Par Jeremy Jeanguenin, le 12 février 2009
Dans actualité des bibliothèques, culture et monde du livre, internet, outils

En matière de "biblioportails" (entendons : les réseaux sociaux livresques), on a pu évoquer récemment Babelio, qui permet de partager sa bibliothèque personnelle, d'émettre des commentaires et de les partager avec la communauté de lecteurs; sans parler du réputé LibraryThing (dans quel état j'erre dans la toile?!).
Un autre outil vient d'être lancé par la société Archimed, il s'agit de Libfly, portail aux couleurs acidulées, qui propose un panel de services dynamiques.
Au-delà de l'aspect "communautaire" du 2.0 (i.e. : compte personnel, avis, groupes, notes, conseils, alimentation des listes de lecture, suggestions...), Libfly propose de remettre un pied dans le réel du livre en aidant à repérer des ouvrages en bibliothèque ou en librairie près de chez soi.
Libfly propose un partenariat gratuit aux bibliothèques, mais aussi des "libgets" (peu subtile apocope/aphérèse-valise de "library-widget", la succession d'une labiale et d'une sifflante étant un exercice phonatoire périlleux!) dans une version html simplifiée (facilement intégrable aux blogs, sites, portails par l'ajout d'un module), des nuages de tags et de nombreux fils RSS.
Dernière singularité : on peut personnaliser la page pour son établissement ou pour soi, par un "interfaçage" complet.
Si vous l'avez testé, n'hésitez pas à laisser des commentaires!
Par Jeremy Jeanguenin, le 10 décembre 2008
Dans bibliothèques numériques et numérisation, conservation et patrimoine, culture et monde du livre, internet
On remarque çà et là qu'elles sont de plus en plus intégrées aux projets de développement numérique des collections, il est vrai. Aussi, au-delà d'une manière de valoriser les collections patrimoniales tout en conservant une notion très forte d'accessibilité, les expositions "virtuelles" en ligne sont à la croisée du patrimoine muséal et de celui du livre. Considérons-les ainsi comme hybrides, entre exposition et document numérique. Un atout essentiel du web 2.0, mirage ou réalité.
Commençons par deux points de référence en matière d'expositions virtuelles : la BnF, qui propose cinq galeries distinctes ainsi qu'une section de feuilletage des livres et le portail Lectura en région Rhône-Alpes, qui propose pas moins de quarante-trois expositions virtuelles (depuis 1997 avec l'exposition Nostradamus à la BM de Lyon)!
La BDIC propose de son côté une exposition "Immigrées, exilées, femmes en lutte", sur le serveur Musea de l'université d'Angers (n'hésitez pas à consulter les autres expositions du site Musea). La BDIC a également proposé une version moins convaincante de l'exposition virtuelle, au format pdf : "La Première Guerre au quotidien".
Plus récemment, à l'occasion de l'exposition sur les Editions du Seuil (7 novembre 2007-4 février 2008, en partenariat avec l'Imec), la Bpi en profitait pour inaugurer cette nouvelle pratique déambulatoire transposée à la Toile : l'exposition est toujours en ligne et c'est ici. De la mezzanine au web, c'est l'exposition sur l'univers particulier de l'illustrateur Jean Gourmelin qui prend le relais.
La bibliothèque Méjanes (Cité du livre d'Aix-en-Provence) n'est pas en reste, puisqu'elle propose une dizaine d'expositions virtuelles, de Camus à l'inévitable Marquis de Méjanes en passant par les sujets provençaux, la bibliothèque entend ainsi, selon ses propres termes, vouloir "pérenniser" l'exposition.
De son côté, le service commun de documentation de l'université de Poitiers propose depuis juin 2008 une "bibliothèque virtuelle" sur les formes naissantes du socialisme (saint-simoniens, fouriéristes, Proudhon, communisme icarien...). Le site permet de consulter un ensemble de textes rares, dû au legs d'Auguste Dubois, figure de l'université de Poitiers.
