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Statistiques de la Bibliothèque nationale 1955-1956

Nous avons déjà donné dans le Bulletin des bibliothèques de France quelques statistiques commentées sur les bibliothèques centrales de prêt (1re année, n° 9, sept. 1956) et sur les bibliothèques universitaires (1re année, nos 10 et 11, oct. et nov. 1956). Pour la Bibliothèque nationale, des statistiques très complètes sont régulièrement publiées dans les rapports généraux (dernier paru : La Bibliothèque nationale pendant les années 1945 à 1951. - Paris 1954) et quelques éléments relatifs à cet établissement ont figuré, pour l'année 1954, dans le Bulletin d'informations de la Direction des bibliothèques (4e année, n° 12, déc. 1955). Il nous a semblé préférable de grouper les deux années 1955 et 1956 afin de faciliter les comparaisons et les observations qu'elles suggèrent.

Imprimés et périodiques

Accroissements :

Imprimés. - Pour interpréter les chiffres ci-dessous, il faut tenir compte du fait que les ouvrages entrés par dépôt légal et par don sont comptés par volume tandis que, pour les achats et les échanges, un seul numéro par titre est attribué si tous les tomes d'un même ouvrage arrivent ensemble.

Le dépôt légal qui accusait déjà un progrès quantitatif en 1954, avec 15.480 livres pour le dépôt d'éditeur et 15.584 pour celui d'imprimeur, maintient cette progression avec respectivement 16.637 et 16.967 en 1955 et 1956 pour le dépôt d'éditeur, les totaux de celui d'imprimeur restant sensiblement les mêmes.

Quant aux achats, l'augmentation déjà signalée pour l'année 1954 avec 4.965 titres se continue : 5.315 en 1956. Ceci résulte de la place importante donnée aux achats à l'étranger (4.423 en 1956 contre 3.053 en 1954) tandis que les achats français baissent considérablement du moins quant au nombre d'ouvrages, par rapport à 1954 (1.912) : baisse de plus de 500 % en 1955 (344), de 200 % en 1956 (892), et celle-ci serait plus sensible encore si ne figurait pas dans ce chiffre la totalité de la collection Cobourg dont la majorité est composée d'ouvrages français, mais qui comporte aussi de nombreux ouvrages étrangers dont le décompte n'a pas encore été fait.

Le nombre des volumes entrés par échange croît d'année en année : de 5.020 en 1952 il atteint 6.172 en 1956, de nouvelles conventions ayant été conclues qui ont largement compensé la cessation des échanges avec la Bibliothèque du Congrès (qui reçoit du « copyright » ce qui lui parvenait antérieurement par l'intermédiaire de la Bibliothèque nationale), et la limitation aux seuls périodiques des échanges avec la « Deutsche Forschungsgemeinschaft ».

Dans le total des dons, dont la courbe ascendante est soutenue (8.207 en 1955 et 10.061 en 1956 contre 7.276 en 1954), sont compris des documents provenant de collections reçues antérieurement et trop importantes pour avoir été totalement absorbées l'année de leur entrée. Mais une politique de sollicitations rapides contribue pour une grande part à accroître les dons. On se propose d'ailleurs de revenir dans le Bulletin sur un problème qui se pose à la Bibliothèque nationale comme dans d'autres bibliothèques, celui des publications des congrès.

Périodiques. - Qu'ils parviennent par dépôt légal, achat, don ou échange, les périodiques arrivent de plus en plus nombreux au Département des périodiques : de 1.087.882 fascicules français et 71.837 étrangers en 1954, les totaux passent à 1.155.696 et 82.032 en 1955 et 1.331.658 et 75.535 en 1956. Certaines collections de périodiques français reçus par la voie du dépôt légal étant attribuées par les soins du Département à d'autres bibliothèques, les accroissements propres de la Bibliothèque nationale sont évalués à plus de 15.000 titres français (en 250.000 fascicules environ). Pour les périodiques étrangers, alors qu'on recevait régulièrement 1.844 titres en 1951, 2.680 en 1954, on dépasse 3.000 en 1956, chiffre auquel il convient d'ajouter 110 quotidiens et quelque 800 titres parvenant irrégulièrement. Pour tous les périodiques, constatons un allongement de la périodicité plus sensible pour les périodiques étrangers que nous recevons, en sorte que l'augmentation du nombre des titres n'entraîne pas celle du nombre des fascicules.

Communications :

Le tableau qui suit rassemble les données les plus importantes, les seules qui soient relevées; elles ne comprennent pas les livres réservés d'un jour sur l'autre à la demande des lecteurs (livres dont le total peut atteindre six par personne) : ils se compteraient par milliers. Elles peuvent moins encore tenir compte des consultations d'usuels (parmi lesquels figurent les ouvrages bibliographiques de la salle des catalogues) et l'on sait que la collection totale d'usuels pour les trois salles des Imprimés atteint 25.000 volumes.

