Quel graphisme pour les sites web ?

Dix ans d’évolution

Raphaële Mouren

Depuis dix ans, les sites web des bibliothèques publiques françaises ont évolué peu ou prou. Le changement est manifeste pour les bibliothèques municipales de Lyon et de Troyes et pour la Bibliothèque nationale de France : le graphisme a été simplifié ; les accès directs sur la page d’accueil se sont multipliés, au risque d’une certaine confusion

Within the last ten years, French public library web sites have evolved to a greater or lesser degree. There have been significant changes at the Lyon and Troyes public libraries and at the French National Library: graphics have been simplified: direct access on home pages have been multiplied, at the risk of a certain amount of confusion

Seit zehn Jahren hat sich die Internetpräsenz der französischen öffentlichen Bibliotheken mehr oder weniger entwickelt. Der Wandel ist besonders ausgeprägt bei den Stadtbibliotheken von Troyes und Lyon ebenso wie bei der französischen Nationalbibliothek: das Design wurde vereinfacht und der direkte Zugang zur Homepage vervielfacht – mit dem Risiko einer gewissen Verwirrung für die Nutzer

Desde hace diez años, los sites web de las biblioteca públicas francesas han evolucionado más o menos. El cambio manifiesto por las bibliotecas municipales de Lyon y de Troyes y por la Biblioteca nacional de Francia : el grafismo ha sido simplificado ; los accesos directos en la página inicial se han multiplicado, con el riesgo de una cierta confusión

Utilisatrice régulière de sites web de bibliothèques françaises, j’avais l’impression diffuse que le petit nombre d’entre elles qui ont déjà modifié le graphisme de leur page d’accueil avaient connu la même évolution : de pages sombres à l’origine, on était arrivé aujourd’hui à une « ligne claire », des caractères de couleur foncée sur fond blanc, accompagnés d’une présentation simple et de peu d’illustrations. Après étude, il s’avère que l’évolution n’est pas aussi simple que ce qu’il m’avait semblé 1. Le graphisme peut être trompeur, et la simplification est plutôt d’apparence 2.

On le voit, il s’agit ici d’un corpus très réduit : les sites ayant connu plusieurs réelles modifications sont assez peu nombreux 3. On peut penser qu’ils ont fait l’objet d’une véritable attention de la part de l’établissement, et d’évolutions qui impliquent un effort financier et une réelle réflexion sur leurs objectifs 4.

Les bibliothèques n’ont pas toujours la liberté qu’elles souhaiteraient pour la conception structurelle de leur page d’accueil, tributaires qu’elles sont souvent du fournisseur de leur système intégré de gestion de bibliothèque (SIGB) ou de leur système d’information (SI) intégré 5. Seul reste alors le graphisme pour rendre accessible le site de la bibliothèque, permettre aux usagers et aux curieux d’y trouver les informations qu’ils recherchent et les informations qu’ils ne cherchent pas mais qu’on souhaite leur faire connaître, quelle que soit l’architecture de base 6.

Des sites évolutifs sans changement graphique…

De nombreuses bibliothèques ont, bien entendu, fait progresser leur site, généralement sans modification graphique réelle. Il s’agit plutôt d’une montée en puissance, la bibliothèque offrant de plus en plus de services sur le web. On peut prendre l’exemple de Bourges, dont Web Archive garde des pages d’accueil depuis mai 2002 7. Centrée à l’époque sur l’accès au catalogue, avec 6 accès directs 8, il faut attendre deux ans et demi pour que la page d’accueil propose en son centre d’autres informations que « connectez-vous sur notre catalogue ».

À Dijon apparaît fin 2001 un premier site 9 : comme celui de la Bibliothèque nationale de France cinq ans plus tôt (voir plus bas), 6 accès, en bleu sur fond blanc, sans aucun travail graphique 10. Le sigle de la bibliothèque est le seul effort graphique de la page d’accueil (figure 1).