A Roubaix, à l'occasion de la commémoration du 90e anniversaire de l'armistice de la Première Guerre mondiale le 11 novembre dernier, la médiathèque proposait une visite virtuelle guidée de ses collections patrimoniales. A ce titre, l'établissement revendique non pas une volonté d'écrire la guerre, mais uniquement de la "montrer", en s'appuyant sur les fascicules de la collection Patrie publiés par les éditions Rouff de 1917 à 1920, une collection d'affiches (fonds Ducourant), et une collection de cartes postales anciennes sur Roubaix.
Côté musique, on signalera l'exposition en ligne consécutive à l'exposition "Musique de cour" qui eut lieu du 22 septembre au 30 novembre 2007 à la bibliothèque municipale de Versailles.
L'agence de coopération régionale en Franche-Comté (Accolad) a mis l'accent sur les collections précieuses, en mettant en ligne une visite virtuelle des salles des incunables.
Côté sciences médicales, la bibliothèque interuniversitaire de médecine (BIUM) retrace en ligne "100 ans de frontispices de livres de médecine" (jetez donc un œil aux "gueules cassées" de 1914-1918!) sur son site.
Et pour finir (ce billet ne visant pas l'exhaustivité, tous commentaires seront bienvenus), le projet PôLiB (projet commun de numérisation des trois universités lilloises) a dernièrement mis en scène l' "anatomie à livre ouvert".

Faire le point
Wikipédia, l’encyclopédie collaborative en ligne, fait parler d’elle. Dominique Nora, sur Bibliobs, rappelle le fonctionnement et les fondements idéologiques de cet outil (partage, gratuité, participation ; rappelant au passage que Wikipédia n’est pas responsable des contenus qu’elle présente, puisque son statut est réduit à celui d’hébergeur), ainsi que les débats de fond (autorité, pertinence, politique éditoriale). L’auteur y souligne à juste titre le manque évident d’études spécialisées sur la version française de Wikipédia, non sans rappeler que l’encyclopédie – c’est bien connu ! - est recopiée dans les devoirs scolaires.
Conflits
Olivier Ertzscheid expose et éclaire la démarche épistémologique de Wikipédia, qui repose sur une systématisation de la vérifiabilité plutôt que sur une logique de vérité. Il nous rappelle que l’encyclopédie est "une forme neuve, intermédiaire, de la mise en circulation et de l’agrégation des connaissances". Lire l’article Epistémologie wikipédienne : vérité et vérifiabilité sont dans le bateau du web centripète.
Aux poubelles de l’histoire
Deletionpedia est un outil pas vraiment comme les autres. C’est un cimetière d’articles invalidés par Wikipédia, agrémentés du motif de leur suppression. Le contenu est automatiquement généré à chaque entrée d’article, mais en dépit de son format wiki, il n’est pas modifiable par ses utilisateurs. Lire le blog Presse Citron.
Une exemple d’article supprimé : le style musical Synth Rock.
Voilà donc un outil qui semblera au premier abord futile, mais finalement intéressant du point de vue de la démarche de validation des contenus, qui n’est pas sans rappeler les standards de certification des archives numériques en bibliothèque (encore un peu de patience, attendez notre dernier numéro 2008 du BBF, vous saurez tout sur la conservation du numérique et des sites!).
Plaidoyer pour la formation universitaire à l'information
Alexandre Serres, maître de conférences en sciences de l’information et de la communication et coresponsable de l’Urfist de Rennes, revient sur les enjeux des TIC à l'université face aux mésusages des ressources internet. Wikipédia et le moteur de recherche Google occupent une place prépondérante, sinon première, dans ces réflexes de recherche paresseux.
Contre Wikipedia
C'est sur l'observatoire de Wikipedia, le mythe de la "neutralité".
Pour l’école
Enfin (et cela fait en quelque sorte écho au propos de Dominique Nora), Actualitté nous signale – par une accroche de titre sarcastique "Pour en finir avec les manuels"! – la parution et la diffusion d’un DVD 2008-2009 de Wikipedia for schools. Non exhaustif, cela va de soi, le DVD contient quelque 5500 articles sélectionnés pour leur pertinence avec les programmes scolaires en vigueur en Grande-Bretagne. L’élaboration de cet dispositif de connaissance s’est faite en association étroite avec l’organisme SOS Children Volunteers.
