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Editorial

L' université française a traversé en novembre et décembre derniers l’une des crises qui ponctuent son histoire. Les Étudiants en furent les protagonistes, et les principaux acteurs. À l’origine de leur malaise, sans doute la crise sociale tout entière comme le rappellent les deux présidents d’université. Plus inquiets que les generations precedents face à un avenir qui ne s’annoncent pas rose, les étudiants veulent étudier dans des conditions décentes. Or, les choix qui ont été faits de mener au bac et à l’enseignement supérieur une partie importante de la jeunesse n’ont pas toujours été accompagnés des mesures qui auraient dû nécessairement s’imposer. Qui dit croissance de la population étudiante dit bien sûr, et beaucoup plus que cela n’a été fait depuis vingt ans, investissements nouveaux en équipements, enseignements, enseignants.

Les bibliothèques sont, comme les autres services de l’université, confrontées à un ensemble d’exigences parfois insurmontables.

Partout la tension entre les besoins de l’université de masse et ceux de la recherche est une négociation constante, dont les arbitrages sont délicats, tant ces deux exigences sont légitimes. Tantôt, on ouvre de nouvelles universités dans lesquelles la documentation de base doit être constituée à- partir de rien ou de peu, en des délais très courts. Ailleurs, on tente de répondre aussi aux besoins de la recherche en perfectionnant et rationalisant l’offre. Partout l’amélioration des réseaux existants est une voie de passage obligée.

Les bibliothécaires sont de plus en plus confrontés à une population dont l’ attente est aussi multiforme que les besoins sont intenses. Par où, alors, faut-il commencer ? Et comment ?

La situation française est ici mise en perspective avec les choix effectués dans d’ autres pays. Dans les exemples évoqués, la situation est malgré tout plus favorable et les dépenses en documentation témoignent de l’importance accordée à la nécessité de l’auto-apprentissage, de la recherche personnelle, continuant et prolongeant l’enseignement magistral. Mais en Allemagne comme en Grande-Bretagne, au Québec comme au Japon, la récession économique affaiblit la documentation. Partout, les investissements diminuent et des trésors d’ingéniosité doivent être dépensés pour que coopération et modernisation viennent relayer et soutenir une situation parfois difficile.

En France comme ailleurs, les bibliothécaires des établissements d’enseignement et de recherche déploient une énergie inlassable pour faire. comprendre que de la qualité des services qu’ils sont en mesure d’offrir dépend aussi la qualité du niveau intellectuel et professionnel de la société tout entière.