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Figure 1

Lorsque la bibliothèque modifie la page d’accueil de son site, en avril 2003, le graphisme reste très discret : une petite bande en diagonale en haut de page, une tache de couleur pastel pour mettre en avant le service d’accès du lecteur à son compte. Les caractères Arial de taille moyenne sont bien banals mais lisibles. Et pourtant l’établissement s’est manifestement préoccupé de sa communication, non pas au travers de la forme mais par le discours. Un slogan sert de titre : « Tout le monde s’y retrouve. »

Le choix de la bibliothèque est alors de présenter tous les accès dans les marges de la page, sauf la consultation du dossier personnel et la recherche bibliographique, directement accessibles sur la page elle-même, et de mettre au centre l’histoire de la bibliothèque 11.

… et des sites au graphisme renouvelé : les exemples de Lyon et Troyes

La bibliothèque municipale de Lyon a, elle, beaucoup modifié son site. En 1996, la structure est simple : une longue page d’accueil, sur laquelle n’apparaissent d’abord qu’une photo et un texte historique 12. Il faut utiliser l’ascenseur pour descendre jusqu’aux accès proposés : ils sont 8, chacun orné d’une petite vignette carrée, et montrent la grande avance prise par l’établissement 13. En bas de la page, après des liens vers des sites de partenaires et de fournisseurs, les « Liens du mois ».

Le Times New Roman noir règne en maître, de même que les préférences Windows : les liens hypertextes sont en bleu surligné… Le fond gris clair est la seule décoration.

Fin 1997, le site est modifié : un frame latéral gauche est ajouté, et les accès directs y sont placés, sur fond bleu foncé, directement visibles dès l’arrivée sur le site. Effort de communication : une adresse électronique est bien visible.

En février 1999, la bibliothèque change de site et le marque fortement : sur une grande page noire s’affiche d’abord simplement : « une invitation au voyage bibliothèque de Lyon », ensuite de quoi le site se charge.

La page d’accueil, sur fond noir, utilise des caractères blancs et jaunes. Le sigle B utilisé sur tous ses supports de communication n’est présent que dans ses pages intérieures. Quatre accès sont proposés au centre de la page, autour d’une miniature gothique en mandorle, et qui plus est, numérotés : Bibliothèques & collections ; À propos de la BML ; Informations pratiques ; Actualités culturelles. Sur le côté, un astucieux accès rapide, avec des petits dessins, à des rubriques simplifiées : nouvelles, index, catalogues… Les pages intérieures, sur fond blanc très simple, avec, sur un frame supérieur, le rappel des rubriques de la page d’accueil, sont d’accès aisé (figure 2).

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Figure 2

Le fond noir est abandonné en 2002, la bibliothèque choisit le blanc 14. Les accès sont différenciés par l’utilisation de couleurs pour les caractères, très simples et sans empattements (Arial) : orange pour les 7 accès principaux, vieux rose pour les accès mis en valeur, précédés d’une énorme flèche orange 15, rose pour les accès directs du frame latéral gauche et pour l’accès central « Actualités », multicolore pour les accès du frame inférieur 16 : en tout, 20 accès directs qui gardent pourtant une impression de simplicité grâce à la recherche graphique qui ne s’arrête pas aux couleurs : une grande flèche attire l’œil vers 3 accès, la liste des accès principaux forme une courbe.

Le site se maintient plusieurs mois sans surenchère d’accès ou d’images, seule une petite photographie apparaît fin 2003.

Début 2004, nouvelle modification graphique : sur le fond resté blanc, disparition des couleurs différenciées des caractères, qui reviennent au noir et bleu, comme en 1996. Le frame supérieur décoré utilisé jusque-là dans les pages intérieures apparaît sur la page d’accueil 17 (figure 3).