Par Katell Gueguen, le 27 mai 2008
Dans culture et monde du livre, droits d'auteur et aspects juridiques, internet
Une revue de presse très instructive chez affordance, dans le billet Tectonique du livre, dont voici quelques éléments pour vous donner envie de le lire. On y apprend les toutes dernières actualités du monde de l’édition, que le Loi Lang relative au prix unique du livre est remise en question (voir communiqué SNE), et que Microsoft vient d'annoncer l’arrêt de deux services, Live Search Books et Live Search Academic (voir aussi les billets d’Alain Pierrot ou de Figoblog). Microsoft laisse ainsi le champ libre à respectivement Google Book Search et Google Scholar, Google qui a passé il y a quelques jours un accord avec l’OCLC (i.e. WorldCat) lui permettant d’exploiter ses données bibliographiques.
Quand à la dernière annonce qu’Olivier Ertzscheid relaye, celle de la disparition de la DLL (Direction du livre et de la lecture, créée en 1981) annoncée il y a un peu plus d’un mois, on ignore pour le moment la façon dont les enjeux dont elle se portait garante seront réhabilités dans la nouvelle organisation de l’administration centrale du ministère de la Culture et de la Communication qui devrait voir le jour, enjeux que soulèvent par exemple Dominique Lahary ou Bibliofrance. Ce dernier billet, qui tente de recontextualiser cette annonce par rapport aux autres réformes et remaniements en cours, s’interroge notamment sur le lien entre la disparition de la DLL et la RGPP (révision générale des politiques publiques).
En tout cas tout ça n’empêche visiblement pas la DLL de recruter (vu ici).
Par Katell Gueguen, le 30 janvier 2008
Dans éditions et parutions, internet, métier(s), outils
Information Behaviour of the Researcher of the Future (pdf)
Vu sur Prosper: «A la demande du JISC (Joint Information Systems Committee) et de la British Library, une étude a été réalisée pour connaître les comportements de la ‘génération Google’, dans les cinq à dix ans à venir, face à la pratique d’accès à l’information. Information Behaviour of the Researcher of the Future a comme objectif d’informer, de provoquer des discussions et d’aider les bibliothèques et les services d’information à réagir face à ces changements et à les anticiper.»
La ‘génération Google’ explorée dans cette étude correspond aux jeunes nés après 1993, et qui n’ont que peu ou pas de souvenir du monde avant le web.
Voir également le communiqué de presse.
The horizon report – Edition 2008 (pdf)
Ce rapport de synthèse sur les nouvelles technologies est publié annuellement par New Media Consortium (NMC) et EDUCAUSE Learning Initiative (ELI). Il relève six technologies ou pratiques émergentes qui devraient avoir un impact dans les cinq ans à venir sur l’enseignement ou l’expression créatrice dans les organismes d’apprentissage. Ces technologies sont décrites en même temps qu’est fixé un échéancier pour les adopter…
Vu sur pitiniblog (qui le tient d’ici) et CultureLibre (qui le tient de là).
Par Katell Gueguen, le 08 janvier 2008
Lors de l’élaboration du Panorama sur les outils de la recherche, complément au Dossier du BBF paru en décembre, certains liens n'ont pas été retenus pour des raisons diverses, mais pourraient intéresser certains d’entre vous. Les voici donc en complément.
Outils pour la bibliothèque
ADAT
«JISC Academic Database Assessment Tool (ADAT) est un outil qui permet de comparer des agrégateurs de bases de données de périodiques et de revues scientifiques. Le but est d'aider les bibliothèques à prendre des décisions éclairées lorsque vient le temps de souscrire ou de renouveler la souscription auprès de leurs fournisseurs.»
Cette présentation est celle de l’ebsi 2.0, le billet de pintiniblog peut également être consulté.
