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Chronique des bibliothèques

Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg.

A l'occasion des Journées numismatiques organisées les 4, 5 et 6 juin 1960 à Strasbourg par la Société française de numismatique, une exposition numismatique a été réalisée à la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg à l'intention des participants, par Mme Lang, bibliothécaire chargée du Cabinet numismatique.

Plus de I.500 monnaies et médailles, choisies parmi les 37.000 pièces conservées au Cabinet numismatique, étaient présentées dans 6 grandes vitrines : pièces celtiques, grecques et romaines (I vitrine), pièces alsaciennes (4 vitrines) et pièces françaises (I vitrine). Sur le pourtour de la salle, II vitrines contenaient des actes et ordonnances de la ville de Strasbourg du XIIIe au XVIIe siècle, ainsi que des documents consacrés à la science numismatique et aux collections alsaciennes du XVIe au xxe siècle.

Pour répondre aux nombreux vœux exprimés, l'exposition a été ouverte au grand public du 27 juin au Ier juillet 1960.

Bibliothèques municipales.

Caen (Calvados).

La Bibliothèque municipale classée de Caen est transférée depuis le Ier septembre 1960 et à titre provisoire du Musée Laumonier dans une galerie voisine de l'Abbaye aux Hommes, abbaye où doivent être définitivement installés dans les années à venir les services de la ville et la bibliothèque. (Adresse : 3, place Guillouard, Caen.)

A la suite d'un accord conclu en 1959 entre le directeur de l'Office municipal de la jeunesse (O. M. J.) et la Bibliothèque municipale de Caen afin de coordonner leurs efforts pour créer des bibliothèques de quartiers, une annexe avait été créée en mai 1960 dans la cité de la Guérinière 1. Une seconde annexe vient d'être ouverte officiellement le 15 septembre au foyer de l'O. M. J.; elle possède environ 3.000 volumes et deux salles de prêt (une pour les adultes, l'autre pour les enfants), séparées d'une salle de lecture par une cloison mobile.

Vichy (Allier).

La Bibliothèque municipale de Vichy qui était jusqu'alors logée très inconfortablement dans les combles de l' Hôtel de ville, fonctionne depuis le mois de juin dernier dans de nouveaux locaux en bordure de l'une des rues les plus centrales et les plus passantes de la ville, la rue du Maréchal Foch, c'est-à-dire à proximité du parc thermal. Elle constitue un des éléments du Centre culturel Valéry Larbaud auquel a été affecté ce qui fut avant la guerre 1939-1945 le petit casino. Toutefois le théâtre et la bibliothèque qui ont été groupés dans cet immeuble ont leur entrée particulière.

La bibliothèque occupe au total une surface d'environ 800 m2 dont 490 à rez-de-chaussée. Bien qu'elle ne dispose que de 10 mètres en façade et qu'elle soit étalée sur près de 50 mètres de long, enserrée entre le théâtre et des propriétés mitoyennes qui ne permettaient guère de prendre des jours importants, la section de prêt pour adultes et la salle de périodiques situées immédiatement après l'entrée sont très claires; le magasin, réparti sur deux niveaux, bénéficie d'un petit éclairage zénithal par lanterneau; en revanche, la salle de travail et le bureau de bibliothécaire appellent un éclairage artificiel de complément.

En dépit des servitudes que comporte toute installation de bibliothèque dans un immeuble existant qui n'a pas été construit pour cela, la nouvelle bibliothèque présente des avantages que l'on peut souligner en quelques mots : attrait d'une façade vitrée laissant voir les aménagements intérieurs des salles de prêt et de périodiques et les commodités offertes (plusieurs milliers de livres et quelques dizaines de revues librement accessibles, facilité pour les feuilleter sur place, rapidité des opérations de prêt, confort des sièges, etc...), salle de travail avec nombreux ouvrages de références, fichiers à proximité du bureau du bibliothécaire qui peut surveiller, renseigner et accomplir là un certain nombre des autres tâches qui lui sont dévolues, magasin en liaison directe avec la salle de travail et d'une capacité de 70.000 volumes - des réserves en sous-sol permettront de porter ce chiffre à plus de 100.000 -, présence d'une salle particulière réservée à la bibliothèque personnelle de Valéry Larbaud léguée à la ville, riche d'environ 15.000 volumes, salle qui, par ses dimensions, ses dispositions intérieures et son accès indépendant, peut être utilisée comme salle de conférence et d'exposition.

Les travaux d'aménagement nécessités par l'adaptation d'une partie du petit casino à la bibliothèque, ainsi que l'équipement mobilier, ont été subventionnés par la Direction des bibliothèques de France.

Bibliothèques centrales de prêt.

Eure.

La Bibliothèque centrale de prêt de l'Eure publie le 3e numéro de son bulletin annuel Au long des chemins. Ce fascicule comprend notamment une présentation des nouveaux locaux, accompagnée de plans, un article sur la formation professionnelle du personnel des bibliobus, une étude sur la bibliothèque scolaire complétée par une liste de documentaires destinés aux enfants.

