entête
entête

Une coopération transfrontalière entre les universités du Rhin

EUCOR

Wilfried Sühl-Strohmenger

L’acronyme EUCOR associe d’un côté l’idée de l’Union européenne, et de l’autre l’idée du bien (la diphtongue « eu » signifie « bien » en grec). Quant à la syllabe « cor », elle renvoie au mot latin « cor » ou au terme français « cœur », cœur sans lequel aucune coopération transfrontalière ne serait vraiment possible. EUCOR est donc l’abréviation de « Europäische Konföderation der Oberrheinischen Universitäten » : Confédération européenne des universités de l’Oberrhein 1. Cette confédération s’inscrit dans un réseau plus général de relations et de projets transfrontaliers qui se développent dans cette région de l’Allemagne.

En ce qui concerne les projets transfrontaliers 2, l’Union européenne met, par exemple, à disposition de la région centre et sud de l’Oberrhein d’importants fonds de soutien dans le cadre du troisième programme-cadre INTERREG (2000-2006). Le deuxième programme-cadre, achevé en 1999, disposait de 25 millions d’écus de crédits pour 60 projets développés dans la région ; le premier avait déjà permis d’en soutenir plus de 40. Quant aux bibliothèques de lecture publique, des deux côtés du Rhin, elles ont formé une association de coopération – « Biblio 3 » – dans le cadre de la conférence régionale de l’Oberrhein, et ont notamment publié un guide transfrontalier des bibliothèques 3.

La fondation d’EUCOR

Les nombreuses relations bilatérales qui existaient déjà entre les universités de l’Oberrhein ont débouché, en février 1984, sur la création d’une conférence des recteurs et des présidents des universités de l’Oberrhein. En janvier 1987, s’ensuivit une déclaration commune de ces recteurs et présidents qui préfigura la création formelle d’EUCOR en octobre 1989 4. Les sept universités suivantes ratifièrent la convention : l’université de Bâle, l’université Albert-Ludwig de Fribourg-en-Brisgau, l’université Fredericiana de Karlsruhe, l’université de Haute-Alsace à Mulhouse, les universités Louis-Pasteur, Marc-Bloch et Robert-Schuman à Strasbourg.

Les universités signataires regroupent en tout environ 90 000 étudiants inscrits, auxquels il convient d’ajouter près de 10 000 chercheurs qui profitent déjà de cette coopération (ou qui pourraient en profiter à l’avenir). Dans la mesure où aucune des universités précitées ne peut s’appuyer seule sur des pôles d’excellence hérités de la tradition en matière d’enseignement et de recherche, les universités membres d’EUCOR constituent véritablement pour toutes les disciplines essentielles une communauté utile aux chercheurs et aux étudiants dans toutes les institutions d’enseignement impliquées dans cette coopération 5.

L’organisme exécutif d’EUCOR est une commission qui regroupe les recteurs et les présidents des sept universités contractantes, commission qui se réunit quatre fois par an, et qui choisit en son sein un président (ou une présidente) pour un mandat de deux ans. La convention qui unit les membres d’EUCOR se fixe pour objectif le libre échange en matière de recherche et d’enseignement, tout particulièrement l’utilisation réciproque et sans obstacles des institutions et de leurs offres d’enseignement pour les étudiants des universités-membres, ainsi que la mise en œuvre de programmes d’enseignement et de recherche communs. Le potentiel scientifique et culturel de la région doit voir son utilisation renforcée par une mobilité transfrontalière accrue des chercheurs, des enseignants et des étudiants. A été ainsi lancé un passeport-étudiant EUCOR, qui permet l’utilisation des services des autres universités-membres sans qu’une nouvelle inscription dans ces universités soit obligatoire.

Cette coopération trouve, par exemple, sa traduction concrète dans le cursus commun aux trois pays dans le domaine de la biotechnologie, ou dans un projet de recherche climatologique régionale REKLIP, qui a débouché en 1995 sur la publication d’un atlas climatique régional. Dans le même esprit a été organisé en 1992 à Fribourg un symposium sur les perspectives de développement du droit communautaire et des programmes de formation continue qui a fait l’objet de vidéoconférences entre Fribourg, Bâle et Strasbourg.