Greasemonkey
Greasemonkey est une extension de Firefox, qui «permet de modifier la manière dont un site se comporte lorsque vous l’affichez sur votre navigateur.» L’application pour les bibliothèques? «L’exemple le plus fameux et le plus fascinant pour les bibliothèques est le fait de pouvoir lier de manière dynamique des grands catalogues commerciaux le permettant (Amazon) et le catalogue de votre bibliothèque.» Toute l’explication dans le billet de Bibliobsession Comment disséminer la bibliothèque grâce à greasemonkey?
Bibliobsession, toujours, nous présente (et teste pour nous) d’autres extensions de Firefox, dans Un dispositif de veille avec Firefox, Del.icio.us et Yonoo, soit comment mettre en place un dispositif de veille assez efficace pour découvrir des sites liés à un sujet sans se fatiguer… billet dans lequel il est question de sérendipité.
«Bibliothèques et blogs: le rôle du nouveau phénomène des blogs dans les services de bibliothèques, de la recherche et de l’apprentissage.» Libraries and Weblogs: The Role Of New Phenomenon Blogs in Library Services, Research and Learning.
Extrait d’un compte rendu de conférence, un article en anglais signalé sur pintiniblog, de Karami, Tahereh and Oloumi, Tahereh and Naghshineh, Nader (2006).
Bibliographies en ligne
Jean-Charles Houpier a testé plusieurs outils permettant de gérer des références bibliographiques ou des sites web, qu’il nous décrit sur son blog.
Du côté de chez Michel Roland-Guill et son blog bibliothécaire, trois billets complémentaires sur la bibliographie 2.0 et la présentation d’outils en ligne et de ressources documentaires.
Côté moteurs
En écho à l’article de Marc Maisonneuve et Cécile Touitou, une description de l'intérêt et des enjeux d'un moteur de recherche à facettes: c’est sur Leçons de choses, repéré par affordance.
L’extension des capacités des moteurs de recherche par l’utilisation de terminologies métier ou comment rendre les moteurs de recherche plus efficaces? C’est de nouveau sur Leçons de Choses.
Enquête
Comment les Québécois cherchent-ils sur le web? (pdf).
Les sociétés Sooiz et Mastodonte Communication publient en ligne les résultats d'une enquête effectuée en mars 2007 auprès de 1300 internautes québécois sur leurs habitudes de recherche sur le web.
Par Yves Alix, le 18 décembre 2007
Paru au début de ce mois, le dernier numéro de 2007 du BBF est en ligne, et sans doute aussi dans vos boîtes aux lettres sinon déjà sur vos présentoirs, pour la version papier. Il n'est pas trop tard néanmoins pour vous en présenter le contenu : 136 pages captivantes pour lesquelles, entre les cadeaux de fin d'année, les incontournables de la rentrée littéraire et, pour les étudiant(e)s, le programme annoncé du second semestre, il ne vous faudra chercher... qu'un peu de temps pour les lire.
Le dossier consacré aux outils de la recherche n'a certes pas la prétention de vouloir épuiser une question aussi complexe que la cartographie des instruments (bibliographiques, méthodologiques, épistémologiques, techniques, référentiels, etc.) que l'université, avec ses écoles doctorales ou ses laboratoires, les bibliothèques de toutes catégories, les organismes documentaires de toute nature, offrent aux chercheurs. Son propos est plus modeste, et plus circonscrit.
Car les bibliothèques aujourd'hui sont ouvertes à tous et, internet aidant, chaque lecteur peut se revendiquer chercheur. Disons-le autrement : dans la proposition démocratique d'accès à la connaissance que les bibliothèques mettent en oeuvre, une telle revendication est légitime. Et les bibliothèques peuvent se donner comme ambition de la satisfaire au mieux, sans pour autant sacrifier le service - de la meilleure qualité possible - à la recherche scientifique, aux enseignants chercheurs, aux doctorants, aux lecteurs du rez de jardin ou des départements spécialisés de la BnF, bref : au public savant.
C'est donc en partant de l'usager divers et imprévisible, de ses besoins, mais aussi de ses comportements spontanés, que les contributeurs de ce dossier se sont appliqués à présenter et à analyser les outils les plus récents, qu'ils soient déjà installés ou légitimés par l'usage, ou encore en phase de test et de développement.
