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Le numérique en bibliothèque, on s'y met !

Journée ABF Nord Pas-de-Calais et Picardie – 29 juin 2017

Les groupes ABF Nord Pas-de-Calais et Picardie (dont la fusion sera soumise aux votes des CA en fin d'année) ont organisé le 29 juin 2017 à la bibliothèque universitaire d'Arras une journée d'étude intitulée « Le numérique en bibliothèque, on s'y met! ».

Une précédente journée d'étude « Le numérique en bibliothèque, on peut tous s'y mettre » avait été proposée en juin 2016 au learning center « La Halle aux sucres » de Dunkerque, avec pour objectif d'apporter aux participants des éléments théoriques clés. Ce deuxième volet, résolument pratique, avait pour but de démontrer aux participants qu'il est possible de mettre en œuvre des projets ambitieux avec des moyens financiers et matériels raisonnables et des compétences techniques courantes. Ainsi, le programme conçu par les organisateurs consistait en une introduction suivie d'ateliers au cours desquels les collègues ont présenté des réalisations adaptables dans d'autres établissements.

Chaque participant a pu suivre quatre ateliers parmi les huit proposés :

- Makey Makey : « Mettre en place une installation interactive dans la bibliothèque », par Dominique Roszak (centre culturel d'Isbergues).

- Anuki : « Créé ta propre BD », par Sabrina Dumont-Fellow (bibliothèque départementale de la Somme).

- Stop motion : « Et si on réalisait un petit film d'animation ? », par Cédric Targa (bibliothèque départementale de la Somme).

- Scratch : « Les bases pour vous lancer », par Jean-Christophe Blanquart et Nathalie Agneray (médiathèque municipale de Calais).

- « Réalité augmentée et autres applications », par Delphine Ferreira.

- « Reprendre le contrôle de nos données : présentation des propositions de Framasoft », par André Vanderlynden (médiathèque de Roubaix).

- Bibliobox : « Concevoir un dispositif de téléchargement de ressources numériques », par Thomas Fourmeux (médiathèque d'Aulnay-sous-Bois).

- « Valoriser des contenus numériques sur place ou à distance : partage d'expériences », par Odile Giraud (bibliothèque municipale de Lille).

Il a par ailleurs été proposé à la pause de midi une visite de la bibliothèque universitaire d'Arras et une démonstration d'imprimante 3D.

Atelier Makey Makey

Dominique Roszak a présenté le dispositif Makey. Il s'agit d’un émulateur de commande qui permet de créer sa propre manette ou son propre clavier par exemple. Il donne aussi la possibilité de créer des jeux vidéo, de l'animation et de la musique et fonctionne sur le mode « plug and play ». Ce dispositif facilite ainsi la mise en place des animations diverses et variées :

•ateliers sciences autour de l'électricité ;

•machine à rimes ;

•ateliers sur l'art cinétique ;

•rétrogaming.

Dominique Roszak a proposé aux participants de jouer à une version « grandeur nature » de « Pac-man ». En effet, grâce au système Makey Makey, les joueurs contrôlaient directement le personnage « Pac-man » en se déplaçant.

Atelier Anuki

Sabrina Dumont-Fellow a présenté l’application gratuite Anuki. Cet outil, disponible sur les stores d'Apple et d'Android, a été créé par les studios Luminis, les Editions la Gouttière, Stéphane Senegas et Frédéric Maupome (les auteurs d’Anuki) et l’association « On a marché sur la bulle » à la demande du conseil départemental de la Somme. Cette application est accompagnée d'une exposition interactive, d'un Kamishibai, d'un raconte-tapis, etc.

L'application et le matériel d'accompagnement donnent lieu à des ateliers d'une ou plusieurs séances autour de la BD en général et d'Anuki en particulier pour des enfants à partir de sept ans. Les formules les plus longues permettent de montrer concrètement ce qu’est une BD et comment elle s’articule grâce à des activités pratiques et ludiques. Les animateurs peuvent régulièrement revenir à la BD papier pour faire le lien entre les supports.

Atelier stop motion

Cet atelier a permis aux participants de réaliser un petit film d’animation et de concevoir une animation pour les enfants se déclinant en trois séances de trois heures. L'application utilisée se nomme « I Motion » et est uniquement disponible sur Ipad.

Cette activité présente plusieurs intérêts :

- découverte du logiciel ;

- construction d’une histoire (imagination du décor et des personnages, écriture d'un story board, etc.) ;

- prises de vue, postproduction et montage d'images.

Cédric Targa anime cet atelier dans les bibliothèques du réseau de la bibliothèque départementale de la Somme pendant les périodes de vacances scolaires.