En fait, il existe dans toutes les disciplines de nombreux projets communs, incluant l’échange d’enseignants. Par exemple, dans le domaine des neurosciences, le projet en réseau NEUREX qui réunit les universités de Bâle, Fribourg et Karlsruhe, compte même parmi les plus importants programmes mondiaux de cette discipline. Les anglicistes ont regroupé leurs travaux dans le cadre du « Circle of Upper Rhine Linguists » (CURL), dans lequel les mathématiciens des deux côtés du Rhin mettent en commun leurs recherches sur les équations différentielles. Les chercheurs en droit, en médecine, en sciences humaines et en économie organisent eux aussi des activités communes.

Un bureau permanent d’EUCOR, récemment mis en place avec le soutien financier en 2000 du programme-cadre INTERREG, a été installé au sein de l’université Robert-Schuman à Strasbourg.

La coopération entre bibliothèques

Avec la création formelle d’EUCOR, les bibliothèques des universités de la région de l’Oberrhein se sont elles aussi engagées sur la voie d’un échange permanent d’information et d’une coopération régulière 6, bien que les structures documentaires des universités dans le Land de Bade-Wurtemberg, en Alsace et en Suisse diffèrent notablement.

La bibliothèque du Land de Bade à Karlsruhe et la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg, qui, par leur statut et leurs missions, se différencient des simples bibliothèques universitaires, ont cependant dès le début participé activement à la coopération entre bibliothèques dans le cadre d’EUCOR.

La bibliothèque de l’université de Bâle

Avec près de 3 millions de volumes réunissant des fonds et des collections très variés, notamment dans les domaines de l’histoire du livre et de l’imprimerie et de l’histoire de la région de l’Oberrhein, la bibliothèque de l’université de Bâle 7 constitue l’institution documentaire centrale de l’université. Elle remplit les fonctions de bibliothèque de conservation, de bibliothèque de prêt et de bibliothèque centrale au sein de l’université, tout en coordonnant la gestion des bibliothèques spécialisées de médecine, d’économie et de sciences sociales. Depuis 1998, c’est l’université qui finance directement ses activités, mais, en tant que bibliothèque cantonale, l’établissement est ouvert à un large public comme lieu d’information 8.

Ses services 9 sont en grande partie disponibles dans le cadre de la bibliothèque électronique. Celle-ci participe au réseau d’information suisse alémanique (IDS) 10 qui utilise depuis l’automne 2000 le nouveau système ALEPH. Le catalogue en ligne réalisé depuis 1980 recense tous les titres publiés depuis 1940. Environ 300 000 volumes des trente dernières années sont directement disponibles en libre accès.

Toutes les personnes de plus de 14 ans disposant d’une résidence principale ou secondaire en Suisse, dans le Land de Bade ou en Alsace, sont autorisées à utiliser les services de la bibliothèque.

La bibliothèque de l’université de Fribourg-en-Brisgau

La bibliothèque de l’université de Fribourg-en-Brisgau conserve un fonds de plus de 3,2 millions de volumes et, dans les décennies passées, s’est développée comme un centre documentaire à l’efficacité reconnue au sein de l’université Albert-Ludwig 11.

Elle enrichit, depuis sa création, un fonds régional constitué de collections anciennes, régulièrement accrues, portant sur la région de l’Oberrhein. Depuis longtemps, elle s’est engagée dans des relations avec les autres bibliothèques de la région 12. À la suite de la création au sein de l’université de l’Institut pour les études françaises, les fonds en rapport avec ce sujet, parmi lesquels d’importantes collections de périodiques et de documents parlementaires des XIXe et XXe siècles sur microfiches, sont en permanence enrichis 13. Il faut ainsi mettre l’accent, d’une part sur un fonds de référence présent dans les salles de lecture – près de 140 000 volumes, 1 862 titres de périodiques courants (dont les 20 dernières années, sous forme reliée, sont disponibles sur les étagères) –, et d’autre part sur un fonds en libre accès d’environ 470 000 volumes, dont près des trois quarts peuvent être empruntés.

