outils

Stratégies éditoriales à l'heure du livre électronique

La médiathèque de l’Espace Landowski donnait rendez-vous la 9 février 2009 aux professionnels d’horizons variés, ainsi qu’aux avertis et curieux, autour de la problématique toujours en mouvement du livre électronique (à la fois ce que l’on appelle "liseuse", le contenant, et le "ebook", son contenu). Pour cela, la table ronde laissait place de façon exclusive aux producteurs de ces contenants et contenus : Denis de Coster (Adobe Systems France), Alban Cerisier (responsable des développements numériques chez Gallimard), Pierre-Henri Colin (responsable de l'offre ePaper chez 4D Concept), Patrick Gambache (responsable numérique chez Flammarion, associé au programme Wizwiz), Laurent Picard (cofondateur de Bookeen), Denis Zwirn (Numilog), Laurence Dolivet (directrice des contenus chez SFR).

Alors qu’on pouvait craindre l’aspect promotionnel d’une telle journée, le débat et les échanges à la table ont été plutôt réussis et ont même permis de conclure d’une même et unique voix… à la fois rassurante et toujours aussi incertaine (!). Le succès de la lecture sur téléphone mobile en Asie et le double lancement du Sony Reader et du Kindle d’Amazon (on annonce 200 000 exemplaires vendus outre-Atlantique pour chacun de ces modèles) ont réanimé les passions pour ce "livre à venir".

Un livre comme les autres ?

Concernant la lecture sur portable, Laurence Dolivet défend une politique multimédia sur téléphones mobiles. De vagues conclusions à une enquête sont exprimées, mais aucune donnée n’est communiquée : SFR semble placer le livre à l’égal des autres médias disponibles sur technologie mobile (vidéos, photographies, musique) ; ce que relèvera Alban Cerisier en posant plus loin la question générale : "Qu’est-ce qu’un livre électronique ? En quoi est-il différent d’un DVD et comment justifier une TVA réduite à 5,5% ?"

Renouveler les pratiques de lecture scolaire

Laurent Picard abordait le progrès en termes d’ergonomie et de poids (en 2002, les Cybook en prêt à Boulogne pesaient 1 kg et nécessitaient une recharge de batterie fréquente, alors qu’un Cybook ePaper pèse aujourd’hui 180 g et reste très économe en énergie).

Il abordait là aussi un point qui aurait demandé à être développé, celui des usages en cadre scolaire : c’est le projet avorté du "cartable électronique" pour tous les élèves, lancé par le ministère de l’Éducation nationale à la rentrée 2000, qui n’a fait finalement l’objet d’aucun marché, puisque, à l’époque, aucun éditeur ne pouvait proposer de lecture en couleurs, indispensable pour la géographie notamment. Sur ce point, Denis de Coster tombait d’accord pour que le livre électronique "crée une intelligence" – "la transposition doit permettre une interaction" –, et pour ne pas se leurrer en reproduisant à l’identique la structure du papier. La démarche globale cognitive est très différente. L. Picard fit remarquer que le cartable électronique n’aurait été qu’un "PC déguisé en écran de lecture" qui aurait distrait les écoliers.

Des formats

Ce dont il s’agit aujourd’hui, c’est de rendre les formats interopérables, c’est-à-dire entièrement fonctionnels et optimisés, peu importe l’outil de lecture utilisé. Pour répondre à cela, le standard EAD-DTD (description archivistique encodée) doit rendre les documents électroniques aussi malléables que possible à l’épreuve du support. L’adaptabilité du contenu au matériel est donc une priorité pour la profession.

De son côté, Denis de Coster relatait les progrès de confort de lecture, grâce au format PDF, notamment pour les personnes déficientes visuelles (expérience relayée et confortée par une responsable de la Bibliothèque numérique pour le handicap présente dans la salle). Or, on constate des inconvénients de lourdeur du format (en partie résolus par le format ePub et par la version "PDA" du PDF d'Adobe), ainsi que son manque d’adaptation aux technologies intuitives : les formats de type iPod ou MobiPocket sont plus avancés sur ce point (voir Kamikaze).

