Ce e-dossier propose une sélection de ressources en ligne qui vient compléter les articles du dossier « Évaluations » figurant dans le Bulletin des bibliothèques de France n° 4 de 2010.
e-dossier élaboré par Christelle DI PIETRO (enssib, service Diffusion des savoirs).
Un récent rapport parlementaire vient de remettre au cœur de l’action publique l’évaluation de ses services : Modernisation de l’Etat, qualité des services publics et indicateurs – mars 2010 (http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/104000109/0000.pdf). Il souligne notamment que la culture du résultat reste peu développée dans l’administration, que celle-ci travaille trop souvent en vase clos pour évaluer sa propre performance, et que l’évaluation appliquée à l’administration française est plus un outil d’observation que d’action. En même temps, le n° 57 de la revue Arabesques de l’ABES (Agence bibliographique de l’enseignement supérieur) du 1er trimestre 2010 consacré à l’évaluation et la qualité (http://www.abes.fr/abes/DocumentsWebAbes/abes/arabesques/Arabesques57.pdf) fait un constat analogue : « la qualité, ce n’est ni un slogan ni de l’idéologie, ni de la bureaucratie : c’est une démarche, des méthodes de travail, des procédures, le respect du public, des efforts quotidiens chacun à son niveau et du bon sens. »
Si les indicateurs de performance normatifs (ISO 11620 :2008 Information et documentation -- Indicateurs de performance des bibliothèques) s’appliquent en théorie à toutes les bibliothèques (http://www.iso.org/iso/fr/catalogue_detail.htm?csnumber=37853), on n’évalue pas une petite bibliothèque de commune comme un service commun de la documentation (SCD) ou une bibliothèque nationale.
Depuis 1969 les services du ministère de la Culture collectent et analysent annuellement sous forme de données chiffrées l’activité des bibliothèques territoriales. Le questionnaire annuel 2009 des bibliothèques municipales et intercommunales (http://www.culture.gouv.fr/culture/dll/biblio-stats/RapportBMVersion2009VersionLongue.pdf et sa note explicative : http://www.adbdp.asso.fr/IMG/pdf_note_explicative.pdf) est adressé à l’ensemble des 97 bibliothèques départementales de prêt et à près de 4 000 bibliothèques municipales (même si toutes ne répondent pas ou partiellement).
Se sont constitués au fil du temps des référentiels prenant en compte les spécificités des institutions. Les bibliothèques départementales de prêt, via l’ADBDP (Association des directeurs de bibliothèques départementales de prêt), ont été les premières à définir des typologies d’établissements (http://www.adbdp.asso.fr/spip.php?article662) destinées à guider les communes dans leur schéma de lecture publique (et à obtenir des subventions gouvernementales), puis des grilles d’évaluation avec des indicateurs minimums (http://www.adbdp.asso.fr/spip.php?article833#forum251) adaptés à la taille des communes.
Amandine Jacquet (Médiathèque départementale de la Drôme) était revenue en 2008 lors d’une intervention à l’AIFBD à Montréal (http://www.adbdp.asso.fr/IMG/pdf_Evaluerlactiviteenbibliotheque.pdf) sur l’élaboration d’indicateurs en lecture publique.
Autre volet important de l’évaluation des établissements territoriaux : les études de publics. Cet article : Les enquêtes de fréquentation des bibliothèques publiques À quelle méthodologie s'en remettre ? (BBF 2006 t.51 : http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2006-06-0014-003) revient sur les méthodes d’enquête au sein d’un dossier plus large consacré aux publics (http://bbf.enssib.fr/sommaire/2006/6).
Un rapport de l’IGB, L’évaluation de l’activité et des services documentaires français dans le cadre européen de juin 2008 (http://media.education.gouv.fr/file/Rapports/08/1/rapport_ind_10_juin_32081.pdf) propose un bilan des outils d’évaluation pour les SCD en France, et ailleurs. L’enquête la plus importante est celle conduite depuis trente ans par la Direction générale de l’enseignement supérieur, l’ESGBU, riche de 300 questions. Elle connaît de profonds changements depuis quelques années, comme le relate cet article : Bibliothèques universitaires : L'enquête statistique annuelle à l'épreuve du changement, BBF 2006 t.51 (http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2006-06-0060-011).
Les bibliothèques universitaires adoptent progressivement (un millier à ce jour dans le monde dont une poignée en France) le programme LibQUAL+ (http://www.libqual.org/) qui porte sur l’évaluation de la qualité des services offerts au public.