Les services tels que le catalogue en ligne, le système de prêt, les services d’information générale ou spécialisée, incluant les bases de données électroniques dans le cadre du système « ReDI », sont accessibles via Internet 14. Peuvent s’inscrire aussi bien les membres de l’université que les habitants âgés de plus de 18 ans (à partir de 16 ans avec l’autorisation des parents). L’usage de la bibliothèque et le prêt des documents sont gratuits.

La bibliothèque du Land de Bade

Fondée par le Margrave de Bade vers 1500, la bibliothèque du Land de Bade met son million et demi de volumes au service de ses missions culturelles et muséales et de son offre de documentation et d’information pour la région de l’Oberrhein 15. La bibliothèque reçoit et conserve le dépôt légal pour le Land de Bade et contribue de ce fait à la confection de la bibliographie régionale, indispensable pour les projets d’étude et de recherche transfrontaliers portant sur la civilisation et l’histoire de la région.

Depuis 1992, elle se présente à ses usagers dans une nouvelle construction conçue par Oswald Mathias Ungers. Ce bâtiment abrite une médiathèque moderne, une salle de lecture réservée aux fonds musicaux et une vaste salle de lecture destinée aux manuscrits. Les fonds les plus récents – à partir du milieu des années quatre-vingt – font l’objet d’un signalement en ligne ; pour les fonds et les collections plus anciens, il est nécessaire de recourir à un catalogue sur fiches. L’utilisation de la bibliothèque est gratuite ; toutefois une carte d’utilisateur, délivrée immédiatement sur présentation d’une pièce d’identité, est nécessaire pour emprunter des documents.

La bibliothèque de l’université de Karlsruhe

Fondée en 1825, avec le statut de bibliothèque de l’école polytechnique, la bibliothèque de l’université de Karlsruhe compte à présent plus de 880 000 volumes consacrés aux techniques et aux sciences de la nature. Il faut signaler qu’elle conserve dans sa salle de lecture une collection complète des normes allemandes en vigueur (DIN) et de directives techniques. Bibliothèque centrale des bibliothèques de l’université, elle joue le rôle de centre de fourniture d’information et de documentation pour toute l’université.

Son offre très riche en matière de ressources électroniques et de services sur Internet en fait une bibliothèque fort utilisée de l’extérieur via le réseau 16. Sa réalisation la plus remarquable est constituée par le « Karlsruher virtuelle Katalog » (KVK), mis en service en 1996 comme le premier catalogue virtuel dans le monde. Il comprend non seulement les principaux catalogues allemands, mais encore d’autres tout aussi importants : les catalogues suisses et français de la région. En outre, cette bibliothèque développe une offre pluridisciplinaire de périodiques électroniques, ainsi qu’un système de fourniture électronique de documents (LEA) 17 et une base d’archives en texte intégral.

En tant que bibliothèque scientifique de prêt largement ouverte, la bibliothèque de l’université de Karlsruhe est accessible non seulement aux membres de l’université, mais aussi aux habitants de la région et aux membres des autres universités du réseau EUCOR. Pour le prêt et l’utilisation sur place des postes d’accès à Internet, une carte de lecteur est nécessaire, mais l’usage de la bibliothèque et l’emprunt des documents sont gratuits.

L’université de Haute-Alsace

La bibliothèque de l’université de Haute-Alsace 18 – université créée en 1977 – est implantée sur deux sites : l’un à Mulhouse, sur le campus d’Illberg, et l’autre à Colmar, auprès de l’Institut universitaire de technologie.

Du fait même d’une histoire encore brève, elle se trouve en cours de constitution et d’organisation également en ce qui concerne ses collections – aujourd’hui 115 000 monographies et 1 970 titres de périodiques courants – proposées pour l’essentiel en libre accès. Leur centre d’intérêt majeur concerne les domaines des sciences et techniques et, à un degré moindre, ceux de l’informatique et de la gestion des entreprises. Les collections en sciences humaines, sciences sociales, droit et économie sont en cours de constitution.