A la source

Alban Cerisier a évoqué le work in progress de l’offre éditoriale numérique et de la progressive structuration du marché, à travers le groupe de réflexion sur le livre électronique et l’interopérabilité mis en place au sein du CNL. L’enjeu pour l’éditeur est la maîtrise des fichiers-sources : composés dans des logiciels de PAO courants comme XPress de la société Quark ou plus récemment InDesign d’Adobe, la conversion est loin d’être rendue possible d’un seul clic ! Autre paramètre non négligeable : l’archivage de ces sources. En effet, il s’agirait de faire un véritable "récolement" des fichiers définitifs "bons-à-tirer" qui sont à la fois chez l’imprimeur et chez l’éditeur, mais trop souvent disséminés. La mise en place d’un processus de stabilisation des sources textes pour une meilleure conversion dynamique est ainsi rendue indispensable. Concernant les droits d’auteur, le principe est aujourd’hui entièrement acquis pour l’ebook ; ce qui s’avère plus délicat, c’est l’ensemble des négociations nécessaires pour l’acquisition des droits antérieurs (ici, les ouvrages de fonds). Celles-ci se révèlent d’autant plus délicates que la date de publication au catalogue papier est ancienne. A. Cerisier a insisté sur l’importance de l’univers des "grands lecteurs technophiles" : c’est dans la BD que ça bouge le plus, les planches étant rendues interactives et accompagnées de séquences animées sous Flash, mais selon lui "nous n’en sommes qu’à du Gutenberg dégradé , il y a beaucoup à faire".

Convergences professionnelles

Denis Zwirn, fondateur de Numilog, agrégateur de contenus-livres électroniques, rendait hommage à la démarche de Gallica 2 (à laquelle il est désormais associé en tant qu’éditeur numérique), pour sa logique de développement des corpus plein texte et le développement d’un moteur de recherche consubstantiel (et dont on connaît les logiques de classement et d’indexation, contrairement à GoogleBooks), mais aussi pour l’exemplarité du respect de la chaîne du livre (le refus de l’"opt-out", c’est-à-dire un travail sur les droits en amont). Patrick Gambache estime que Gallica 2 a permis de focaliser l’attention de tous les éditeurs et de créer un "moment de réflexion interprofessionnel".

Modèles économiques du livre

Enfin, les modèles économiques ne sont pas en reste, deux formules étant à l’ordre du jour : un "package forfaitaire" comme on en trouve pour les bouquets de presse numérique, ou bien une "logique papier", où le prix est défini en partenariat avec les éditeurs en fonction du nombre de lecteurs. Cette dernière correspond à la politique d’acquisition la plus souple et la plus libre. Ainsi, le prix du livre sera fixé par l’usage : ce modèle reste à expérimenter.

Un trouble ?

Le paradoxe est donc le suivant : alors qu’un "buzz" médiatique (on aurait parlé de "rumeurs", "le plus vieux média du monde", avec Jean-Noël Kapferer il y a une quinzaine d’années) se développe autour de nouveaux outils technologiques de lecture, il s’opère une translation rapide vers la technologie d’un appareil multi-usages incarné par le téléphone mobile. Ainsi, les éditeurs ont peut-être à redouter que la lecture numérique se passe de liseuses pour se déployer immédiatement sur iPhone (dispositif macro-technique par excellence !)et ses analogues tactiles. L’évolution technologique reporte sans cesse l’avènement ponctué d’un modèle de liseuse définitif. Et le mot de la fin de nous laisser dans un doute serein : "il faut se laisser le temps de structurer le marché", "c’est un terrain d’expérimentation"

Autres comptes rendus sur la blogosphère du livre électronique :

KotKot Bruits et chuchotements Klog

 

Musiques numériques en bibliothèque

Nouvelle journée d'étude, le 23 octobre dernier, organisé pour l'ABF PACA par Franck Queyraud, pilote du groupe de travail ABF bibliothèques hybrides. Bis repetita de la journée précédemment organisée à la Médiathèque de Martigues le 18 février, c'est la BMVR Louis Nucera de Nice qui accueille cette fois-ci un public venu en majorité de la région sud-est PACA.

Au menu, un tour d'horizon des musiques dans l'univers 2.0, un retour d'expérience de bibliothèques pionnières dans le domaine de la numérisation - en présence du fournisseur de leur solution technique -, un point sur les aspects juridiques liés à la diffusion et la représentation des documents sonores et enfin la présentation du blog des bibliothécaires de Grenoble.