Elles ont depuis 2009 leur propre norme : ISO/TR 28118:2009 Indicateurs de performance des bibliothèques nationales
(http://www.iso.org/iso/fr/iso_catalogue/catalogue_tc/catalogue_detail.htm?csnumber=44512) qui a posé une première définition d’une BN : « elle est responsable d’acquérir et de conserver des exemplaires de tous les documents pertinents dans le pays où elle est sise ; elle peut agir en tant que bibliothèque de dépôt légal […] ». Cette norme fait l’objet d’une analyse précise dans cette intervention faite lors du 74e congrès de l’IFLA en 2008 : Indicateurs de qualité pour les bibliothèques nationales : la nouvelle norme (http://archive.ifla.org/IV/ifla74/papers/160-Poll-trans-fr.pdf).
Les données récoltées par le ministère de la Culture font l’objet de rapports annuels, d’une part dans bibliostats (édition 2008 : http://www.culture.gouv.fr/culture/dll/biblio-stats/index-bibliostats08.htm) qui permet de retrouver les données régionales, et d’autre part dans les « Chiffres clés statistiques de la culture », réalisés par le Département des études, de la prospective et des statistiques du ministère de la Culture. Les plus récents sont les chiffres clés culture 2010 – données 2008 : http://www2.culture.gouv.fr/culture/deps/chiffres-cles2010/08-bibliotheques-2010.pdf.
Ces statistiques sont aussi compilées par l’ADBGV dans un ingénieux outil qui permet d'étudier une bibliothèque en particulier, de comparer jusqu'à quatre bibliothèques, de visualiser les moyennes et totaux nationaux et d'obtenir des classements absolus et relatifs (http://www.adbgv.asso.fr/index.php?page=statistiques) à partir des données 2008.
En ce qui concerne les publics, deux types d’approches prédominent : les enquêtes de fréquentation, sous divers angles, et les enquêtes de population, plus rares :
L’ESGBU est restituée sur le site ASIBU, application statistique interactive des Bibliothèques universitaires (http://www.sup.adc.education.fr/asibu/). On peut y consulter les données de synthèse sur les bibliothèques universitaires et leur activité en 2007 et produire des comparatifs et des ratios personnalisés. Les bibliothèques universitaires font également l’objet d’études approfondies de la qualité de leurs services :
Deux exemples appliqués de LibQUAL+ :
L’évaluation des grands établissements du supérieur compte aujourd’hui un nouvel acteur, l’AERES, Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur, dont les travaux portent sur la globalité de l’établissement et plus seulement sur une approche parcellaire, à l’image de ce Rapport d'évaluation de la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg : www.aeres-evaluation.fr/content/download/11550/171547/file/AERES-S1-BNUS.pdf (2009).
Deux exemples récents dans l’actualité alertent sur le risque d’une approche strictement quantitative qui négligerait les aspects sociaux et sociétaux de l’impact des bibliothèques. Confrontés à des difficultés financières, les administrateurs de la bibliothèque de Boston ont classé les 26 équipements de quartier afin de déterminer ceux qui devraient fermer sur la base de critères statistiques : volume des prêts, fréquentation, utilisation du numérique, connexions au réseau wifi, animations et publics (http://www.boston.com/news/local/massachusetts/articles/2010/03/09/rankings_to_decide_fate_of_libraries/).
Plus près de nous, la décision de la ville de Rennes de fermer au moins une annexe sur la base d’une baisse de la fréquentation (http://www.livreshebdo.fr/weblog/du-cote-des-lecteurs---23/499.aspx).
Si la démarche d’évaluation des services publics s’inscrit dans les textes les plus fondateurs de nos sociétés modernes (l’article 14 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 y fait même clairement référence… : http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/dudh/1789.asp), évaluer un établissement, une bibliothèque ou autre, en dehors des liens qu’elle tisse avec son contexte n’a finalement que peu de sens. Cette étude : L’évaluation des services publics par la satisfaction des usagers, entre fonction d’apprentissage et logique de discipline (http://halshs.archives-ouvertes.fr/docs/00/45/94/47/PDF/p107.pdf) repose la question fondamentale des objectifs de l’évaluation et notamment de la place de la satisfaction de l’usager dans la gouvernance institutionnelle.
Le Bulletin des bibliothèques de France est publié par l'École nationale supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques
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