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Censures

de la Bible aux larmes d'Eros

Paris : BPI, 1987. - 216 p.; 30 cm.
ISBN 2-85850-393-1 : 220 F.

par Huguette Rigot

Censures. Pourquoi ce pluriel alors que le singulier, la censure, nous est si familier, si quotidien, si connu ? Peut-être parce que, pour ne pas en rester à un certain stade de généralisation, de considérations éthiques, même si nous ne pouvons ou ne devons jamais dissocier censure et morale, il fallait montrer par une exposition, mais aussi et surtout par le catalogue qui la présente, l'accompagne, la rend publique, que la censure, par ses témoins ou sujets de prédilection (la religion, la politique et les bonnes mœurs). par ses agents (censeurs de profession comme d'occasion, prescripteurs de tous ordres), par ses moyens d'expression dans lesquels l'écrit joue un rôle fondamental, était l'affaire de tous. Au travers d'époques diverses. lointaines comme trop proches pour que nous restions indifférents, de cultures, de religions différentes, tous ceux ayant eu ou ayant un rapport à l'écrit et au savoir - auteurs, lecteurs -, à la production et à la diffusion de l'écrit, sont concernés comme producteurs de censures : discours sur l'œuvre d'autrui ou gardiens frileux de sa propre pensée, comme victimes de censures.

La censure est en nous

Ce pluriel doit nous faire sortir de l'anonymat, doit nous permettre de rencontrer des faits, des hommes censeurs ou censurés, des écrits. Ce n'est que par cet apparent détour ou panorama de l'étendue et de la généralisation de ce phénomène qu'on peut arriver à comprendre ce que nous rappelle Robert Badinter dans son avant-propos : la censure est en nous. Elle est la règle du fonctionnement des individus comme systèmes politiques, l'exception en est la liberté, la démocratie. Ce retour d'analyse sur les censures passées comme présentes doit nous rappeler un moment capital dans notre histoire occidentale : les Lumières, qui nous ont libérés non de la censure mais de sa légitimité... Si aujourd'hui des exemples de censures pèsent sur notre présent... et notre avenir donc, nous savons que la réaction n'est pas uniquement dans la censure en retour de l'écrit ou du propos de l'autre, mais dans la tolérance et la liberté à affirmer, à reconquérir par l'expression de chacun et comme système de communication. Reste la peur des faibles mais aussi des pouvoirs, la peur des censeurs et l'autre peur, celle de ceux qui sont menacés, réprimés dans leur vie comme dans leur pensée, la peur des censurés.

Qu'on se rassure ou qu'on s'inquiète. la censure a ses lettres de noblesse : un des best-sellers des livres censurés est La Bible... le livre par excellence ou par définition. C'est ce que nous rappelle fort justement Pierre Aquilon dans son article. La Bible, que ce soit au travers de ses commentaires comme de ses traductions françaises (ou pire allemandes avec Luther), est au coeur des débats qui inaugurent l'usage de l'imprimé comme moyen de communication, qui opèrent une redistribution des pouvoirs entre politique et religieux et redéfinissent les rapports entre Dieu et les croyants via l'écriture, donc la lecture. Débats qui vont agiter l'Occident pendant quelques siècles. Mais, ne faisons pas d'ethnocentrisme : le judaïsme, autre religion du livre brûlé suivant le commentaire de Patrick Girard, a connu sa fièvre d'intolérance qui s'est polarisée sur le Talmud et son interprétation. Les savants hébraïques, ne pouvant parvenir à une conciliation, ont porté le débat chez les Gentils en s'adressant au pape. Franciscains et Dominicains en pleine répression de l'hérésie cathare ont pu intervenir en professionnels de la censure ou de l'Inquisition et mettre bon ordre dans les affaires juives. Résultats exemplaires ; première mesure : examen du contenu des écrits hébraïques ; mesure finale : confiscation et destruction de tous les livres juifs. Il a fallu attendre la Révolution française pour voir, du moins en théorie, la suppression des mesures discriminatoires contre les juifs.