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Figure 3. Bibliothèque municipale de Lyon

Les couleurs sont utilisées désormais pour différencier les types de services offerts par la bibliothèque : Ressources, Pratique, Découverte. Faire passer le curseur sur chacun de ces 3 accès fait apparaître leur contenu : toutes les ressources offertes par la bibliothèque (10 en tout). Le reste est désormais écrit en noir, le nombre d’accès directs est fortement réduit, comme l’utilisation des couleurs. Une vignette met en valeur l’actualité culturelle de la bibliothèque. 16 accès sont offerts par la page d’accueil.

Ultime modification, fin 2004. Ressources, Pratique, Découverte restent le centre, mais désormais les accès qu’ils proposent sont indiqués dans des listes complètes, en tout petits caractères : est-ce le moyen de simplifier l’accès, d’aider l’internaute à savoir dès son arrivée, d’un seul coup d’œil, à quoi il peut accéder ? On verra que la Bibliothèque nationale de France a connu la même évolution… La place d’honneur est laissée au catalogue et aux services les plus innovants, Catalog + et Guichet du savoir. La bibliothèque propose 29 accès directs depuis sa page d’accueil.

De petites modifications graphiques ont encore eu lieu depuis (4 accès directs présentés en diagonale le sont désormais en colonne), et des informations urgentes sont directement affichées sur la page d’accueil (travaux, grèves), ce qui suffit à donner l’impression d’une page remplie de texte écrit : le graphisme ne suffit plus à ordonner la page ni à orienter le regard. Nouveauté, aussi, le frame supérieur se modifie désormais au rythme de l’actualité de la bibliothèque (figure 4).

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Figure 4. Bibliothèque municipale de Lyon

La bibliothèque de Troyes, ayant connu l’ouverture d’un nouveau bâtiment, un changement de statut et une réinformatisation, a-t-elle aussi modifié son site web ?

La page d’accueil a gardé depuis 2000 un fond bleu 18, mais ce bleu s’est renforcé.

En septembre 2000, elle propose 8 accès, accompagnés d’un petit texte de présentation du contenu, disposés autour d’une vignette qui permet de mettre en valeur l’actualité de la bibliothèque 19. Les accès sont modifiés au fil de la mise en place de nouveaux services, comme Troyes Doc, remplaçant dès décembre 2000 les liens, ou La BMVR en chantier naturellement remplacé par Historique de la médiathèque. La présentation du contenu disparaît quelques mois plus tard, au profit de petits traits gris… 20 Ce site garde une très grande stabilité pendant plus de cinq ans, alors que pendant cette période la médiathèque déménage, change de statut et d’adresse URL et propose bon nombre de nouveaux services, simplement signalés dans la vignette centrale : des miniatures enluminées au prêt de livres numériques, mais aussi les animations variées offertes à divers publics.

Aujourd’hui, qu’en est-il ? L’effort graphique se concentre dans le sigle de la bibliothèque, dont le grand « m » tombe lentement et laisse voir une succession de vues intérieures de la bibliothèque 21. Toujours sur fond bleu, des caractères simples en blanc et jaune présentent deux types d’accès.  Une colonne pour les 6 accès principaux 22, à gauche, et à droite une valorisation des services spécifiques ou originaux offerts par la médiathèque troyenne, prêt de livres numériques ou écoute de musique (ithèque) : 11 accès en jaune surligné précédés d’un effet graphique qui reste à la mode sur le web : « > ». 19 accès aujourd’hui sont directement présents sur une page d’accueil très dépouillée.

La multiplication des accès directs : l’exemple de la BnF

Cette évolution des sites vers une multiplication des accès directs est particulièrement sensible sur le site de la Bibliothèque nationale de France, que nous voyons en conclusion. Si depuis longtemps la BnF privilégie le fond clair, et garde une ligne claire, l’actualité étant mise en valeur par de petites vignettes, on peut se souvenir d’un lointain passé.

Fin 1996, un peu avant l’ouverture de Tolbiac, un site en caractères bleu foncé sur fond bleu clair propose 4 accès, pas un de plus 23, auxquels s’ajoute l’accès à la version anglaise du site 24.