Musique 2.0, nouveaux modes de diffusion et de valorisation (par Borey Sok)

La chute (voire la disparition à terme) de la vente des CD inquiète aujourd'hui maisons de disques et bibliothécaires qui doivent repenser leur offre.
Auteur du livre et du blog Musique 2.0, consultant en "divertissement sur Internet", Borey Sok, aide aujourd'hui les maisons de disques à se repositionner face une crise que la stratégie de promotion et de mise en avant d'artistes ne suffit pas à enrayer.

Il explique la chute des ventes de CD par la concurrence de la diffusion gratuite de musiques sur Internet dont l'accessibilité est accrue par la wifi et les technologies 3G :
- Musiques "déposées à la SACEM" diffusées gratuitement par des sites comme Deezer (en streaming) ou Airtist (en téléchargement). Les gestionnaires des sites reversent les droits aux auteurs et se financent grâce à la publicité.
- Musiques libres de droits ou déposées sous licence Creative Commons proposées sur des plateformes telles que Jamendo ou des bornes de téléchargement comme Automazic. La diffusion gratuite sur Internet s'enrichit même parfois de concert live avec chat en direct (Mygroovypod), de radio en ligne où l'internaute peut composer ses propres "playlists" (goom).

Aujourd'hui, l'internaute veut écouter gratuitement en ligne pour découvrir de nouveaux titres ou de nouveaux talents, mais il paie volontiers pour établir une relation privilégiée avec l'artiste : acheter une place de concert ou investir dans un produit susceptible de le promouvoir.

Quant au label indépendant My Major Company, il finance une partie de sa production en associant les internautes au choix, au financement et à la promotion de nouveaux talents. Ainsi, lorsque les artistes percent, des gains sont mêmes reversés à la communauté des producteurs virtuels.

Ces exemples peuvent aider les web discothécaires à inventer de nouveaux chemins vers les musiques, permettre aux usagers d'être en relation avec les artistes et être au cœur de la création locale.



Une expérience de numérisation de fonds musical par Didier Jouve de la société Opsys, Edith Anastasiou (Médiathèque de Martigues) et Alexandre Romero (Médiathèque d’Antibes)

La solution "Polyphonie" développée par la société Gmixon et commercialisée par OPSYS offre un service d'écoute de musiques numérisées accessibles sur un poste public informatique (recherche dans le catalogue de la bibliothèque ou classement thématique par genre musical), ou encore sur une borne d'écoute, un lecteur PDA ou un pocket PC en Wifi (par lecture du code-barre du CD).

Martigues et Antibes font partie des premières bibliothèques à avoir mis en œuvre cette solution (sur un fonds de 20.000 CD pour une vingtaine de bibliothèques au total aujourd'hui).

3 ans de pratiques permettent à ces bibliothèques aujourd'hui de faire un premier bilan.

Une vraie réflexion s'impose avant de se lancer dans une opération de numérisation qui est souvent lourde et fastidieuse. La numérisation de tout le fond musical n’est plus forcément utile. Il est recommandé, lors d’une opération de numérisation de se concentrer sur le fonds patrimoniaux. Les bibliothèques pourraient réfléchir à une mise en commun du fruit de leurs numérisations respectives.

Concernant les musiques soumises à droits, le flou juridique en terme de droit de reproduction et de diffusion peut autoriser les bibliothèques à une diffusion sur le site de la bibliothèque mais exclut aujourd'hui toute diffusion en ligne.

L’offre de musique via les PC Pocket a beaucoup de succès auprès des plus jeunes. Un accompagnement par des professionnels est souvent nécessaire pour guider les premières utilisations. La popularité des nouveaux systèmes de diffusion est variable selon l’âge, le lieu d’écoute et la promotion qui a pu en être effectuée par le réseau.

"Et si on parlait juridique ?", c’est le titre de la présentation d’Yves Alix qui est intervenu ensuite pour tenter de répondre aux questions juridiques posées par la diffusion des supports dématérialisés.

Pendant 70 ans, la représentation et la reproduction d’une œuvre sont protégées par les droits patrimoniaux de l’auteur. Au-delà de cette période, les œuvres deviennent libres de droits.

Les lois protégeant les auteurs et les interprètes s’adaptent à l’évolution des usages, des nouvelles technologies, du droit national, européen et international. Des contrats plus ou moins complexes sont souvent nécessaires pour préciser les conditions de cessions de droits.