Du côté politique, Anne Machet attire notre attention sur un fait d'exception: jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, Venise n'a pas pratiqué la censure. La sérénissime République, tant au niveau politique qu'au niveau commercial, s'est constitué une idéologie de libre production et circulation des idées et des écrits : une exception de taille dans une Europe où pouvoirs religieux et politique se disputaient la responsabilité du contrôle et de la répression des mauvais ouvrages. Beaucoup plus près de nous, la censure en Russie d'abord et en URSS ensuite s'est établie en véritable système de non-communication et de pouvoir dont Efim Etkind nous donne la clé : le non-dit ou la rétention d'information. Le pouvoir politique, voulant agir sur l'information, interdit à la mémoire d'exister. Alors, pour ceux qui savent, restent les allusions pour dire quand même. Alors, pour ceux qui créent, reste à passer les obstacles de l'édition : l'auteur de l'article parle de treize étapes à franchir pour publier un manuscrit... de quoi décourager ou niveler la création.

La France a connu une époque difficile avec la guerre d'Algérie. Guerre, donc limitation de la liberté d'expression et de la presse pour des raisons de sécurité; mais l'Algérie de 1954 à 1962, ce ne sont que des événements, alors pourquoi une censure s'il n'y a pas atteinte à la sécurité des citoyens ? En fait, le problème posé par les écrits de cette période ne concerne pas la sécurité, mais la torture et le comportement de l'armée française, d'où la difficulté de définir des motifs légaux de censure. Pourtant, deux éditeurs sont particulièrement visés : les Editions de Minuit et Maspéro, ainsi que des auteurs, parmi lesquels Henri Alleg vient en tête. La censure connue par la France des années 60 est un archaïsme qui vise là aussi à différer l'information, à l'étouffer, qui vise à éloigner l'opinion publique de l'événement.

Au fil des censures

C'est avec un article d'Odile Krakovitch que nous abordons, via le théâtre au XIXe siècle, la censure qui porte sur les bonnes mœurs. Beaucoup d'entre nous ont du mal à se rappeler les enjeux culturels mais surtout sociaux portés par le théâtre au XIXe siècle. Ce siècle, qui, du point de vue politique, a navigué de Révolution en Restauration, de liberté d'expression en censure, nous rappelle que la censure qui affecte le théâtre a deux dimensions : elle porte sur les textes mais aussi sur le spectacle. Le théâtre est un lieu où ce qui se joue sur scène a au moins autant d'importance que ce qui se joue dans la salle par le mélange ou la séparation des publics d'origines sociales différentes. Si chaque auteur ou chaque texte est prêt à déclencher une petite bataille d'Hernani et ainsi à appeler la répression, la solution réelle sera trouvée pendant le Second Empire, non par une censure des textes, mais par une réforme des représentations qui a opéré un changement dans le recrutement social du public et dans son comportement. Le public populaire préfère « les barrières du plaisir », les bals, les cafés-concerts et le public bourgeois, les théâtres où se jouent les vaudevilles.

Mais au travers de la succession des articles présentant les thèmes chers à la censure : la religion, la politique et les bonnes mœurs, succession qui peut suggérer une chronologie des sujets censurés, je serai tentée d'énoncer une évidence : là non plus il n'y a pas d'acquis, nous n'avons pas affaire à un continuum qui irait de la religion aux bonnes mœurs en passant par la politique; la censure religieuse n'est pas une affaire du passé, l'actualité n'est pas porteuse que de débat sur la pornographie et le sida. Du côté des censeurs, depuis le XVIIIe siècle, la censure est devenue une affaire strictement politique, même s'il a fallu deux siècles (le XVIe et le XVIIe) pour que le pouvoir royal gagne sur le pouvoir religieux. Catherine Blangonnet nous précise bien l'organisation mais aussi la désorganisation du système de contrôle de la production de l'imprimé au XVIIIe siècle.