S’y est ajoutée la bibliothèque de la Société industrielle de Mulhouse (SIM), installée au cœur de la ville et qui possède d’intéressants fonds d’histoire des sciences, des techniques et des entreprises. Des projets prévoient que ces bibliothèques disposeront de nouvelles constructions dans les années qui viennent, et que les équipements mulhousiens seront regroupés.

Pour les étudiants membres des universités du réseau EUCOR, l’utilisation des services de la bibliothèque est gratuite. En outre, ils ont à leur disposition un réseau de cédéroms encyclopédiques, le service de prêt entre bibliothèques et un espace d’initiation à l’informatique ouvert à des groupes d’étudiants avec la médiation d’un enseignant ou d’un tuteur.

Les trois universités de Strasbourg

Les trois universités de Strasbourg – l’université Louis-Pasteur (ULP), l’université Marc-Bloch (UMB) et l’université Robert-Schuman (URS) – sont représentées, en ce qui concerne l’ensemble des ressources documentaires, par leurs « services communs de la documentation » (SCD) respectifs, créés en 1985 par la loi Savary 19. Les SCD ont vocation à coordonner un grand nombre de bibliothèques intégrées ou associées situées dans différents instituts ou facultés. Au nombre de leurs missions, il faut compter la coordination de tout le secteur documentaire de l’université, la production et la diffusion de l’information nécessaire à l’enseignement et à la recherche, la formation des utilisateurs, l’évaluation des services offerts et la participation aux catalogues collectifs nationaux.

Les SCD reçoivent leurs moyens de fonctionnement, d’une part du ministère compétent, d’autre part de leur université, entre autres via les frais d’inscription des étudiants, ainsi que des institutions de recherche, et enfin, éventuellement, du secteur privé (par exemple les banques). Les budgets d’acquisition s’élèvent pour l’université Robert-Schuman depuis 1996 à environ 2,5 millions de francs par an, et pour l’université de Mulhouse en 1998 à 2,7 millions de francs.

Comme à Mulhouse, les bibliothèques des trois universités sont des constructions récentes et leurs infrastructures techniques ont été modernisées ou réhabilitées. En attestent les universités Louis-Pasteur et Robert-Schuman, qui, en 1994, ont pu bénéficier d’un nouveau bâtiment pour la bibliothèque de sciences juridiques, bibliothèque de recherche créée par la réunion de cinq anciennes bibliothèques d’instituts.

Pour les étudiants de Fribourg, Karlsruhe et Bâle, l’utilisation des fonds en libre accès des bibliothèques des trois universités strasbourgeoises est gratuite ; en revanche, l’emprunt de documents est soumis à des conditions différentes suivant les bibliothèques. Dans tous les cas, outre la présentation d’une carte d’étudiant d’une des universités membres d’EUCOR, la production d’un document signé par le professeur dirigeant la recherche de l’étudiant peut s’avérer utile.

La bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg

Après la création en 1992 des nouveaux SCD pour les trois universités strasbourgeoises, la bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg (BNUS) s’est concentrée de manière encore renforcée sur son rôle de bibliothèque encyclopédique de recherche 20 et forme ainsi avec les trois SCD de Strasbourg le réseau documentaire informatisé strasbourgeois 21. Ce partenariat volontariste, constitué dans le cadre du pôle européen de Strasbourg par les membres des universités et les administrations locales, a, depuis 1996, pour objectif essentiel de développer un catalogue collectif informatisé.

La BNUS conserve plus de 3 millions de volumes, parmi lesquels des fonds anciens de très grande valeur et une très importante collection d’Alsatica, sur laquelle s’appuie la Bibliographie alsacienne 22, proposée sous forme informatisée depuis 1983. Les pôles d’excellence documentaire développés par la BNUS concernent la civilisation allemande et les sciences religieuses, mais également l’Europe.

