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Comment j’ai fait mon dictionnaire

Paris, Sonneur, 2010, 93 p., 15 cm
Coll. La petite collection
ISBN 978-2-916136-26-4 : 6,50 €

Le récit fait par Émile Littré de l’immense aventure éditoriale et intellectuelle que fut la publication de « son » dictionnaire vaut autant par son style, délicieusement vieilli, que par son contenu. Il fallut un peu plus de treize ans, du 27 septembre 1859 au 4 juillet 1872, pour mener à bien l’entreprise, qualifiée plus tard et à raison de « monument national » : 415 636 feuillets, pour 27 « livraisons », étalées entre 1863 et 1872. Littré mêle avec franchise des considérations parfois triviales sur le mode de financement du projet, pour lequel il perçut de la part du clairvoyant M. Hachette des avances importantes, largement compensées (mais sur le long court) par le succès quasi immédiat et durable de l’ouvrage, et des propos sur les devoirs des auteurs à l’égard de leurs éditeurs dont la clairvoyance et la pertinence font parfois soupirer d’aise et de dépit le rédacteur en chef du Bulletin des bibliothèques de France. On mentionnera cependant que l’homme ne prisa guère la Commune, dont l’avènement, seul, interrompit son grand œuvre pendant quelques mois, et qu’il fut sans remords de l’Assemblée nationale versaillaise.

À noter que, eu égard au sujet, il faut saluer la délicate qualité de l’édition, et saluer comme il se doit les 5 ans des éditions du Sonneur (et de leur petite grenouille : http://www.editionsdusonneur.com/index.php), au catalogue résolument éclectique, d’Edith Wharton à Jack London, de Roger Vaillant à Valery Larbaud.

Yves Desrichard