentant du Royaume-Uni avait expliqué que, bien qu'il fût d'accord sur l'avant-projet de recommandation, son abstention était due au fait que son pays n'était pas en mesure, à l'heure actuelle, de mettre en application toutes les normes préconisées, mais qu'il espérait que cela pourrait se faire dans les années à venir.
  3.  (retour)↑  Voir p. 84.
  4.  (retour)↑  N. de l'Ed. La version française diffère des autres versions (« part of a book or a periodical... »).