Très vite, un cinquième accès apparaît : l’annonce de l’ouverture de Tolbiac 25.

Cette ouverture fut l’occasion d’une première refonte du site : moitié bleu foncé, moitié blanc, il offrait désormais 21 accès partagés en deux ensembles : à droite, des signets ouvrant vers des pages intérieures, comme par exemple « Catalogues de la BnF », à gauche, des accès directs, par exemple « Bn-Opale » ou « ISSN », mais aussi les expositions virtuelles. Caractères blancs sur fond bleu d’un côté, sans empattements, avec des capitales surdimensionnées de différentes couleurs contrastées, Times New Roman surligné de l’autre, en petit module (déjà !) : ce site donne l’étrange impression d’avoir été confié à un graphiste… pour moitié seulement.

Connaître la BnF

Ouverture oblige, l’accès le plus mis en valeur était « visite virtuelle », illustré d’une photographie aérienne de la nouvelle bibliothèque. On le voit, donc, d’un côté l’aide à la recherche par classement intellectuel, de l’autre l’accès direct pour les connaisseurs, et une actualité importante bien mise en valeur. Le graphisme ici aide le visiteur à s’orienter dans l’une ou l’autre voie : au grand public les jolis caractères colorés, au professionnel (chercheur ou bibliothécaire) et au visiteur averti la moitié brute 26. Ce site fut conservé plusieurs années avec peu d’ajouts, mais d’importance : les signets, Gallica, des expositions virtuelles… pour arriver à 24 accès (au lieu de 21) en janvier 1999, et redescendre à 21 un an plus tard : les accès avaient été refondus, réorganisés, avec un accent mis en particulier sur les catalogues, encore nombreux (Opale et Opale Plus n’étaient pas encore fondus) et l’effort graphique avait été étendu à la partie blanche, désormais attributaire des mêmes caractères que la partie bleue 27… Petit à petit les vignettes en haut de page, qui ont remplacé la vue aérienne de Tolbiac, se multiplient : Gallica, expositions en cours…

Ce site fut remplacé par un site au graphisme simplifié, où dominait la couleur bordeaux des caractères : 9 accès principaux au milieu de la page, 5 accès illustrés dans le frame inférieur, 4 accès directs… en tout 26 accès, qui donnent pourtant une impression d’espace 28. L’effet graphique est tout entier concentré dans le dessin d’un livre stylisé qui apparaît sous le texte écrit (figure 5).

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Figure 5

Lors de la dernière modification de la page d’accueil, le choix d’un nombre réduit de couleurs a été conservé. Les nuances de gris sont utilisées sur la partie supérieure de la page uniquement, pour des onglets qui font leur apparition (figure 6).

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Figure 6. Bibliothèque nationale de France

Le centre du site est partagé en quatre rubriques 29, la recherche graphique pour identifier ces quatre parties consistant dans l’alternance des fonds blanc et gris clair et des couleurs de caractères utilisées dans chaque rubrique (orange, rouge, vert) 30.

Rechercher

Mais la modification spectaculaire de ce site tient surtout en ce qu’il fait désormais des efforts différents – plus d’efforts, moins d’efforts ? – pour permettre au visiteur une compréhension dès le premier regard. Comme d’autres sites, celui de la BnF propose aujourd’hui, dans 4 espaces bien séparés, complétés de 5 signets en haut de la page et quelques autres à gauche et en bas, pas moins de 34 accès directs, y compris l’accès au site en anglais et en espagnol 31. Fin 2004, son site précédent donnait accès, au centre de la page, à 10 informations ou pages intérieures, les accès directs étant renvoyés aux marges.