A tout seigneur tout honneur : les moteurs de recherche, sésame du réseau mondial et point d'accès unique (?) à la grande bibliothèque numérique mondialisée de demain. Emmanuelle Bermès en démonte la mécanique. De leur côté, Cécile Touitou et Marc Maisonneuve présentent les nouveaux Opac, avec leur navigation à facettes et leurs nuages de tags.
Les services de référence, tels que les ont développés depuis les Etats-Unis, tout au long du XXe siècle, les bibliothèques académiques et universitaires, ont-ils encore un avenir, dans un environnement concurrentiel et par ailleurs tourné désormais vers le virtuel ? David Soret et David Benoist apportent des éléments de réponse.
L'université numérique, aujourd'hui, c'est d'abord un environnement : l'ENT, auquel Daniel Bourrion consacre une approche résolument optimiste. On peut y rattacher les offres de livres électroniques, dont Laurent Jonchère présente un exemple en région Bretagne, ou de documents numérisés (ce dont Raphaële Mouren donne un exemple, côté patrimoine), mais aussi l'accès aux thèses électroniques, lequel passe nécessairement par leur archivage, dont l'avancement est décrit par Marianne Giloux et Isabelle Mauger Perez, de l'Abes.
Plus généralement, la question des archives ouvertes de la recherche scientifique se pose comme un élément essentiel de l'offre électronique. Rachel Creppy fait le point sur l'avancement du dossier, dans un contexte universitaire fortement marqué à la fois par la mise en place des PRES, les pôles de recherche et d'enseignement supérieur (Marie-Dominique Heusse) et plus récemment par la loi Pécresse de réforme des universités, dont évidememnt le BBF aura l'occasion de reparler.
Sur le web, l'irruption des outils collaboratifs et de ce qu'on a pris l'habitude d'appeler le web 2.0, vient aussi bouleverser le paysage de la recherche, du vagabondage dans la connaissance, que nous a apporté internet. Révolution essentielle et en train de se faire. Comment ignorer des outils de travail, d'expression ou d'échange comme les blogs, les wikis, les flux RSS ? David Liziard, Marie Guinchard et Willy Tenailleau apportent leur jeune expertise pour nous aider à découvrir les atouts de ces nouvelles formes du travail collaboratif.
Enfin, il fallait aller aux Antipodes pour voir si ailleurs aussi ce bouillonnement autour du service documentaire et de la liberté de la recherche bouleversait les codes et les usages. Notre envoyée spéciale Aurélie Bosc nous montre, avec l'exemple de deux grandes bibliothèques universitaires australiennes, toutes deux à la pointe de l'innovation, que l'audace paie et que le salut des bibliothèques, plus que jamais, passe par la qualité et la diversité des services aux publics pris dans toute leur diversité.
Cette préoccupation, vous la retrouverez aussi à travers le débat développé dans ce numéro autour de la médiation : Abdelwahed Allouche (qui en a fait le sujet de sa thèse) et Olivier Chourrot posent la même question - mais pas de la même façon et pas nécessairement pour donner la même réponse : le bibliothécaire est-il un médiateur ? A cette interrogation qui mérite une discussion argumentée et libre, ne pourrait-on en ajouter une autre : de quoi fait-on la médiation ?
Est-ce de la culture et de la civilisation du livre que nous sommes les médiateurs, consentants, enthousiastes ou résignés ? Alors il faut lire le compte rendu lucide que fait Thierry Ermakoff dans la rubrique A propos, de la pluie de rapports qui vient de tomber sur le sujet : le rapport Livre 2010 de Sophie Barluet, l'audit de la mission de modernisation des aides au livre diligenté par l'IGF et l'IGAAC, le rapport de la commission sénatoriale des affaires culturelles, enfin le rapport Gallimard sur la librairie indépendante. Tous ces médecins penchés à la fois sur le malade ne vont-ils pas l'étouffer ?