En 2006, la loi DAVSDI a été amendée pour autoriser la représentation et la reproduction de documents "pour représentation aux personnes handicapés, ainsi que dans l’enseignement et la recherche", ainsi que la reproduction de documents "pour conservation, préservation des conditions de communication sur place". Cet amendement n’exclut pas la nécessité de négocier de droits de consultation des documents (en particulier pour les consultations par Internet).

Le projet de loi Création et Internet fait suite au rapport Olivennes publié en 2007. Il s’agit, pour proposer une "offre légale abondante, bon marché et interopérable", de prendre des mesures légales et techniques contre le téléchargement illégal. Ce projet n’a pas obtenu le consensus espéré, et laisse notamment quelques-uns sceptiques quand à la faisabilité de la mise en œuvre des solutions proposées.

Aujourd’hui, les seules exceptions applicables en bibliothèque restent celles adoptées en 2001 et en 2006. Toute autre exception doit faire l’objet d’un contrat avec les ayants droit ou les intermédiaires (fournisseurs, agrégateurs de contenus...).

Les licences de type Creative Commons offrent aujourd’hui une alternative originale qui permet la diffusion de contenus numériques dans un cadre non commercial.

Anne Theureau et Emeline Monraisse sont venues ensuite présenter l'expérience du blog BMOL (Bibliothèques musicales on line). Ce blog est né d'une réflexion des bibliothécaires musicaux de Grenoble. Sensibles à l'évolution de la place de la musique en bibliothèque, ils étaient à la recherche d'une médiation forte autour de leurs collections et de leurs animations, et d'un développement d'une plus grande interactivité avec leurs publics.

Sur le modèle réussi du précédent blog SIEM (celui des espaces multimédias), la direction des bibliothèques grenobloises a validé leur projet en juin 2007. Un comité de rédaction permet de gérer un planning des articles à publier régulièrement, avec un ton moins institutionnel que sur le site traditionnel de la bibliothèque. Cette organisation permet de répartir ce travail parmi la vingtaine de bibliothécaires musicaux sans alourdir la tâche de chacun. Depuis, le blog met en valeur les collections musicales, accepte les commentaires des usagers, réagit à l'actualité musicale qui se déroule sur l'agglomération en mettant en valeur les groupes locaux. Un player a notamment été intégré au blog et diffuse la musique de ces groupes avec leur accord. Autre élément fonctionnant particulièrement bien, la mise en place de partenariats avec les festivals de musique de l'agglomération et une mise en valeur des artistes programmés. Enfin, au moyen d'un enregistreur numérique, les animations sont filmées et podcastées ensuite. La rubrique Archives sonores permet aux usagers de voir ou revoir ces moments d'animations des espaces musiques.

Même si le blog est très consulté, Anne et Emeline ont apporté un bémol (sans jeu de mots) : les commentaires du public restent encore insuffisants. Certes, pourrions-nous leur répondre ! C'est, en tout cas, un bel exemple de travail d'équipe, de mise en valeur des collections et de médiation.

Un grand merci à Françoise Michellizza et à son équipe qui nous ont reçus dans cette belle médiathèque où l'on aimerait s'attarder plus longtemps.

Merci également aux organisateurs, à l'Agence Régionale du Livre PACA et au poète Pierre Parlant grâce à qui l'auditoire a eu le plaisir de pouvoir voyager quelques instants, après le déjeuner, à l'écoute d'extraits poétiques colorés lus par leur auteur.

Compte-rendu rédigé par Françoise Aubert et Franck Queyraud

 

Libfly : portail et outils web 2.0 pour les bibliothèques

Par Jeremy Jeanguenin, le 12 février 2009

Dans actualité des bibliothèquesculture et monde du livreinternetoutils

En matière de "biblioportails" (entendons : les réseaux sociaux livresques), on a pu évoquer récemment Babelio, qui permet de partager sa bibliothèque personnelle, d'émettre des commentaires et de les partager avec la communauté de lecteurs; sans parler du réputé LibraryThing (dans quel état j'erre dans la toile?!).
Un autre outil vient d'être lancé par la société Archimed, il s'agit de Libfly, portail aux couleurs acidulées, qui propose un panel de services dynamiques.
Au-delà de l'aspect "communautaire" du 2.0 (i.e. : compte personnel, avis, groupes, notes, conseils, alimentation des listes de lecture, suggestions...), Libfly propose de remettre un pied dans le réel du livre en aidant à repérer des ouvrages en bibliothèque ou en librairie près de chez soi.

