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Le Fruit, le flacon et l'ivresse

Du parchemin enluminé au fichier numérique (liberfloridus.cines.fr)

Marie-Hélène de La Mure

« Le surnaturel n’est pas seulement dans la visualisation du dogme, il est dans cette analyse, par l’image, de la Jérusalem terrestre qui intègre à leur place dans le plan divin la vie et la mort, la joie et la peine, l’institution royale et le travail du laboureur … » 1

L’automne 2002 aura célébré le Moyen Âge, au travers d’une floraison de publications sur tous supports, où l’art le disputait à l’érudition 2 : sommes savantes ou précieuses compilations, pour beaucoup inscrites dans le cadre d’un Mois du patrimoine écrit justement programmé au confluent de la rentrée universitaire et des festivités saisonnières.

Leur catalogue pour être complet mérite qu’on y adjoigne une entreprise qui aura échappé au concert médiatique, sans doute du fait que ses initiateurs, issus pour la plupart du monde universitaire, sont par nature ou par choix peu rompus aux finesses des stratégies éditoriales. L’on veut ici évoquer le site Liber floridus (liberfloridus.cines.fr), dont le sous-titre dira assez l’objet : Les Manuscrits médiévaux enluminés de l’Enseignement supérieur, et dont l’ouverture avait été annoncée sine die lors d’un précédent numéro de la présente revue 3.

Le travail du laboureur

Liber floridus qui a, dès sa conception sur laquelle nous reviendrons, répondu à un double objectif de conservation et de valorisation, est accessible au public depuis le début du mois d’octobre 2002. Il faut y voir l’aboutissement d’un processus qu’il n’est pas inutile de rappeler et où, dès l’origine, la bibliothèque Sainte-Geneviève (suivie de près par la bibliothèque Mazarine) aura joué un rôle déterminant.

La convention tripartite impliquant en 1992 autour des fonds de manuscrits conservés en France, le CNRS, la Direction de la programmation et du développement universitaire (DPDU) du ministère de l’Éducation nationale et la Direction du livre et de la lecture (DLL) du ministère de la Culture, visait à constituer une collection nationale de sauvegarde des enluminures. Premier établissement de l’Enseignement supérieur à bénéficier de cette couverture photographique, la bibliothèque Sainte-Geneviève envisageait dès 1994, en partenariat avec l’Institut de recherche et d’histoire des textes (IRHT), d’y donner suite par l’élaboration d’une base d’images locale, en vue de laquelle les deux institutions échangeraient des données iconographiques et textuelles : l’IRHT numériserait les quelque 15 200 ektachromes 24 x 36 issus de la campagne photographique menée à Sainte-Geneviève, laquelle en assurerait ensuite l’indexation et alimenterait par là même la base propre de son partenaire. La mise en œuvre de ce programme, décidée en 1996, démarra sur fonds propres en 1998 et devint un des principaux axes de travail de la Réserve (où il implique depuis lors une équipe composée d’un conservateur et de deux vacataires), avant d’être soutenue à partir de 1999 par la Sous-direction des bibliothèques et de la documentation (SDBD) du ministère de l’Éducation nationale : celle-ci avait en effet été, à cette date, sollicitée conjointement par les deux institutions, soucieuses d’envisager à terme la diffusion de l’outil dont elles assuraient l’élaboration 4.

Parallèlement et dans le cadre de la convention de 1992, le décor des manuscrits médiévaux de la bibliothèque Mazarine – microfilmés par l’IRHT entre 1995 à 1997 avec plusieurs documents postérieurs et une vingtaine d’incunables – était en cours de reproduction depuis janvier 1998 (l’opération devait s’achever en janvier 2001), selon des modalités quelque peu différentes de celles qui avaient présidé aux prises de vue de Sainte-Geneviève. Dès l’automne 1996 en effet, son directeur et celui de l’IRHT avaient jeté les bases d’une coopération qui prenait en compte les chemins récemment frayés ; après une année 1997 consacrée à la préparation de la campagne photographique (collation des manuscrits et inventaire du décor réalisés sur vacations), démarra en janvier 1998 un double chantier de reproduction, argentique et numérique, des manuscrits enluminés : on procéda cette fois par scannérisation directe des enluminures originales, de manière exhaustive pour les scènes historiées et par échantillonnage pour les initiales ornées ou filigranées, les motifs à caractère purement ornemental et répétitif, ainsi que les marginalia dépourvus de figures humaines ou animales. L’inventaire de ce riche ensemble iconographique représente près de 17 500 images extraites de quelque 1 300 manuscrits.