Objectifs, formes et résultats de la coopération

La coopération entre les bibliothèques membres d’EUCOR a pour objectif d’offrir aux membres des différentes universités de ce réseau l’utilisation réciproque, sans obstacles et gratuite, des bibliothèques et de leurs services de base. Elle envisage à l’avenir des projets communs dans le domaine de l’échange d’informations catalographiques et des ressources électroniques, et cherche à développer un échange permanent d’informations sur les nouvelles réalisations des bibliothèques membres du réseau.

Au cours des années passées, ces différents objectifs ont été régulièrement concrétisés. À cet effet, l’organe exécutif qui réunit les responsables des différentes bibliothèques prend toutes les mesures nécessaires de manière consensuelle. Deux fois par an, au printemps et à l’automne, les directeurs et directrices se rencontrent dans un lieu différent à chaque fois.

Les résultats obtenus jusqu’à présent par la coopération dans le cadre d’EUCOR se sont traduits par la création d’un EUCOR-OPAC 23 (sur le modèle du catalogue KVK de Karlsruhe), par la publication d’un guide des bibliothèques membres d’EUCOR, et par la parution régulière d’une lettre d’information. L’exposition consacrée à Sebastian Brant en 1994 peut également être mise au nombre des grandes réussites coopératives.

Donc, selon le modèle de leur catalogue virtuel, les bibliothécaires de Karlsruhe ont développé un OPAC-EUCOR qui se présente comme un catalogue collectif proposé avec une interface bilingue, accessible sur le web. S’y trouvent inclus les catalogues du réseau des bibliothèques de Suisse alémanique (Bâle et Berne), des universités de Fribourg et Karlsruhe, de la bibliothèque du Land de Bade, des catalogues des bibliothèques des trois universités de Strasbourg, ainsi que ceux de la BNUS et de l’université de Mulhouse.

Les bibliothèques du réseau sont présentes sur le site web d’EUCOR 24 avec leurs guides d’utilisation, des renseignements sur leurs collections et des services liés aux ressources électroniques. À partir des informations contenues dans le guide en ligne des bibliothèques membres d’EUCOR, un lien permet d’accéder directement à la page d’accueil du site de chaque bibliothèque, en cas de recherche d’informations plus précises. Par ailleurs, l’accessibilité et les possibilités d’utilisation de ces bibliothèques par les étudiants handicapés ont fait l’objet d’une enquête spécifique conduite par l’université de Karlsruhe 25.

En 1994 a été publié pour la première fois sous forme imprimée un guide des bibliothèques membres d’EUCOR, dans lequel sont présentées aussi bien les bibliothèques centrales que les institutions de chaque réseau accessibles aux membres d’EUCOR. Une deuxième édition imprimée a suivi en 1997, qui a été parallèlement mise en ligne sur le site web d’EUCOR.

Depuis 1992, est publiée deux fois par an en moyenne une lettre d’information (EUCOR-Bibliotheksinformationen/EUCOR-Informations des bibliothèques) qui réunit des contributions des différentes bibliothèques, rédigées dans la langue du pays d’origine, mais comportant, depuis le numéro 5, un résumé dans l’autre langue (français ou allemand suivant les cas) 26. Les bibliothèques membres d’EUCOR participent à cette publication, jusqu’à présent de manière remarquablement active, si bien qu’un très large spectre de sujets a déjà pu être abordé, sujets qui jouent un rôle important dans la coopération transfrontalière, comme le catalogage partagé, l’introduction des documents audiovisuels et électroniques, le réseau de coopération suisse alémanique ou la Bibliographie alsacienne.

L’avenir de la coopération

En s’appuyant sur les acquis, aujourd’hui solides, de la coopération entre les universités et les bibliothèques de la région de l’Oberrhein, il s’agira maintenant dans les années à venir d’améliorer les possibilités d’utilisation sur place des différentes institutions, d’offrir un nombre accru de services sur Internet et de proposer orientation et conseils personnalisés aux étudiants et aux chercheurs des universités membres d’EUCOR. Concrètement, lors de la réunion des directeurs des bibliothèques membres au printemps 1999, il a été convenu d’engager des échanges d’informations réguliers entre les consortiums d’abonnement à des périodiques électroniques existant en Suisse, dans le Land de Bade et en Alsace. On pourrait imaginer par exemple la création d’un consortium transfrontalier pour la négociation de licences de banques de données. Dans la perspective d’un transfert de connaissance et d’information, ces nouvelles possibilités de coopération seraient à examiner avec les acteurs économiques des trois pays.