Libfly propose un partenariat gratuit aux bibliothèques, mais aussi des "libgets" (peu subtile apocope/aphérèse-valise de "library-widget", la succession d'une labiale et d'une sifflante étant un exercice phonatoire périlleux!) dans une version html simplifiée (facilement intégrable aux blogs, sites, portails par l'ajout d'un module), des nuages de tags et de nombreux fils RSS.

Dernière singularité : on peut personnaliser la page pour son établissement ou pour soi, par un "interfaçage" complet.

Si vous l'avez testé, n'hésitez pas à laisser des commentaires!

 

Demandez à un bibliothécaire!

Hier était inauguré le service de réponse à distance pour étudiants Rue des facs à la bibliothèque Sainte-Barbe. Elle rassemble les compétences et les fonds de 13 établissements parisiens et mobilise quelque 141 bibliothécaires. Ce projet de développement des services numériques en bibliothèque a été soutenu par l'université numérique d'Ile-de-France et par la ville de Paris qui a attribué une subvention au projet.

Ce type de service "question à un bibliothécaire", calqué sur le modèle anglo-saxon, est déjà répandu à la BPI (le service Radis, Réponses à distance, puis la mise en place du réseau "Bibliosés@me"), à la bibliothèque municipale de Lyon avec son efficace Guichet du savoir (qui a la particularité de publier les réponses sous forme de fil de discussion et permet ainsi à chacun de profiter des requêtes des autres) et à la BnF avec Sindbad (dont l'existence nous est rappelée sur le nouveau blog "10 ans et après?"). Ces types de services se développent désormais sur des thématiques plus spécialisées : c’est le cas de l’Enssib et du service Questions?Réponses!, plus axé sur les connaissances en bibliothéconomie et en sciences de l’information et de la communication, qui intègre une base de connaissances mise à jour de façon trimestrielle et interrogeable par un moteur de recherche (en test actuellement).

Ces services, contrairement à ceux de type "guichet", se limitent néanmoins à des réponses d'ordre bibliographique, d'orientation et d'aide à la recherche. N'est-ce pas aussi là une manière d'endiguer, par un service d'orientation à distance, le mésusage des collections, tous médias confondus?

Notre confrère Silvère, sur Bibliobsession, il y a quelques semaines à peine, portait déjà aux nues ces nouveaux services, en regrettant que les réponses ne donnent pas lieu à des publications en ligne, à la manière du Guichet du savoir.

 

Wikipédia dans tous ses états

Par Jeremy Jeanguenin, le 30 octobre 2008

Dans internetoutils

Faire le point

Wikipédia, l’encyclopédie collaborative en ligne, fait parler d’elle. Dominique Nora, sur Bibliobs, rappelle le fonctionnement et les fondements idéologiques de cet outil (partage, gratuité, participation ; rappelant au passage que Wikipédia n’est pas responsable des contenus qu’elle présente, puisque son statut est réduit à celui d’hébergeur), ainsi que les débats de fond (autorité, pertinence, politique éditoriale). L’auteur y souligne à juste titre le manque évident d’études spécialisées sur la version française de Wikipédia, non sans rappeler que l’encyclopédie – c’est bien connu ! - est recopiée dans les devoirs scolaires.

Conflits

Olivier Ertzscheid expose et éclaire la démarche épistémologique de Wikipédia, qui repose sur une systématisation de la vérifiabilité plutôt que sur une logique de vérité. Il nous rappelle que l’encyclopédie est "une forme neuve, intermédiaire, de la mise en circulation et de l’agrégation des connaissances". Lire l’article Epistémologie wikipédienne : vérité et vérifiabilité sont dans le bateau du web centripète.

Aux poubelles de l’histoire

Deletionpedia est un outil pas vraiment comme les autres. C’est un cimetière d’articles invalidés par Wikipédia, agrémentés du motif de leur suppression. Le contenu est automatiquement généré à chaque entrée d’article, mais en dépit de son format wiki, il n’est pas modifiable par ses utilisateurs. Lire le blog Presse Citron.

Une exemple d’article supprimé : le style musical Synth Rock.