On le voit, le nombre d’informations directement accessibles est multiplié, avec, comme conséquence, une réduction des caractères, au point qu’il devient difficile de cliquer sur le lien de son choix : on rate ainsi facilement BN Opale + au profit de BN Opaline 32… Les nouveaux services ajoutés, pour être visibles, sont maintenant écrits en rouge, et en caractères d’imprimerie, comme Sinbad, onzième entrée d’une liste qui propose les services les plus importants offerts par la BnF dans un même petit quart de page, qui plus est le quart inférieur droit, sur lequel le regard se pose en dernier : Opale + et Opaline, CCFr, reproduction, signets… On peut penser que l’objectif est de donner à voir d’abord l’offre supplémentaire, ou inattendue, et en dernier lieu ce que l’on s’attend à trouver (le catalogue). Mais quand on ajoute ensuite Sinbad, il se trouve tout en bas du site et d’une liste, au risque de passer inaperçu. L’impression visuelle est celle d’une page presque entière recouverte de textes, les accès étant souvent composés de plusieurs mots, voire de plusieurs lignes.

Quel graphisme pour quel public ?

Une des questions que l’on peut se poser est la suivante : quels sont les publics ciblés par les sites Internet que l’on vient de décrire rapidement 33 ?

La présence, sur plusieurs sites ayant connu des évolutions, d’un grand nombre d’informations dès la page d’accueil a pour but peut-être d’aplanir une difficulté : celle d’avoir du mal à trouver où peut être « rangée » l’information que l’on cherche. Cela peut permettre aussi de porter instantanément à la connaissance du lecteur l’existence de services qu’il n’aurait pas cherchés spontanément. Tout est fait pour accueillir un visiteur qui ne serait pas familier des struc-tures en dossiers et sous-dossiers ni de la navigation curieuse à l’intérieur des sites.

À une présentation ordonnée qui, à partir de 5 ou 6 accès principaux, ouvrait vers tous les services offerts par l’établissement, on semble préférer aujourd’hui une mise à disposition directe de l’ensemble de ces services, comme si l’on avait renoncé à faire des choix, dans les services à mettre en valeur, dans les publics à cibler…

Quant au graphisme, qui était l’objet de cette étude, il est de plus en plus simplifié :

  • les caractères ont abandonné les capitales différenciées puis les couleurs, et utilisent des fontes très simples à lire ;
  • les fonds oscillent entre le blanc et le gris clair, sauf maintien d’une couleur « historique » (Troyes) ;
  • l’illustration est réduite à de petites vignettes ;
  • les frames supérieurs concentrent l’utilisation des couleurs et les effets graphiques (sur le sigle de la bibliothèque par exemple).

Il semble même que la lisibilité soit abandonnée, la taille des caractères étant de plus en plus réduite, alors que l’internaute a rarement le réflexe d’agrandir les caractères des sites qu’il affiche 34.

Les effets graphiques sont réduits à une courbe (BM de Lyon), au découpage d’une page (BnF), au soulignement d’un accès (Troyes).

Les sites échappent donc aux modes qui marquent les sites commerciaux : l’utilisation du logiciel Flash, des crochets [ ], les pages qui apparaissent quand le curseur passe dessus… sont presque toujours absents des quelques sites que nous avons rapidement passés en revue.

Ces établissements ont retenu la même simplicité pour leurs publications mensuelles : Chroniques de la BnF, Topo de la BM de Lyon présentent des mises en page très classiques.

Bien entendu ce n’est pas le cas partout : Limoges par exemple est passée d’un site très classique (quelques accès au centre, 5 accès sur un frame) à une page d’accueil très « léchée », avec incrustation de photos découpées et petits onglets très chics (figure 7). Par ailleurs ce nouveau site a vu une simplification des accès directs, qui sont 4 (à quoi s’ajoutent des accès supplémentaires pour des informations d’actualité, l’écran d’aide…) : en tout 10 accès seulement aujourd’hui 35.

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Figure 7

De l’image à l’usage

Les bibliothèques qui ont une expérience (relativement) longue d’un site web semblent donc avoir renoncé à l’idée d’y construire une image d’elles-mêmes ou d’y mettre en œuvre leur présence 36. Les aspects pratiques sont généralement privilégiés : il s’agit de donner accès, tout simplement, à ce que l’on offre au visiteur, le plus aisément possible.