En résumé, priorité devra être donnée aux mesures qui visent à améliorer l’utilisation des bibliothèques sur place et à rendre plus aisé le recours aux ressources électroniques pour les étudiants et les chercheurs des universités membres d’EUCOR. Un autre projet transfrontalier concret consisterait à engager la numérisation des fonds de journaux anciens les plus importants de la région de l’Oberrhein en recourant au soutien du programme-cadre européen INTERREG III.

  1.  (retour)↑  Traduit de l’allemand par Dominique Arot
  2.  (retour)↑  Traduit de l’allemand par Dominique Arot
  3.  (retour)↑  Note du traducteur : Pour désigner « l’euro-région » concernée par ce programme de coopération, on a conservé la dénomination allemande « Oberrhein », préférable à la traduction française littérale « Rhin supérieur », ou à l’utilisation de « Haut-Rhin » qui désigne déjà un département précis dans l’espace français.
  4.  (retour)↑  Il faut mentionner ici la coopération entre bibliothèques dans la zone transfrontalière Meuse-Rhin qui a fait l’objet d’un guide imprimé : Bibliotheken in der Euroregio Mass-Rhein : Adressen, Bestände, Öffnungszeiten, Dienstleistungen, réd. par Bernd Küppers, Jülich, Zentralbibliothek des Forschungszentrums, 1998. Accessible sur Internet : http://www.kfa-juelich.de
  5.  (retour)↑  Ute Maria Laug, « Biblio 3 : Beispiel einer internationalen bibliothekarischen Kooperation in Rahmen der staatlichen Oberrheinkonferenz », Bibliothek, Forschung und Praxis, 1998, n° 22, p. 332-336.
  6.  (retour)↑  Bernhard Schröder, EUCOR-Europäische Konföderation der Oberrheinischen Universitäten, p. 5-9.
  7.  (retour)↑  Les pages web d’EUCOR peuvent être consultées à l’adresse : http://www.ub.uni-freiburg.de/eucor/
  8.  (retour)↑  Cette coopération est présentée en détail dans l’article de Wilfried Sühl-Strohmenger : « 10 Jahre EUCOR-Kooperation am Oberrhein », 89. Deutscher Bibliothekartag in Freiburg im Breisgau 1999, Grenzenlos in die Zukunft, sous la dir. de Margit Rützel-Banz, Zeitschrift für Bibliothekswesen und Bibliographie, Sonderheft, n° 77, p. 15-30.
  9.  (retour)↑  Cf. entre autres Fredy Gröbli, « Basels Stellung im schweizerischen Bibliothekswesen (Parties I et II) », EUCOR-Bibliotheksinformationen, 1995, n° 7, p. 35-44, et 1996, n° 8, p. 11-27.
  10.  (retour)↑  Für alle(s) offen : Bibliotheken auf neuen Wegen, Basel, Öffentliche Bibliothek der Universität, 1995.
  11.  (retour)↑  Cf. Christoph Ballmer, « Ein Nachmittag in Basel : die Kulturstadt im Dreiländereck », EUCOR-Bibliotheksinformationen, 1999, n° 13, en particulier p. 12.
  12.  (retour)↑  Cf. Hannes Hug, « UB Basel im neuen Bibliotheksverbund der Deutschschweizer Hochschulen », EUCOR-Bibliotheksinformationen, 1997, n° 11, p. 29-31.
  13.  (retour)↑  Cf. Die Universitätsbibliothek Freiburg : Perspektiven in den neunziger Jahren, sous la dir. de Bärbel Schubel, Schriften der Universitätsbibliothek Freiburg im Breisgau ; n° 17. Et aussi Wilfried Sühl-Strohmenger, « Kooperation geht vor ! : das Bibliothekssystem der Universität Freiburg », Buch und Bibliothek, 1999, n° 51, tome 5, p. 297-302.