Par contre, avec Pascal Fouché, nous avons la présentation de la dernière et de la plus vaste entreprise politique de censure : la constitution des listes Otto pendant l'occupation nazie de la France. Ces listes, qui, améliorées, ont fini par interdire la vente mais aussi l'édition d'ouvrages anti-allemands, de livres écrits par des juifs, ainsi que d'ouvrages appartenant aux littératures anglaise, américaine et russe. Ces mesures ont été complétées par des saisies (et on peut supposer qu'ainsi 2150000 livres en ont été victimes), mais aussi par une surveillance de la production par le biais d'une commission de contrôle du papier qui attribuait du papier aux éditeurs pour un tirage donné et après lecture des manuscrits. Un contrôle efficace donc, qui pèse sur toutes les étapes de la production et de la diffusion du livre passé comme présent, contrôle refusé par une majorité d'écrivains français qui renoncent à publier ou qui s'expriment par la fiction ou la poésie pour contourner la censure.

Les acteurs de la censure

James K. Farge nous rappelle qu'avant le XVIIIe siècle la censure n'a jamais été contestée. Par contre. l'autorité habilitée pour opérer ce contrôle et cette répression a été l'objet d'une lutte farouche entre trois institutions du XVIe au XVIIIe siècles : la Faculté de Théologie de Paris qui examinait le contenu des livres, le Parlement de Paris qui faisait exécuter les sentences et le pouvoir royal. Si ce dernier a fait preuve d'un certain libéralisme par rapport aux deux autres institutions. François 1er, après l'affaire des Placards, rattrape le temps perdu et, en 1535, supprime l'imprimerie, décision quelque peu excessive et qui n'est pas applicable, mais qui fait néanmoins fuir les imprimeurs protestants à Genève.

L'année 1551, avec l'édit de Chateaubriand, constitue une date importante puisque c'est le moment de l'apogée de la collaboration entre le roi, le Parlement et la Faculté en matière de contrôle de la production d'écrits. Collaboration qui ne fera que se dégrader jusqu'au XVIIe siècle, qui voit la victoire du pouvoir royal sur les deux autres institutions et dont l'ambition est de tout contrôler et de tout surveiller. Mais l'Eglise, notamment par la voix romaine, entend intervenir dans ce contrôle après le Concile de Trente, par la mise en place d'un Index de livres censurés, dont la dernière édition date de 1948.

Aux XIXe et XXe siècles, quels sont les principaux censeurs ou prescripteurs ? L'Etat ou l'Eglise ? L'Etat est présent, nous l'avons vu précédemment, mais a besoin d'intermédiaires suivant le type de contrôle qu'il veut exercer et suivant les individus qu'il veut protéger. L'école, mais, aussi les bibliothèques, sont des intermédiaires précieux comme les ligues de moralité que le XIXe a vu naître. Annie Lamarre, dans son article sur les ligues de moralité, cherche à comprendre ce que représentait à l'époque la « chose obscène ». Il n'y a pas de définitions données par le législateur : tout ce qu'on sait, c'est que cela a un rapport avec la chair, l'excitant et le défendu. Certains hommes de progrès veulent s'organiser pour avertir leurs concitoyens de la menace, de la contagion : la pornographie est comme une maladie, il faut la traiter comme telle et surtout traiter le corps social. Cette interprétation n'est pas uniquement française, les ligues de l'hexagone sont influencées par l'ASLI, ligue suisse d'obédience protestante. Leur action pour lutter contre ce fléau social passe par un appel à la censure et à la répression auprès des pouvoirs publics; parmi les notables ligueurs figure Jules Simon, chef du gouvernement en 1876. L'école peut constituer un remède surtout pour toucher les classes laborieuses, aussi ces ligues fondent-elles des écoles, des bibliothèques et des universités populaires.