Atelier scratch

Scratch est un logiciel de programmation téléchargeable et gratuit élaboré par le MIT et utilisable à partir de huit ans. La version « cratch junior » peut être manipulée sur tablette à partir de 3 ans.

La médiathèque de Calais a inscrit le projet Scratch dans la prolongation de l’utilisation des « ideas box » proposées par BSF (composées de quatre « malles » comprenant des outils numériques, des tablettes et jeux de société, des livres et des documents audiovisuels). Les bibliothécaires calaisiens ont donc installé le logiciel sur les ordinateurs puis animé des ateliers de programmation d'une heure avec des enfants.

Quatre jeunes accompagnés par les bibliothécaires ont participé à une « Game Jam » organisée par BSF. Cette compétition consistait à créer une animation sur le thème des héros. Dix-huit médiathèques de France et de Belgique ont participé. L'équipe calaisienne s’est classée troisième de la compétition.

Atelier reprendre le contrôle de nos données

André Vanderlynden a d'abord insisté sur l’ensemble des valeurs que partagent le service public et les promoteurs des outils libres. Les enjeux de non propriété des codes sources et de non exploitation des données personnelles devraient être davantage pris en compte par les collectivités. André Vanderlynden a également évoqué les nombreux ateliers de culture numérique qu’il mène au sein de la médiathèque de Roubaix.

Il a ensuite présenté l'association Framasoft qui ne crée pas de logiciels mais recense et fait la promotion de « services et projets innovants mis librement à disposition du grand public » (source Framasoft.com). L’initiative « dégooglisons Internet » propose ainsi une trentaine de services alternatifs :

- Framapad (prise de note collaborative) ;

- Framabag (veille informative) ;

- Framatalk (visio conférences) ;

- Framapic (publication de photos). Cet outil permet à l’utilisateur de maîtriser la publication de ses photos dans la mesure où ce n’est pas la photo qui est publiée sur les réseaux sociaux mais un lien vers celle-ci.

- Framaforms (création et animation de formulaires).

Cet outil est une alternative à Google forms pour la création simple et rapide de formulaires.

Atelier valoriser des contenus numériques sur place ou à distance :

Odile Giraud a tout d'abord présenté le dispositif bibliobox (https://bibliobox.net/) qui fonctionne grâce à un un répéteur Wi-Fi (MR 3020). Ce petit appareil permet de stocker des contenus numériques accessibles à tout terminal pouvant se connecter à un réseau Wi-Fi. Une fois raccordé à la bibliobox, chaque usager peut télécharger du contenu directement sur sa tablette ou son téléphone. La bibliothèque municipale de Lille met ainsi à disposition de ses lecteurs des textes appartenant au domaine public issu du site légal ebooksgratuits.com.

Le succès de ce dispositif nécessite toutefois de :

•guider techniquement les publics pour qu'ils puissent se servir correctement du service ;

•bien nommer les fichiers pour permettre aux usagers de facilement rechercher les contenus ;

•proposer différents formats (PDF, Epub, Mobi) pour s'adapter aux différents terminaux.

Ce dispositif ouvre de fait un large champ de possibilités. Chaque établissement peut en effet donner accès à ses usagers :

•au vaste catalogue du domaine public ;

•à sa bibliothèque numérique patrimoniale ;

•à des créations et contenus musicaux, vidéographiques, plastiques, sous licence creative commons (https://search.creativecommons.org/) ;

•à des logiciels libres.

La bibliobox peut également être utilisée hors les murs. Il est préférable, pour une telle pratique, d'utiliser un répéteur avec batterie intégrée.

Odile Giraud a ensuite présenté deux dispositifs expérimentaux. Le premier, intitulé « Grainazic », repose sur des QR codes disséminés dans une douzaine de parcs de la ville de Lille et qui renvoient vers des playlists de chansons sous licence creative commons composées par des artistes locaux.

Au départ, une des difficultés liées à ce dispositif était que les QR codes devaient renvoyer à des URL « stables », ce que la bibliothèque municipale de Lille ne pouvait garantir à l'époque. L'hébergement a donc été confié à la start-up Weezart (http://wezaart.com.s3-website-eu-west-1.amazonaws.com/).

Le second dispositif permet le chargement de nouvelles issues du site Bibliovox dans les transports en commun lillois grâce à une technologie NFC (sans contact) développée par le centre d'innovation des technologies sans contact (CITC / https://www.citc-eurarfid.com/). Cette même technologie permet aussi d’écouter des extraits musicaux de partitions conservées à la bibliothèque.

Enfin, Odile Giraud a présenté le service de « prêt de tablettes dans les murs ». Ces tablettes sont équipées d'applications gratuites choisies en fonction de l'actualité (une page Facebook « tablettes en bibliothèques » est animée par l'ABF).