Dès lors que s’achevait cette campagne, et confrontée à la requête évoquée plus haut, la SDBD envisageait l’affichage sur Internet de l’ensemble des manuscrits enluminés de ses établissements, via une base développée et hébergée par le Centre informatique national de l’enseignement supérieur (Cines). Le point de départ en serait le double corpus d’images précité, scientifiquement élaboré conjointement par l’IRHT et les bibliothèques : quasi-exhaustivité des représentations, prenant en compte tant l’ornementation que l’iconographie ; prises de vue (systématiques à Sainte-Geneviève tout au moins) en pleine page ou double pleine page, replaçant chaque enluminure dans son contexte ; plans rapprochés et vues de détail ; homogénéité des cadrages et de la colorimétrie. Ces images seraient présentées telles qu’en elles-mêmes certes, mais aussi en relation avec leur environnement intellectuel et matériel (à savoir le texte illustré), et surtout assorties de tous les éléments de description et de repérage, en un mot d’indexation, destinés à constituer l’ensemble en outil scientifique. Dans son principe, Liber floridus, qui tire son nom d’un ouvrage encyclopédique rédigé par un chanoine de Saint-Omer au XIIe siècle, était né.

Du côté des bibliothèques, Sainte-Geneviève voyait dans ce projet l’excroissance d’une entreprise en cours, et une manière de reconnaissance de cette dernière par la SDBD ; la Mazarine, qui n’était pas encore en mesure de valoriser en interne, par l’élaboration d’une base propre 5, son fonds d’images d’enluminures, s’y trouva d’emblée très favorable, et se dota des moyens en personnel nécessaires au travail d’indexation (celui-ci, entrepris d’abord ponctuellement pendant l’été 1998, devint systématique en avril 2000 grâce au mécénat de la Fondation de la Poste que devait relayer la SDBD).

Quoi qu’il en soit, pour tous l’objectif était double :

–du point de vue de la conservation, garantir davantage encore la sécurité des manuscrits originaux, par un recours accru à des documents de substitution aisément manipulables ; assurer à ces images une pérennité que ne garantissent ni le support argentique, ni surtout les manipulations suscitées par l’exploitation ;

–du point de vue de la recherche, offrir au public une base de données permettant une exploitation scientifique des images, dans un contexte qui voit se multiplier les approches de type iconographique, et notamment les études portant sur le rapport texte/représentation.

Une convention-cadre signée en décembre 2001 formalisait la coopération entre les divers partenaires, énonçant en particulier les droits et devoirs des contractants en matière de propriété et d’exploitation des données. Elle prévoyait notamment la création d’un comité de pilotage et, à terme, l’intégration d’autres collections de manuscrits enluminés conservés dans les bibliothèques de l’Enseignement supérieur (la SDBD comptant mener sur ce dernier point une politique incitative). Enfin et au premier chef, elle entérinait les modalités de mise en œuvre qui prévalaient dès l’origine du projet, et que l’on pourrait synthétiser comme suit :

–L’IRHT fournit aux bibliothèques des images numériques en haute définition (2000 x 3000 pixels) sous forme de fichiers en format TIFF corrigé stockés sur supports cédéroms ; il y joint, pour autant qu’il existe, un état de description sommaire des manuscrits et des représentations, ainsi que les outils associés (listes et thesaurus).

–Les bibliothèques décrivent et indexent les images numériques, enrichissent les outils associés et les notices de manuscrits, puis transmettent le résultat à la Section des sources iconographiques (SSI) de l’IRHT.

–Celle-ci intègre ces données textuelles dans sa base Initiale, dont elle transmet ensuite une extraction au Cines.

–Ce dernier charge l’ensemble dans le produit dédié développé par lui en rigoureuse concertation avec les partenaires scientifiques, et assure la diffusion de la base.

–La SDBD opère le suivi général du projet, assumant notamment sa réalisation graphique (menée de fait entre décembre 2001 et septembre 2002), et désormais celui du site.

Voilà donc l’histoire. Il convient à présent de préciser le fond comme la forme, et de présenter brièvement, dans un premier temps, les deux collections qui se donnent à voir dans Liber floridus.

Le fruit de l’arbre

Au commencement était – et à la toute fin doit rester – le manuscrit original.