Sites d'action

Côté école, Jean Hébrard nous présente la mise en place dès le Moyen Age d'un système éducatif qui insiste plus sur la constitution d'un modèle de transmission de la culture textuelle que sur un système de répression. Hormis la période trouble où Université et pouvoir royal sont entrés violemment en concurrence dans la définition de l'orthodoxie religieuse (du XIIIe au XVIIe siècles). c'est par les moyens de transmission du savoir que s'opèrent le contrôle des esprits et la reproduction même de ce savoir en évitant les contestations. La Révolution induit peu de changements. L'Etat intervient, certes, dans la réglementation du contenu des savoirs, mais en s'en tenant au maintien des formes traditionnelles. Le XIXe siècle passe surtout des listes de livres autorisés dans les classes aux listes de livres interdits. La première moitié de ce siècle voit l'invention du livre scolaire remplaçant les abécédaires et les catéchismes utilisés jusqu'alors. Mais l'accent est surtout mis sur la formation des maîtres. Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, la situation de l'école change, elle devient un enjeu politique : on assiste à la mise en place d'index de livres interdits. L'école est un intermédiaire sensible quand un consensus social est en passe d'être rompu, quand elle devient un enjeu pour une redistribution sociale et politique.

Les bibliothèques publiques posent à celui qui veut pister la censure deux types de problèmes : la censure peut être exercée par les différents partenaires qui font exister cette structure. Le premier auquel on pense, c'est bien évidemment le bibliothécaire qui, parce qu'il a pour fonction d'acheter des livres, doit opérer un choix, une sélection, et, pourquoi pas, une censure. Mais, par ce choix, il peut aussi limiter le nombre d'ouvrages qui entrent dans sa bibliothèque mais aussi le nombre des lecteurs; or, moins il y a de lecteurs et moins le contrôle des esprits est difficile. Le bibliothécaire peut aussi décourager l'accès au livre ou le limiter par un système de marquage ou par l'accès semi-direct au document. L'autorité de tutelle, deuxième partenaire, peut aussi intervenir, témoignant ainsi de la méfiance envers son personnel, et interdire soit des titres ou des éditeurs, soit contrôler les listes d'acquisition et différer celles-ci. Le lecteur, troisième partenaire, peut aussi censurer certains livres en les empruntant systématiquement, en les volant, en les découpant. Une bibliothèque est le reflet d'une société, d'un groupe humain, tant par les collections qu'elle propose que par les comportements qu'elle induit. que par la politique de partenariat (personnel de la bibliothèque, lecteurs/autorité de tutelle) qu'elle autorise.

Les censurés

La troisième partie du catalogue pose non plus le problème des censures du point de vue des thèmes ou des acteurs même de la répression, mais du point de vue de ceux qui entretiennent une relation étroite avec le livre censuré ou non, les lecteurs mais aussi les auteurs. Qu'il est difficile de parler des lecteurs du passé, de leur sociologie. de leur manière de lire, de leur goût. Pourtant l'article de Robert Darnton, en nous racontant les heurs et les malheurs d'un colporteur, Noël Gille dit La Pistole, nous permet de nous rapprocher du monde du livre et des lecteurs au XVIIIe siècle. Vie de colporteur vue à travers les différents prismes d'un interrogatoire de police, d'une commande de livres et de sa correspondance avec la STN - un éditeur de Neuchâtel -, qui nous amène à nous interroger sur les clients. Qui étaient-ils ? Notables, prêtres, bourgeois qui s'approvisionnaient, chez les libraires installés en boutique et chez les marchands forains comme La Pistole, de livres « philosophiques », terminologie qui n'a pas cessé de nous étonner quand on examine les titres figurant sur les commandes de La Pistole. Livres philosophiques au sens actuel du terme (encyclopédistes comme vulgarisateurs des Lumières), mais aussi livres érotiques, pamphlets politiques, mais aussi commandes de livres plus officiels, c'est-à-dire édités en France. Les clients de Noël Gille veulent tout lire, ont accès à tout, livre interdit comme littérature officielle... Reste à savoir dans quelles conditions ces lectures pour le moins hétérogènes ont pu préparer la Révolution ? Les trois derniers articles du catalogue nous invitent à un autre voyage : du côté de chez les auteurs.