Si l'on se rappelle qu'en 1954 pour 194.029 lecteurs fréquentant la salle des Imprimés, 13.377 la Réserve et 68.309 la salle des Périodiques, il y avait 789.040 communications aux Imprimés, 28.321 à la Réserve et 434.033 aux Périodiques, on constate que si le nombre des lecteurs s'est stabilisé, sauf à la Réserve, celui des volumes demandés baisse sensiblement : la moyenne quotidienne est actuellement inférieure à 4 volumes par lecteur dans la salle des Imprimés.

Il n'en est pas moins vrai qu'à certaines heures l'accès de la salle de travail reste difficile et qu'un problème demeure posé par l'absence dans la capitale d'une grande bibliothèque de consultation.

Cartes et plans

Le nombre des entrées par dépôt légal demeure stable (2.250 cartes et 600 volumes environ), celui des achats irrégulier (respectivement 1.082 et 609 cartes en 1955 et 1956 contre 571 en 1954), celui des échanges en baisse (6.000 et 3.179 cartes en 1955 et 1956 contre 5.855 en 1954) comme celui des dons (952 et 272 cartes en 1955 et 1956 contre 964 en 1954); aussi le nombre total des accroissements traduit-il un fléchissement très net en 1956.

Chaque année 20.000 pièces environ sont communiquées à près de 3.500 lecteurs.

Musique

Rappelons que ce département groupe la section musicale de la Bibliothèque nationale et les bibliothèques du Conservatoire et de l'Opéra. En ce qui concerne les accroissements, le dépôt légal remonte sensiblement par rapport à 1945-1954 et dépasse 2.000 pièces chaque année; mais tandis que la Bibliothèque nationale conserve la totalité du dépôt légal, la bibliothèque du Conservatoire élimine les œuvres de musique légère, soit près des deux tiers de la production. Dans les trois sections, le total de l'accroissement trahit en 1956 une légère diminution.

Rue de Richelieu, le nombre des communications augmente dans une proportion plus forte que celui des lecteurs (7.884 communications pour 4.413 lecteurs en 1956 contre 5.918 communications pour 4.212 lecteurs en 1954); la bibliothèque du Conservatoire est moins fréquentée en 1956 que les années précédentes, l'Opéra de même et dans une plus forte proportion.

Médailles

Il convient de noter les 2.034 moulages et 15.263 décapages faits en 1956, alors qu'on atteignait seulement un total de 2.384 moulages en 1954. Ce fait est lié à l'importance des trouvailles de 1956, en particulier de celle de Courcelles-Frémoy (Côte-d'Or) qui comptait plus de 15.000 pièces, monnaies féodales et royales françaises, apportées au Cabinet des médailles.

Le nombre des chercheurs n'a cessé d'augmenter (3.924 en 1956 contre 2.710 en 1954), celui des visiteurs isolés payants de diminuer (953 en 1956 contre 1.078 en 1954), mais le Musée des médailles, comme d'autres départements de la Bibliothèque nationale, reçoit de fréquentes visites de groupes dont il est périodiquement rendu compte ici.

Estampes

Soulignons la baisse continue du dépôt légal (imprimeurs : 2.294 en 1956 contre 3.271 en 1954; éditeurs : 5.653 en 1956 contre 9.675 en 1954), notamment celle du dépôt des cartes illustrées (1.854 en 1956 contre 4.584 en 1954 1). Les chiffres concernant les achats et les dons sont beaucoup plus élevés en raison notamment de l'entrée de la collection Sirot, composée d'intéressantes épreuves datant des débuts de la photographie et d'un ensemble très remarquable de photographies d'amateur exécutées entre 1850 et 1914, et dont les albums et les nombreuses épreuves entrent pour 60.000 unités dans le total des achats de 1955 (60.436) et pour 15.000 dans celui des dons de 1956 (17.226).

Il convient de noter le nombre important de volumes communiqués en 1956 (61.742 pour 9.184 lecteurs, soit près de 7 par jour et par lecteur, la plus forte proportion de toute la bibliothèque.)

Arsenal

A cette bibliothèque est attribué un des exemplaires du dépôt légal des ouvrages concernant la littérature, la critique, l'histoire du théâtre; en 1956 apparaît une baisse de cette source d'accroissement (3.047 contre 3.578 en 1954) tandis que le nombre des dons augmente légèrement (991 contre 977). Les chiffres concernant les manuscrits sont irréguliers, les dons l'emportant sur les achats; citons notamment le don fait à la collection Rondel par P.-A. Antoine : quelque 20.000 lettres autographes qui n'ont pu être encore inventoriées.

Le nombre total des communications, en légère baisse, est de l'ordre de 23.000 par an, le fléchissement portant sur les manuscrits, les estampes et la musique, tandis que les demandes concernant les collections relatives au théâtre augmentent quelque peu (car bien entendu ces chiffres portent sur la collection Rondel comme sur les autres fonds de l'Arsenal).

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Lecteurs

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Communications

  1.  (retour)↑  Cette question a d'ailleurs été évoquée lors de la réunion des conservateurs des bibliothèques municipales habilitées à recevoir le dépôt légal d'imprimeur, qui eut lieu à l'issue des journées d'étude de novembre 1956.