Voilà donc un outil qui semblera au premier abord futile, mais finalement intéressant du point de vue de la démarche de validation des contenus, qui n’est pas sans rappeler les standards de certification des archives numériques en bibliothèque (encore un peu de patience, attendez notre dernier numéro 2008 du BBF, vous saurez tout sur la conservation du numérique et des sites!).

Plaidoyer pour la formation universitaire à l'information

Alexandre Serres, maître de conférences en sciences de l’information et de la communication et coresponsable de l’Urfist de Rennes, revient sur les enjeux des TIC à l'université face aux mésusages des ressources internet. Wikipédia et le moteur de recherche Google occupent une place prépondérante, sinon première, dans ces réflexes de recherche paresseux.

Contre Wikipedia

C'est sur l'observatoire de Wikipedia, le mythe de la "neutralité".

Pour l’école

Enfin (et cela fait en quelque sorte écho au propos de Dominique Nora), Actualitté nous signale – par une accroche de titre sarcastique "Pour en finir avec les manuels"! – la parution et la diffusion d’un DVD 2008-2009 de Wikipedia for schools. Non exhaustif, cela va de soi, le DVD contient quelque 5500 articles sélectionnés pour leur pertinence avec les programmes scolaires en vigueur en Grande-Bretagne. L’élaboration de cet dispositif de connaissance s’est faite en association étroite avec l’organisme SOS Children Volunteers.

 

Lexis Web, un nouvel outil de recherche d’information juridique gratuit

Par Jeremy Jeanguenin, le 22 octobre 2008

Dans outilsressources en information et documentation

Lexis Web, portail qui indexe plus de 4500 sites web du domaine juridique, est un nouveau service lancé par LexisNexis (groupe Reed Elsevier). Lexis Web en est encore à la version beta (d’inévitables bugs sont signalés au fil de son utilisation, mais c’est prometteur), en anglais et – en l’état - il est gratuit.

A signaler également, LexisNexis lançait récemment nouvelle version du service en ligne d’information juridique LexisNexis JurisClasseur "version 2009", voulue simplifiée, et dont l’ergonomie de l’interface a été revue.

 

Des nouvelles du "libre"

Par Jeremy Jeanguenin, le 09 octobre 2008

Dans outils

Bibliobsession (qui a pris nettement position en faveur de l’informatique libre en bibliothèques) publie une interview d’Arnaud Lelache, président-directeur général d’AFI-OPAC 2.0. On y trouvera un exposé des fonctionnalités 2.0 offertes par le monde des SIGB et portails libres.

Dans le même temps, Paris était propulsée "capitale de l’informatique libre" pendant les deux jours du "Paris Libre" ces 24 et 25 septembre 2008. Tristan en fait un compte-rendu sur son standblog.
A l’heure où la BnF et l’Enssib expérimentent la migration progressive vers des solutions logicielles libres ("Open source") de Mozilla, quelques-uns de nos biblio-blogueurs rapportent leur rencontre avec la distribution Linux grand public Ubuntu (qualifiée de "Linux pour les êtres humains"), notamment Bakelith qui fait état de sa première confrontation de bibliothécaire avec le système d’exploitation libre, ainsi que Bibliobsession, qui défend le "Pourquoi ne pas proposer Firefox sur les postes publics des bibliothèques ?".
Il semblerait en effet pertinent qu’une démarche d’expérimentation des systèmes et portails documentaires aille de pair avec une mutation orientée-usager et libre, notamment pour des questions d’intégration et d’interopérabilité, mais aussi de sécurité et de stabilité.
Rappelons à ce propos que Ubuntu semble destiné à un avenir prometteur dans les services au public, son interface étant user-friendly (littéralement, "affable avec l’usager"), question cruciale dans le rapport de l’outil informatique à l’humain, et qu’il a été adopté sur les postes de l’Assemblée nationale depuis 2007. De quoi donner à réfléchir et redéfinir les approches de ce medium un peu boudé par la profession…
La médiathèque de Gradignan (Gironde) inaugurée en 2006 (dont Le Blog du taiseux bavard ne tarit point d'éloges...extatiques!), bénéficie du confort informatique de ce système dont elle n’a pas hésité à vanter les mérites à l’occasion de « Libre en fête » en mars 2008. "Prise en main aisée" telle est la devise de ces "Linux pour les être humains") ; de faire de la machine un espace d'hospitalité mais davantage : un objet aussi souple, convivial et manipulable qu’un livre (l’anglais familier ne dit-il pas "notebook" pour désigner son ordinateur portable ?) ! Au final, on regrettera, à l'heure des collections numériques (voir le panorama du BBF n°4 de 2007 : Collections singulières élaboré par Katell), qu’aucune de ces innovations ne soient adoptées et suffisamment valorisées par des établissements pilotes en matière de lecture publique. De petits poissons-pilotes prennent déjà les devants... au risque que, sur ce plan, des bibliothèques modestes éduquent les grands établissements!