Hérault.

La Bibliothèque centrale de prêt de l'Hérault a organisé un spectacle « Son et lumière » à l'oratoire de Notre-Dame de Centeille, avec la collaboration du Centre dramatique et de la chorale universitaires de Montpellier, et de l'E. D. F. A l'occasion de ce spectacle, elle avait exposé des ouvrages concernant le Minervois et prêté les disques qui furent entendus.

Loir-et-Cher.

Mlle Paule Thomas, directrice de la Bibliothèque centrale de prêt de Loir-et-Cher, qui vient de mourir, avait succédé à Mlle Véronique Blum. Elle fit preuve de la plus grande activité, avec deux préoccupations dominantes : un souci constant de l'éducation des lecteurs, non seulement par la distribution des livres, mais en liant le travail de la bibliothèque à d'autres activités et en utilisant celles-ci pour faire mieux connaître le bibliobus; et une grande curiosité des tendances de la lecture, qui la poussait à la fois à faire des enquêtes sur les caractéristiques des dépôts, sur ce qui y est lu, et d'autre part à analyser de façon systématique et très poussée les demandes des lecteurs.

Éducation des lecteurs. L'éducation des lecteurs a d'abord été assurée par la publication d'un bulletin bisannuel et d'un almanach, dont les divers numéros ont été signalés, en leur temps, dans le Bulletin des bibliothèques de France.

Le Bibliobus et ses amis, bulletin créé par Mlle Blum, a été transformé; il est devenu une publication destinée seulement aux dépositaires et aux maires : conseils sur le fonctionnement des dépôts; principes de bibliothéconomie; renseignements généraux ou particuliers sur les bibliothèques, sur les carrières qu'elles offrent; histoire du livre; documentation sur l'imprimerie, les libraires, les publications périodiques; résultats d'enquêtes sur la lecture; informations sur la vie des dépôts; nouvelles de l'Association des amis du bibliobus; articles de dépositaires faisant part de leur expérience et de leurs constatations; études sur les dépôts; listes bibliographiques sur des sujets touchant de près ou de loin aux bibliothèques, etc...

Mlle Thomas se proposait de contribuer à l'amélioration de la culture générale des dépositaires et de les amener à s'interroger sur leur travail de bibliothécaire.

L'Almanach des Amis du bibliobus, imprimé et illustré, est destiné aux lecteurs : articles sur des sujets variés (souvent éducatifs, littéraires ou historiques pour la plupart), pages choisies d'auteurs, etc... souvent complétés par des listes bibliographiques.

Les buts étaient les suivants : initiation à la lecture; mettre des listes de livres entre les mains de tous les lecteurs, les catalogues n'étant généralement pas mis assez largement en circulation par les dépositaires; Mlle Thomas voulait également, sans flatter les goûts des lecteurs, susciter des demandes d'un niveau intellectuel plus élevé, donner une idée des ressources du fonds de la Bibliothèque centrale de prêt dans différents domaines et permettre aux goûts de la minorité de s'exprimer.

Mlle Thomas s'est aussi efforcée d'encourager et de contrôler les activités dans les communes. Lorsqu'une école prépare une exposition, le bibliobus l'approvisionne largement en livres, sur le sujet envisagé; la bibliothécaire supervise le classement, et un catalogue, multigraphié par les soins de la Bibliothèque centrale de prêt, est distribué aux visiteurs et aux responsables locaux. Les expositions réalisées ont eu pour thème : l'Afrique, le Moyen Age, la Hollande, l'Extrême-Orient. Les expositions assurent la publicité de la bibliothèque, puisque les visiteurs peuvent constater les richesses de son fonds sur un sujet particulier, et constituent un travail fructueux pour les élèves, qui doivent examiner des ouvrages documentaires et qui prennent ainsi conscience des possibilités offertes par les livres.

Des expositions avaient déjà été réalisées dans des écoles. Mlle Thomas trouvait donc un terrain favorable, mais elle espérait en susciter d'autres dans le cadre de l'Association des Amis du bibliobus.

Enfin, dans le but d'amener les jeunes à discerner la différence entre les bonnes revues et les magazines médiocres qui sont de plus en plus répandus à la campagne, et de les mettre aux prises avec des problèmes de classification et de vedettes matières, Mlle Thomas avait créé un système de dépouillement de périodiques, assuré le plus souvent par des groupes d'élèves sous la direction de leurs maîtres.

Dans le cadre de l'Association des Amis du bibliobus, qui a joué en Loir-et-Cher un rôle culturel et pas seulement financier, comme c'est le cas en général, Mlle Thomas a cherché à créer des groupes locaux, avec bureau susceptible de donner une impulsion aux activités locales. Dans le même but, elle avait apporté son concours à Peuple et culture, que le directeur de la Jeunesse et des sports tentait de créer et de faire vivre dans le département, non seulement en assurant l'aide pratique des livres du bibliobus, mais aussi en participant personnellement au travail entrepris pour animer cette association.