Certaines agences spécialisées conseillent aujourd’hui, sur l’exemple anglo-saxon, cette simplicité graphique, mais aussi une simplicité structurelle, avec par exemple la possibilité d’une recherche dans le catalogue dès la page d’accueil 37. Cela correspond aussi aux recommandations pour l’accessibilité des sites Internet aux malvoyants et non-voyants 38.

La double évolution de ces sites, qui tend à tout montrer au premier coup d’œil avec le moins d’effets graphiques possibles, doit être maîtrisée pour éviter d’obtenir l’effet inverse de celui que l’on recherche : celui d’une présentation brouillonne, loin de la collection organisée (de documents, de services, de ressources) que le professionnel aurait tendance à souhaiter.

Avril 2006

  1. (retour)↑  Merci pour leur aide à la bibliothèque municipale de Lyon et à la médiathèque de l’agglomération troyenne. Les sites ont été consultés grâce à Web Archive, qui a aspiré des sites entre 1996 et avril 2005. Les dates données sont donc celles de l’aspiration du site et pas toujours la date exacte de modification. Pour retrouver les sites il faut se connecter sur http://www.archive.org, taper l’adresse et sélectionner les dates données ici en note.
  2. (retour)↑  Il serait bien entendu intéressant d’étudier l’évolution des accès que les bibliothèques offrent sur leur site, de leur mode d’organisation et même des noms qu’elles leur donnent : c’est malheureusement une étude qui dépasse largement le cadre d’un article.
  3. (retour)↑  J’en ai exclu les sites de bibliothèques universitaires et celui de la Bpi, qui mériteraient une étude particulière.
  4. (retour)↑  On sait que le calendrier n’est pas toujours maîtrisé : les sites sont refondus à l’occasion de réinformatisations, d’ouvertures de nouveaux bâtiments, mais aussi en lien avec les moyens humains dont la bibliothèque dispose – ou dont elle se donne les moyens de disposer.
  5. (retour)↑  On ne commentera donc pas l’emplacement des frames et onglets, fixés par les fabricants et que l’on reconnaît de site en site, ce qui peut créer une impression de familiarité facilitant le premier abord.
  6. (retour)↑  D’autres bibliothèques ne sont pas maîtres de leur site. Service municipal, elles sont hébergées sur le site général de la ville, comme c’est le cas à Bordeaux : http://www.bordeaux.fr ou à Paris : http://www.paris.fr
  7. (retour)↑  http://www.mediatheque-bourges.fr/
  8. (retour)↑  Vers Le catalogue ; Votre compte ; Nos sélections ; Mode d’emploi ; Animation et Nous contacter.
  9. (retour)↑  http://www.bm-dijon.fr/
  10. (retour)↑   ; Recherche catalogue Dijon ; HiBou (Histoire de la Bourgogne : base bibliographique bourguignonne) ; Cassis (Bibliographie culinaire) ; Dossier lecteur ; Partenaires et sites associés (ce dernier lien est inactif à l’époque).
  11. (retour)↑  On trouve donc dans le frame supérieur : Infos pratiques & services, Bibliothèques en réseau, Recherches documentaires (où sont regroupés désormais les catalogues collectifs locaux auxquels participe la BM ainsi que Hibou et Cassis), Fonds ancien et spécialisés, Action culturelle.
  12. (retour)↑  19 octobre 1996 : http://www.bm-lyon.fr/
  13. (retour)↑  Catalogue ; Livres rares ; Expositions virtuelles (une exposition de début 1995 !) ; Cyberboutique ; Collections ; Vues de Lyon ; Actualités et acquisitions remarquables ; Pour en savoir plus.
  14. (retour)↑  5 juin 2002.