Les manuscrits de la bibliothèque Sainte-Geneviève

Le fonds des manuscrits de la bibliothèque Sainte-Geneviève a pour noyau celui de l’abbaye royale du même nom, fondée au VIe siècle par Clovis, et dont les collections furent, par exception, préservées de la dispersion lors de la Révolution. L’établissement actuel, dépositaire des archives aussi bien que de l’ensemble des collections génovéfaines, perpétue la mémoire intellectuelle et savante des Augustins de la Congrégation de France, dont l’abbaye était au XVIIe siècle devenue le chef d’ordre. De la bibliothèque médiévale, seuls 4 manuscrits sont parvenus jusqu’à nous. Ce noyau initial ne cessa de s’enrichir aux XVIIe et XVIIIe siècles, grâce au zèle et à la dextérité des bibliothécaires génovéfains : en 1790, l’inventaire de sécularisation de l’abbaye faisait déjà état de 2 013 manuscrits.

La bibliothèque Sainte-Geneviève en conserve aujourd’hui 4 275. Au sein de cet ensemble, près de 400 codices enluminés, pour la plupart médiévaux (324 sont antérieurs à 1500), s’échelonnent entre le IXe et le début du XVIIIe siècle. Au-delà des manuscrits bibliques, patristiques ou liturgiques attendus dans une collection d’origine ecclésiastique qui en fut d’ailleurs souvent destinataire, textes littéraires (Cité de Dieu de saint Augustin, Roman de la Rose, Pèlerinage de vie humaine…), historiques (Grandes chroniques de France, Histoires romaines de Tite-Live, Chroniques de Hainaut …) et scientifiques (Bestiaire de Manuel Philé) voisinent dans un bel encyclopédisme. En termes de bibliographie, les trois volumes du Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de France (CGM) relatifs à la bibliothèque Sainte-Geneviève 6 font depuis quelques années l’objet d’une mise à jour annuelle dactylographiée, fruit d’une veille scientifique rigoureuse.

L’iconographie de ces codices se voyait en 1908 étudiée par Amédée Boinet, qui en présentait une liste alphabétique de sujets 7 avant de donner en 1921 une description détaillée des manuscrits les plus remarquables, avec élucidation des représentations 8. En 1983, était pressé un vidéodisque qui présentait aux lecteurs de la bibliothèque un échantillon de miniatures assorties d’une indexation sommaire. On se trouvait donc devant une collection bien identifiée et signalée, préalable indispensable à la réussite de tout programme de numérisation bien compris. On voit là comment le partenariat conclu entre Sainte-Geneviève et l’IRHT constituait une étape aussi consciente que naturelle dans le processus de valorisation d’une exceptionnelle collection patrimoniale.

… et ceux de la bibliothèque Mazarine

Les manuscrits de la bibliothèque Mazarine, enluminés ou non, dont certains remontent à la fin du IXe siècle, ne proviennent pas des collections personnelles de Mazarin : ceux que ce dernier avait rassemblés furent en effet achetés en 1668 aux exécuteurs testamentaires du cardinal pour enrichir la Bibliothèque du roi. En réalité, le fonds a été constitué pendant la Révolution grâce aux prélèvements effectués dans les « dépôts littéraires » parisiens où étaient venus s’entasser les biens culturels confisqués aux communautés religieuses. L’abbé Leblond, qui administra la bibliothèque de 1791 à 1803, réussit à se faire attribuer plusieurs milliers de manuscrits qui appartenaient naguère aux établissements ecclésiastiques, si nombreux dans le Paris d’Ancien Régime.

D’où la prégnance, au sein de ces collections, des ouvrages relevant des sciences religieuses : bibles et commentaires bibliques, sommes théologiques, sermons, ouvrages liturgiques tels que missels, bréviaires ou livres d’heures dont les Heures du maître de la Mazarine constituent sans doute le plus beau fleuron. Mais l’on y trouvera aussi des manuscrits profanes : auteurs de l’Antiquité, plusieurs copies du Roman de la rose, le Livre de la chasse de Gaston Phœbus ou encore les Chroniques de Saint-Denis. La bibliothèque Mazarine a souhaité accompagner la mise à disposition des images de ses manuscrits par le signalement de ces derniers (qui n’étaient jusqu’alors décrits que dans les volumes du CGM) dans son catalogue informatisé accessible via Internet. Basée sur les notices rédigées à la fin du XIXe siècle par Auguste Molinier, a donc été entreprise la saisie en Unimarc des éléments jugés indispensables à l’identification des manuscrits présents dans Liber floridus.

Du flacon à l’ivresse…

En l’état, Liber floridus propose au spécialiste comme à l’amateur deux types de démarches.

