entête
entête

Littérature, jeunesse, handicap

Questions d'accès, questions de construction

Suresnes, Éditions de l’INS HEA, 2009, 175 p., 23 cm.
Coll. Adaptations pédagogiques
ISBN 978-2-912489-85-2 : 10 €

L’accès au plaisir de la lecture pour les enfants handicapés est loin d’être facile. Et ce n’est, en général, pas faute de capacités, mais faute de moyens, d’outils pratiques. Cet ouvrage, issu d’un colloque qui s’est tenu fin 2007 à l’initiative de l’Institut national supérieur de formation et de recherche pour l’éducation des jeunes handicapés et les enseignements adaptés, fait le point sur les besoins en matière de littérature jeunesse adaptée. Des solutions, toujours issues d’expériences vécues, sont proposées selon les types de handicap : enfants déficients intellectuels, enfants sourds et malentendants en particulier.

L’avantage de cet ouvrage est aussi d’aller au-delà des questions pratiques. La deuxième partie évoque en effet le rôle essentiel de la littérature dans la construction personnelle. « Et si la littérature était une nourriture indispensable pour tous les enfants, aussi nécessaire que l’art et les aliments ? » interroge Marguerite Perdriault. Quelques témoignages apportent un éclairage émouvant, notamment celui d’une personne dyslexique ou comme elle le note joliment « dys-lectrice », confrontée aux « maman, tu me lis une histoire ? » de ses enfants. Celui d’une femme épileptique qui s’est retrouvée dans les récits de Primo Lévi ou d’Albert Einstein atteints de la même maladie. Ou encore le parcours d’une jeune aveugle devenue professeur de français.

Une troisième partie, intitulée « Médiations », aborde la mission des éducateurs dans l’accompagnement des enfants différents vers le monde littéraire. Enfin, la dernière partie montre comment est représenté le handicap dans les œuvres littéraires pour la jeunesse, en France, en Italie, en Tchécoslovaquie et aux Pays-Bas. Il est heureux de constater que les enfants différents y ont de plus en plus leur place, permettant à la fois à ces jeunes de se servir de ces livres comme miroirs, et aux autres d’éduquer leur regard.

L’ouvrage, même s’il n’est pas exhaustif, donne de bonnes pistes sur le sujet de l’édition adaptée grâce à des contributions très diverses. On y lit aussi bien les témoignages d’enseignants spécialisés, de chercheurs, de bibliothécaires que de personnes atteintes d’un handicap ou d’une maladie chronique.

 

Anne-Gaëlle Dubois