  14.  (retour)↑  Cf. Wilfried Sühl-Strohmenger, « Die Beziehungen der Universitätsbibliothek Freiburg zu den Bibliotheken am Oberrhein », Die Universitätsbibliothek Freiburg, op. cit., p. 173-183.
  15.  (retour)↑  Cf. Hannsjörg Kowark, « Frankreich-Schwerpunkt in der Universitätsbibliothek Freiburg : CD-ROM, Zeitungen, Parlamentaria », EUCOR-Bibliotheksinformationen, 1993, n° 2, p. 31-39.
  16.  (retour)↑  Cf. les articles parus dans Elektronische Dienste für Studium und Wissenschaft, sous la dir. de Bärbel Schubel et Wilfried Sühl-Strohmenger, Expressum Informationen aus dem Freiburger Bibliothekssytem, Sonderausgabe, Freiburg, Universitätsbibliothek, 1998.
  17.  (retour)↑  Cf. la présentation complète de cette bibliothèque dans l’article de Martina Rebmann, « Die Badische Landesbibliothek : ein oberrheinisches Informations- und Kulturzentrum », EUCOR-Bibliotheksinformationen, 1999, n° 13, p. 16-25.
  18.  (retour)↑  Michael Mönnich, « Universitätsbibliothek Karlsruhe », EUCOR-Bibliotheksinformationen, 1999, n° 13, p. 26-31.
  19.  (retour)↑  Diana M. Tangen, Günter Radestock, « Das lokale elektronische Aufsatzliefersystem LEA : ein erfolgreiches Pilotprojekt zur Einführung der elektronischen Dokumentlieferung an der Universität Karlsruhe », EUCOR-Bibliotheksinformationen, 1997, n° 11, p. 32-37.
  20.  (retour)↑  Pierre Chourreu, « Une nouvelle bibliothèque pour l’université de Haute-Alsace », EUCOR-Informations des bibliothèques, 1992, n° 1, p. 11 et suivantes. Philippe Russell, « La bibliothèque de l’université de Haute-Alsace », EUCOR-Informations des bibliothèques, 1999, n° 13, p. 32-36.
  21.  (retour)↑  Dominique Baudin, « Le service commun de la documentation de l’université Robert-Schuman à Strasbourg », EUCOR-Informations des bibliothèques, 1999, n° 13, p. 45-55.
  22.  (retour)↑  Gérard Littler, « Nouvelles orientations de la BNUS », EUCOR-Informations des bibliothèques, 1993, n° 2, p. 9-12.
  23.  (retour)↑  Simone Lamarche, « Le réseau documentaire informatisé de Strasbourg », EUCOR-Informations des bibliothèques, 1996, n° 9, p. 9-12.
  24.  (retour)↑  Ludger Syré, « Die Bibliographie alsacienne : eine Bildschirmtext-Datei für Bücher und Bilder », EUCOR-Bibliotheksinformationen, 1992, n° 1, p. 25-29.
  25.  (retour)↑  Uwe Dierolf, Michael Mönnich, « EUCOR-OPAC auf Basis des Karlsruher Virtuellen Katalogs », EUCOR-Bibliotheksinformationen, 1997, n° 10, p. 37-42.
  26.  (retour)↑  http://www.ub.uni-freiburg.de/eucor/bib/
  27.  (retour)↑  Diana M. Tangen, « Zugänglichkeit und Nutzung der EUCOR-Bibliotheken für behinderte Studierende », EUCOR-Bibliotheksinformationen, 1997, n° 10, p. 49-55.
  28.  (retour)↑  EUCOR-Bibliotheksinformationen/ EUCOR-informations des bibliothèques, Red. Wilfried Sühl-Strohmenger, Freiburg im Breisgau, Universitätsbibliothek 1992-.