 

i-expo 2008

Par Katell Gueguen, le 04 juin 2008

Dans colloques et manifestationscomptes rendus et communicationsoutils

i-expo 2008 se tenait cette année aux côtés de quatre autres salons (KM Forum, i-medias et Online) les 28 et 29 mai Porte de Versailles. Des outils de veille et autres technologies du web aux stratégies d’entreprises (intelligence économique, records management, knowledge management, partage de connaissance), les thèmes abordés lors de ce salon tant lors des séminaires ou ateliers qu’à travers les nombreux exposants pouvaient dérouter celui qui ne savait pas ce qu’il venait y chercher. Et permettait de trouver ce qu’on n’était pas venu chercher.

Pour se faire une idée des thèmes foisonnant, voir cette liste de tags.
Pour un récit au jour le jour, consulter les comptes rendus d’Archimag, 1re journée et 2e journée.

De très nombreux PowerPoint des interventions qui se sont déroulées pendant ces deux jours lors des ateliers et conférences sont disponibles sur le site d’i-expo: cliquez sur le thème qui vous intéresse depuis ce sommaire pour y accéder.
Et pour une visite en image, quelques photos supplémentaires sur JDNet.


Enfin le meilleur pour la fin.
Au soir de la première journée, une soirée était organisée à l’occasion de la 25e édition du salon dans la très belle chapelle du Musée des arts et métiers (dans le 3e arrondissement de Paris). Plusieurs prix ont été décernés, que vous trouverez détaillés en bas de la page décrivant la 1re journée sur Archimag.

Quatre prix i-expo ont récompensé les produits ou initiatives les plus innovants (Artesi décrit plus en détail les lauréats des prix i-expo, ainsi que les prix remis lors du deuxième concours de stratégies de recherche et de veille).

Et cette année étaient inaugurés les prix Mémoire et Savoir décernés par Archimag et Serdalab. Les lauréats sont : Marc Augier (1er prix), Sylvie Bourdier (2e prix) et Sylvain Machefert (3e prix), dont Archimag décrira les travaux dans l'édition de juillet-août (n°216). Le premier prix est une thèse, les deux autres des mémoires soutenus en novembre 2007 dans le cadre du master professionnel de l’Intd (Cnam).

Les deux mémoires sont accessibles en ligne sur MémSIC, et peuvent intéresser tout particulièrement les bibliothèques: le premier car les pratiques collaboratives liées au web 2.0 peuvent être appliquées dans toute structure mettant en place des communautés d’échange; le second car il s’intéresse directement à l’état des lieux du développement de l’OpenURL dans les bibliothèques universitaires françaises.
Les liens vers ces mémoires et résumés sont repris ci-dessous.

 

25 outils sociaux pour bibliothécaires

Par Katell Gueguen, le 30 avril 2008

Dans outils

Nous évoquions il y a quelque temps en passant les 25 Useful Social Networking Tools for Librarians sélectionnés par Jessica Hupp.
Vagabondages a fait beaucoup mieux: il propose une traduction de la présentation de ces outils sociaux et les agrémente à chaque fois d'exemples.

 

Bibliobsession: Services 2.0 dans les bibliothèques

Par Katell Gueguen, le 16 avril 2008

Dans métier(s)outils

Bibliobsession vient de mettre à jour et compléter son diaporama sur la mise en place de services 2.0 dans les bibliothèques, Services 2.0 en bibliothèques, vers des bibliothèques 2.0?, après une première version en novembre 2006.
Et pour visionner l’ensemble des diaporamas élaborés par ce bibliothécaire 2.0, voir sa Bibliobsession's Slideshows.

Si après ça vous ne vous convertissez pas…

 

Le Bulletin des bibliothèques de France est publié par l'École nationale supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques
Enssib - 17-21, boulevard du 11 novembre 1918 - 69623 Villeurbanne Cedex
© enssib - www.enssib.fr