Jacques Cellard avec Balzac nous démontre avec beaucoup d'humour que non seulement le premier écrit de ce respectable écrivain, Le Vicaire des Ardennes a été saisi et détruit pour outrage aux bonnes mœurs (de fait il s'agit des amours incestueuses d'un jeune prêtre et de sa sœur), mais qu'en fait toute la Comédie humaine poursuit l'ambition de passer en revue toutes « les hérésies amoureuses et sexuelles de ses contemporains ». De fait, ce qui différencie Balzac de Stendhal et des grands autres classiques du XIXe siècle, c'est que celui-ci parle certes d'amour mais surtout de jouissance corporelle. L'implicite des écrits de Balzac est affaire de connivence et de perspicacité avec ses contemporains... Heureusement cela a eu le double mérite de tromper les censeurs et de faire entrer l'oeuvre balzacienne au Panthéon scolaire.

Jacques Ellul nous livre d'intéressantes Réflexions sur l'autocensure. Censure comme barrière entre l'inconscient et la conscience, censure comme pratique politique autrement appelée autocritique. Censure et autocensure, c'est-à-dire acceptation ou non de la rupture d'un consensus, de la rupture avec l'unanimité portée par l'opinion publique créée par les médias audiovisuels. J. Ellul pose la question en intellectuel : qui a le courage de s'attaquer ou plus simplement de parler et de rompre l'image d'un monde rendu cohérent par l'information, par l'usage répété de stéréotypes ? Plus l'opinion publique est dominante. plus l'autocensure constitue le refuge de ceux qui n'adhèrent pas à toute la réalité ainsi construite. L'autocensure commence réellement à exister quand celui qui veut parler craint le jugement de ses pairs comme de l'opinion publique et se condamne à la solitude, mais aussi quand il a la conviction que.ce qu'il a à dire ou faire ne sert à rien parce que ce ne sera pas entendu, compris. Mais, dernière question, l'autocensure n'est-elle pas aussi un alibi, un vertige pour ceux qui n'osent passer outre ?

Michel Gribinski nous raconte l'histoire d'un individu qui a affronté censure et autocensure : Flaubert, l'histoire d'une blessure, l'histoire d'un homme amoindri par la réduction de son œuvre, réduction double par son éditeur pressé par les pouvoirs publics et par un procès. Etonnante ou pathologique est la façon dont Flaubert a compris, intériorisé ces réductions en contre-attaquant, en mettant en regard des passages incriminés par la justice (écrits qui avaient été travaillés, retravaillés, phrases sculptées jusqu'à l'obsession, jusqu'à la perfection pour l'auteur) des textes obscènes qui, eux, n'avaient pas fait l'objet d'une condamnation. Flaubert et Madame Bovary attaqués, entachés par les censeurs, les éditeurs de la Revue de Paris, mais aussi trahis par le créateur lui-même.

En matière de censure on a pu parler de peur, d'intolérance; on pourrait rajouter de sauvagerie puisqu'il s'agit aussi de réduction de têtes... Pardon de textes ! Pour finir, quelques mots sur le catalogue lui-même qui se clôt par une anthologie des écrits censurés, par une liste des principaux livres censurés et par une chronologie. Une date en forme de canular : 1535; François 1er interdit l'imprimerie purement et simplement : illusion du pouvoir. Ce catalogue est aussi un bel objet, largement illustré autant par des estampes savamment choisies que par les photos de livres brûlés de William Betsch qui renforcent le vertige ou l'angoisse qu'on peut ressentir à la vue et à la lecture de ce livre nécessaire.