  15. (retour)↑  Catalogue ; Bases de données ; Sélections de sites.
  16. (retour)↑  Foire aux questions ; Publications ; Musée de l’Imprimerie ; Institut d’histoire du livre ; Ville de Lyon. Ces accès restent toujours présents mais sont de plus en plus petits et ne sont plus du tout mis en valeur aujourd’hui.
  17. (retour)↑  7 avril 2004.
  18. (retour)↑  Web Archive ne remonte pas plus haut, alors que la bibliothèque dispose d’un site depuis 1998.
  19. (retour)↑  À la une ; Le catalogue ; La bibliothèque virtuelle ; Expositions en ligne ; La BMVR en chantier ; Les publications ; Nos sites favoris ; Infos pratiques. 25 septembre 2000 : http://www.bm-troyes.fr/
  20. (retour)↑  12 juillet 2001.
  21. (retour)↑  http://mediatheque-agglo-troyes.fr Cette utilisation du logiciel Flash me semble assez rare sur les sites de bibliothèques.
  22. (retour)↑  Le réseau des médiathèques ; Les catalogues ; Patrimoine et tourisme ; Action culturelle et pédagogique ; Espace culture multimédia ; C’est nouveau.
  23. (retour)↑  De Richelieu à Tolbiac : visiter la BnF ; Trésors du département des Manuscrits : les 1 000 enluminures ; les catalogues BN-Opale et BN-Opaline de la Bibliothèque nationale de France ; Exposition aux États-Unis : « Naissance de la culture française ».
  24. (retour)↑  19 octobre 1996 : http://www.bnf.fr/
  25. (retour)↑  30 octobre 1996.
  26. (retour)↑  27 décembre 1996. À la même époque, dans une journée d’étude sur son offre Internet, la BnF donnait deux objectifs à son site web : « La communication, c’est-à-dire l’information sur les activités et services offerts, et le développement scientifique, c’est-à-dire l’accès aux catalogues, et l’information destinée aux professionnels du livre » (d’après le compte rendu d’Isabelle Masse, « L’accès électronique aux collections : la Bibliothèque nationale de France et la British Library », BBF, 1997, no 1, p. 71-72).
  27. (retour)↑  19 octobre 2000.
  28. (retour)↑  6 mai 2001.
  29. (retour)↑  Actualités culturelles ; Vie de la bibliothèque ; Découvrir ; Rechercher.
  30. (retour)↑  3 février 2005.
  31. (retour)↑  À vrai dire le nombre d’accès, lié à l’actualité, varie de 30 à 34.
  32. (retour)↑  Avec un peu de malice, on peut en conclure que ni le graphiste, ni les personnes ayant décidé d’adopter ce site ne sont myopes ; ou alors, elles travaillent trop près de leur écran.
  33. (retour)↑  Voir aussi sur ce sujet Nicolas Morin, « Contenus et services des sites web des bibliothèques », BBF, 2003, no 4, p. 9-13.
  34. (retour)↑  Cet agrandissement est pourtant offert par tous les navigateurs.
  35. (retour)↑  http://www.bm-limoges.fr/
  36. (retour)↑  Pour reprendre les termes d’une étude menée par des conservateurs stagiaires de l’Enssib en 2001 : Essai de typologie des sites web de bibliothèque, http://www.enssib.fr, rubrique Bibliothèque numérique.
  37. (retour)↑  Dans une démarche qu’on pourrait rapprocher de cette simplification structurelle, Dominique Lahary a lancé une « conjuration », Accès web et classifications, dont le but est « d’explorer toutes les possibilités […] pour fournir au public des accès thématiques aux catalogues » : http://membres.lycos.fr/vacher/profess/accesweb.htm Des bibliothèques ont déjà mis cet accès thématique en place dès la page d’accueil du catalogue, comme la BDP de l’Aisne : http://bdp.cg02.fr/catalogue.htm
  38. (retour)↑  http://voirplus.net/access/recom.php Voir aussi l’article de Dominique Burger, p. 58.