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Portails et collaboratoires pour la recherche et l'enseignement

coord. par Peter Stockinger. Paris : Hermes Sciences Publications : Lavoisier, 2003.–250 p. ; 24 cm. ISBN 2-7462-0766-4 : 50 €

par Jean-Philippe Accart

Peter Stockinger est l’auteur de plusieurs excellents ouvrages aux éditions Hermes sur le traitement de l’information électronique. Rien d’étonnant donc à ce qu’il coordonne cette nouvelle parution consacrée aux sites portails. L’exemple type de site portail qui est proposé ici est celui de la Maison des sciences de l’homme (MSH) : le portail E-MSH, projet de recherche et de développement qui s’appuie sur une coopération technologique entre la MSH, représentée par l’Escom (Équipe sémiotique cognitive et nouveaux médias), et Microsoft Éducation. Cinq auteurs, tous chercheurs à la MSH, collaborent à cette publication. Avant tout pratique, celle-ci est le reflet véritable de la démarche de gestion de projet qui a été adoptée. Tout professionnel confronté à la mise en place d’un site portail trouvera une méthodologie qu’il pourra appliquer en tout ou partie.

Qu’est-ce qu’un site portail ?

Qu’est-ce qu’un site portail ? Les définitions ne sont pas tellement nombreuses pour accorder à celle donnée par les auteurs tout son intérêt : un site portail est vu comme « une porte d’accès au patrimoine d’une institution, à ses productions intellectuelles et scientifiques, à ses activités et services, à son environnement social et culturel. Il permet d’organiser, de publier, de diffuser et de gérer ces ressources en tenant compte des exigences de leurs propriétaires ». La définition est nettement plus étoffée dans son contexte, mais même allégée, elle n’en constitue pas moins un point de départ intéressant. Il est certain que l’avenir proche est au développement de ce type de sites, dans des domaines ciblés et pointus. Il en existe déjà un certain nombre au niveau de l’administration et du droit, de la santé et de la médecine. Pour les sciences sociales et humaines, le cas est plus rare et c’est un des autres intérêts de cet ouvrage.

Le projet de la MHS

Le contexte du projet est présenté : il a fallu dresser un état de la situation des sources d’information de la MSH (actualités scientifiques, revues en ligne, bibliothèque, publications de colloques, programmes scientifiques, centres de recherche, cours et séminaires, archives…), puis du système d’information (web statique et dynamique, gestion de contenu et workflow, bases de données, outils de classification, annuaires, procédés de sécurité). En parallèle, un travail d’enquête auprès de panels d’utilisateurs a été mené. La démarche méthodologique qui s’est ensuite engagée a permis de déterminer les objectifs, les phases et les acquis méthodologiques du projet. Les auteurs soulignent trois points importants à retenir :

– la conceptualisation des interfaces utilisateurs orientées contenus ;

– la gestion de l’interactivité utilisateurs avec des protocoles ouverts et normalisés ;

– la recherche et les moteurs de recherche.

Les utilisateurs du site portail ont été associés d’entrée de jeu au projet, notamment par la mise en place d’un groupe pilote. Suite à des tests au cours de la réalisation, le projet a pu évoluer en fonction des besoins. Des aides en ligne ont été proposées ainsi que des modules de formation.

Une plate-forme collaborative a été élaborée permettant d’associer diverses solutions technologiques telles celles de l’annuaire, la messagerie, la gestion des documents, la gestion de contenu ou la sécurité du réseau. Chacune de ces solutions technologiques fait l’objet d’un chapitre détaillé. Se sont ajoutées les technologies dites « web services » qui permettent la communication entre plates-formes hétérogènes, puis celles de l’administration du réseau à partir des solutions Windows 2000 et Windows 2003.

Un ouvrage de référence

Dans leur conclusion, les auteurs soulignent les points importants et les difficultés de cette expérience : la difficulté principale, comme dans tout projet de ce type, est d’élaborer un scénario qui prenne en compte tous les paramètres indiqués ci-dessus en incluant les aspects cognitifs et conceptuels. Une autre difficulté est l’implication des utilisateurs dans le déroulement du projet par rapport à la complexité et à la nouveauté de celui-ci, aux habitudes de travail bousculées. Une structure jouant le rôle d’interface entre les administrateurs, les applications et les utilisateurs est une des clés de la réussite. Hormis ces recommandations, les auteurs fournissent d’autres conseils qui seront fort utiles aux futurs lecteurs.

Très souvent, l’excellent niveau des publications Hermes est pénalisé par un degré de technicité ou d’abstraction trop élevé pour qu’elles soient lisibles facilement. Mais l’ouvrage présent, à partir d’un plan bien composé, a l’avantage d’être tout à la fois pratique, technique et conceptuel, bénéficiant d’une mise en page aérée avec de nombreux tableaux et schémas informatifs insérés dans des chapitres courts. Le lecteur ne se perd donc pas, il est en quelque sorte guidé et peut suivre pas à pas la démarche conseillée. Nul doute que Portails et collaboratoires pour la recherche et l’enseignement servira de référence pour la mise en place des futurs portails d’information.