La première offre, à partir du module de présentation des bibliothèques, l’accès via sa cote à l’iconographie d’un codex, par défilement séquentiel des images correspondantes. Celles-ci ont été chargées en format JPEG et en définition moyenne, dans le souci d’éviter un piratage intempestif. La liste complète des cotes rend compte, par cochage, de l’état d’avancement de l’indexation.

En d’autres termes, l’intégralité des images d’enluminures des deux bibliothèques est accessible au public, que les manuscrits aient fait ou non l’objet d’une indexation fine. Pour mémoire, la couverture photographique des deux établissements avait retenu quatre types d’éléments : toutes représentations peintes ou dessinées d’humains ou d’animaux, réels ou imaginaires, quelle que soit leur place dans la page (miniature, lettre historiée ou animée, figuration marginale…) ; un échantillon des éléments décoratifs peints ou dessinés, représentatif des formes et couleurs utilisées par l’enlumineur (lettres ornées ou filigranées, bordures…), l’importance de l’échantillon étant proportionnelle à la richesse de l’illustration du manuscrit considéré ; tous schémas, figures et cartes ornés ou historiés ; toutes armoiries (hormis celles des armoriaux). L’ensemble représente 32 400 images, issues des 1 674 manuscrits enluminés des deux bibliothèques constitutives : 15 145 images (394 manuscrits) pour Sainte-Geneviève, 17 243 images (1 280 manuscrits) pour la Mazarine.

La seconde démarche permet une recherche iconographique multicritère, faisant intervenir troncature (astérisque), opérateurs booléens et termes permutés (une requête en Légende sur « arbre » prendra en compte « Arbre de Jessé » comme « Élagage des arbres ») ; elle permet de croiser, à la faveur d’une même interrogation et de manière transparente pour l’internaute, des données relatives au manuscrit (sous-bases CODEX pour l’unité physique et TEXTE pour l’unité intellectuelle illustrée) et à la représentation (sous-base DECOR) : ainsi par exemple d’une requête portant sur les figurations de « David » dans les « Bibles » du « XIIe siècle ». La saisie d’un terme de recherche s’effectue soit directement dans un champ, soit à partir d’une liste ou d’un thésaurus associé, accessible par bouton en fin de champ.

Rappelons à cet égard que la structure multitable qui sous-tend Liber floridus est calquée sur celle d’Initiale, base iconographique à vocation nationale de l’IRHT, référence scientifique incontournable : l’enluminure est indissociable d’un texte, lui-même tout ou partie d’un support matériel que constitue le codex. L’indexation des unités iconographiques est régie par le Thésaurus iconographique de François Garnier 9, adapté par la SSI (développement d’une typologie de la gestuelle et de l’ornement notamment) et désormais enrichi conjointement. Le site offrait lors de son ouverture 2 054 unités iconographiques définies et indexées par la bibliothèque Sainte-Geneviève (84 manuscrits) et 3 500 par la Mazarine (126 manuscrits).

Un troisième module offert en page d’accueil, qui concerne la commande de reproductions, est à ce jour en cours d’intégration : il présentera, sans prétention normative, les offres, procédures et outils des deux bibliothèques. Si la Mazarine envisage de fournir à la demande impressions de qualité photographique, duplicata de diapositives (pour lesquels elle a récemment adopté, dans un souci d’harmonisation des tarifs, le même prestataire que la bibliothèque Sainte-Geneviève) et fichiers numériques, Sainte-Geneviève souhaite dans un premier temps s’en tenir à l’offre actuellement pratiquée (duplication de diapositives uniquement), dans le souci d’éviter au maximum toute gestion comptable et dans l’attente des conclusions de la remise à plat globale de son secteur Reproduction.

Et plus encore…

Œuvre collective, mais donc aussi produit en devenir, d’autant que l’achèvement du travail d’indexation est escompté à Sainte-Geneviève comme à la Mazarine fin 2004 ; par ailleurs, le dernier lot de données transmis par les bibliothèques (été 2002) est sur le point d’être intégré ; enfin, d’ores et déjà, une évolution se fait jour : les partenaires du programme ayant récemment envisagé de faire coïncider le contenu de la base avec le terme « médiéval » tel qu’énoncé dans son intitulé, le corpus à extraire est pour l’heure en cours de définition.