Études sur la lecture. Mlle Thomas envisageait une étude des tendances de la lecture, en se basant sur les demandes individuelles des lecteurs, leurs réactions à la publication des Almanachs (cartes-réponses), les questionnaires remplis par les responsables locaux, les bordereaux de livres pointés dans les dépôts, ainsi que sur les enquêtes faites dans les dépôts avec la collaboration des dépositaires.

Dans les semaines qui précédèrent sa mort, alors qu'elle souffrait beaucoup et qu'elle était déjà très affaiblie, Mlle Thomas avait assidûment travaillé à une étude basée sur l'analyse approfondie des demandes individuelles exprimées par les lecteurs au moyen de cartes.

C'est ainsi qu'après sa mort sont parvenus à la Direction des bibliothèques, avec son rapport annuel, les premiers résultats d'une étude qui aurait sans doute donné des résultats intéressants si elle avait pu être poursuivie plus longtemps. C'est une étude systématique de faits jusqu'ici constatés empiriquement.

Sous sa forme actuelle, elle porte sur un laps de temps trop court, un nombre de réponses insuffisant, et des titres trop dispersés pour que l'on puisse en tirer des conclusions valables ou des indications nouvelles par rapport à ce que l'on sait déjà.

Cela représente cependant un effort intéressant pour analyser les tendances de la lecture en tenant compte de l'âge, du métier et du milieu social des lecteurs, et en poussant assez loin la subdivision des catégories de livres, principalement pour les documentaires.

Dans le même esprit, Mlle Thomas avait entrepris de constituer des dossiers de communes, établis avec la collaboration des dépositaires. Ces dossiers comportent une petite enquête sociologique sur la commune, les caractéristiques du dépôt, de son fonctionnement, de ses lecteurs, et une petite étude de la lecture sur le plan local. Ils permettent de conserver à la bibliothèque une documentation assez complète, ce qui est souvent utile pour le personnel, particulièrement lorsqu'il change; ils font prendre conscience au dépositaire d'un certain nombre de caractéristiques de son dépôt et l'aident à élargir ses perspectives.

Initiatives touchant plus directement le travail du bibliobus. Pour essayer de lutter contre le désordre qui règne dans beaucoup de dépôts et pour remédier aux inconvénients dûs aux changements de dépositaires, Mlle Thomas eut l'idée de faire imprimer un « livret de dépôt » qui rassemble tous les renseignements que le dépositaire doit posséder au sujet de la Bibliothèque centrale de prêt : notice sur le fonctionnement d'un dépôt et sur celui de la bibliothèque, sorte de mémento pour le responsable en place, et initiation pour le nouvel arrivant; liste des lecteurs et des adhérents de l'Association; page réservée aux subventions communales, à signer par le Maire chaque année; partie concernant à la vie du dépôt, ses réalisations (publicité, activités culturelles, etc...) et permettant au nouveau venu de se mettre au courant de ce qui a été fait avant lui; indication des différentes publications du bibliobus (almanachs, bulletins, catalogues) qui sont dans le dépôt, et du lieu où elles sont rangées. Il faut noter que le livret doit être signé à chaque passage par le responsable du dépôt et par le bibliothécaire de la Bibliothèque centrale de prêt, ce qui permet un contrôle régulier.

Enfin, malgré une santé toujours chancelante, Mlle Thomas n'a pas craint d'ajouter à toutes ces activités l'organisation de petites expositions de livres dans les communes, à l'occasion de fêtes scolaires, de stands dans des foires ou lors d'nn comice agricole. Elle s'est aussi efforcée de mieux faire connaître le bibliobus aux futurs dépositaires en invitant les élèves des écoles normales d'instituteurs à venir faire de petits stages à la bibliothèque.

Si elle avait vécu, Mlle Thomas, qui travaillait avec l'enthousiasme de la jeunesse, aurait été contrainte de choisir entre ces multiples activités. Mais il faut souhaiter que certaines de ces initiatives soient poursuivies et inspirent des réalisations comparables dans d'autres départements.

Moselle.

Le numéro 15-16 d'A livre ouvert est un numéro spécial consacré à « l'enfant te la lecture »; il a été rédigé par les bibliobus de l'Est auxquels se sont adjoints les Bibliothèques centrales de prêt du Rhône et des Bouches-du-Rhône. Les problèmes de la lecture enfantine sont exposés dans une première partie, la seconde partie étant consacrée à la présentation des collections de livres d'enfants et proposant une liste d'ouvrages pouvant figurer dans une petite bibliothèque.

  1.  (retour)↑  Voir : B. Bibl. France, 5e année, n° 7, juill. 1960, p. 261.