La bibliothèque Sainte-Geneviève (dont 15 % des manuscrits actuellement affichés seraient éventuellement concernés par cette restriction) ne s’y est pas opposée, considérant qu’elle-même s’apprêtait à offrir au public l’intégralité de sa base propre. Cette ouverture prochaine, assortie d’une mise en ligne sur le site de l’établissement, est toujours restée l’ultime finalité du programme de travail qu’elle a mis en œuvre depuis 1997, et dont Liber floridus constitue un développement aussi adjacent que bienvenu : l’outil accessible in situ sera par définition, et pendant quelque temps encore, plus complet et à jour que celui affiché par le Cines après transit via l’IRHT.

Reste à parfaire… Mener à bien les deux entreprises en cours, certes (sous réserve des nécessaires mises à jour) ; mais aussi leur adjoindre les autres établissements de l’Enseignement supérieur détenteurs de manuscrits enluminés. Si le périmètre de Liber floridus devait s’élargir, il faudrait garder à l’esprit la nécessaire cohérence de l’ensemble, et élaborer dans ce souci un cadre d’action plus incitatif que normatif qui prendrait en compte toutes les étapes du projet, de la campagne photographique aux procédures d’indexation. La SDBD s’y emploie d’ores et déjà.

Enfin, il convient de signaler la mise en ligne quasi-conjointe d’un projet apparenté, piloté par le ministère de la Culture et concernant les collections de manuscrits enluminés des bibliothèques municipales. La base Enluminures (http://www.enluminures.culture.fr), élaborée elle aussi avec le concours de l’IRHT 10, présente avec Liber floridus une différence notoire en ce que, au-delà des variations attendues de navigation et de graphisme, elle propose l’identification des représentations mais pas d’indexation fine. Liber floridus témoigne de ce qu’en la matière, l’Enseignement supérieur français a su, au-delà d’un affichage flatteur, définir un véritable projet scientifique et se donner les moyens de sa mise en œuvre. Ses artisans n’en rougiront pas, et parmi eux la bibliothèque Sainte-Geneviève, présente dans le projet depuis ses prémisses, et qui n’aura pas été, il s’en faut, étrangère à ces choix tactiques initiaux 11.

Décembre 2002

Illustration
Heures à l’usage de Paris, ca 1410-1415 - Annonciation (bibliothèque Mazarine, ms. 469, f° 13).

Illustration
Manuel Philé, De animalium proprietate (grec), 1566 - Cynocéphale (bibliothèque Sainte-Geneviève, ms. 3401, f° 31 v°).

  1.  (retour)↑  Jean Favier, « Nouvelles lumières sur le Moyen Âge », Le Figaro littéraire, 28 novembre 2002.
  2.  (retour)↑  Voir aussi dans ce numéro, p. 148, la critique de Le Moyen Âge en lumière, Fayard, 2002 (Ndlr).
  3.  (retour)↑  Marie-Hélène de La Mure, « La base d’enluminures de la bibliothèque Sainte-Geneviève », BBF, t. 46, n° 1, 2001, p. 124-126.
  4.  (retour)↑  La SDBD contribuait ainsi financièrement à l’acquisition par la bibliothèque Sainte-Geneviève d’un logiciel de gestion de bases de données associé à un imageur, destinés à l’indexation des images en local.
  5.  (retour)↑  À l’heure où nous écrivons ces lignes, la bibliothèque Mazarine vient de se doter d’un logiciel permettant de consulter localement, en haute définition, toutes les images de Liber floridus, avec possibilité de zoom et de déplacement à l’intérieur d’une image. Cet accès aux images seules est effectif à Sainte-Geneviève depuis fin 2000.
  6.  (retour)↑  Charles Kohler, Catalogue des manuscrits de la bibliothèque Sainte-Geneviève, Paris, 1893-1896, 2 vol. et supplément (1893-1913).
  7.  (retour)↑  Amédée Boinet, « Catalogue des miniatures de la bibliothèque Sainte-Geneviève », Revue des bibliothèques, avril-juin 1908, p. 5-43.
  8.  (retour)↑  Amédée Boinet, « Les manuscrits à peintures de la bibliothèque Sainte-Geneviève de Paris », Bulletin de la Société française de reproduction des manuscrits à peintures, n° 5, 1921.
  9.  (retour)↑  François Garnier, Thésaurus iconographique : système descriptif des représentations, Le Léopard d’or, 1984.
  10.  (retour)↑  Enluminures affichait lors de son ouverture 16 810 images issues de 1 218 manuscrits.
  11.  (retour)↑  Les données relatives à la bibliothèque Mazarine ont été fournies par son directeur, Christian Péligry. Qu’il en soit ici remercié.