A se demander s'il ne faudrait pas y consacrer une ou des journées d'étude...Si vous y songez, le BBF, généreux comme à l'accoutumée, a pensé à vous. Il a fait appel à un expert vraiment mondial de la chose : Yves Desrichard. Les conseils qu'il prodigue dans ce numéro sont à la fois sages, avisés et pratiques. Ils vous éviteront de nombreux écueils. Mais susciteront-ils des vocations ?
N'oubliez pas, chers lecteurs et chères lectrices, les rubriques habituelles, toujours fournies (Tour d'horizon et Critiques), ni sur notre site les très riches compléments apportés au dossier par Katell Gueguen dans son Panorama du web.
Et conservez bien ce numéro collector. Car pour 2008, le BBF vous prépare une surprise. Un indice ? Un vers d'Eluard : "La terre est bleue comme une orange"...
Par Katell Gueguen, le 07 novembre 2007
La première assignation en justice de Wikimedia en Europe : l’annonce de la relaxe la semaine dernière a fait beaucoup de bruit, journaux et blogs s’en sont fait l’écho, mais pas forcément pour l’interpréter de la même façon.
Les faits
Le tribunal de grande instance de Paris a rendu, lundi 29 octobre, une ordonnance de référé (.pdf) statuant sur une affaire concernant Wikipédia, la version française de l'encyclopédie collaborative. La Fondation Wikimedia, association de droit américain qui héberge matériellement Wikipédia sur ses serveurs, a été attaquée par trois cadres d'une société commerciale française pour atteinte à leur vie privée et diffamation, suite à la révélation dans un article de leur homosexualité sans leur consentement par un contributeur anonyme. Les plaignants ont été déboutés.
De là à dire que contrairement aux autres médias (i.e. médias classiques écrits et audiovisuels), tout est permis sur internet, et que le temps approche où Big Brother nous mangera tous, il n’y a qu’un pas, et cet édito du Monde le franchit allègrement – voir également cet autre article du journal paru le même jour.
Les réactions à cette interprétation du Monde ne se sont pas faites attendre, voir, en plus des billets évoqués ci-après, ceux répertoriés sur le blog d’Anthere.
Il était important de repositionner ce que signifie exactement ce jugement d’une part, et les enjeux soulevés plus généralement par ce type de diffusion du savoir d’autre part.
Le jugement
Les plaignants ont saisi le TGI selon une procédure de référé. Ce que cela change ? Jules de dinners room et maître Eolas nous l’expliquent de manière détaillée – agir en référé permet en gros au juge de prononcer des mesures ‘provisoires’, permettant d’ordonner immédiatement les mesures nécessaires, sans régler le litige sur le fond.
Sont analysées dans ces deux blogs les décisions du juge relatives aux trois points de l’accusation. C’est en effet en qualité d’hébergeur technique que Wikimedia a été jugée, et non en tant qu’éditeur, tombant non sous la loi relative au droit de la presse (loi du 29 juillet 1881), mais sous celle du 21 juin 2004, soit la LCEN, Loi sur la Confiance dans l'Économie Numérique - on lira chez Eolas un rappel utile des modalités de cette dernière.
Les enjeux
Réagissant à ce jugement, Jean-Michel Salaün publiait il y a quelques jours un billet intitulé Responsabilité et redocumentarisation, dans lequel il s’interroge sur le crucial problème de responsabilité quant aux contenus diffusés sur internet, et l’importance de «réfléchir à un nouvel ordre documentaire».
Et hier Affordance dans Wikipedia et caetera proposait un éclairant tour d’horizon sur le fourmillement autour de Wikipédia, tels que, entre autres, le Premier colloque francophone sur Wikipédia qui a eu lieu les 19 et 20 octobre derniers – dont David Liziard a rédigé pour le BBF un compte rendu qui paraîtra dans le prochain numéro de la revue – ou le projet Veropédia.
Finalement, « peut-on se fier à Wikipédia ? » Cette question dira quelque chose aux lecteurs de la liste de diffusion biblio-fr, sur laquelle des échanges argumentés se succèdent depuis fin septembre.
Et aussi
Au vu des controverses soulevées sur la fiabilité de Wikipédia, des outils se mettent en place, tel que le WikipédiaViz, «un outil pour aider à l’évaluation des articles de Wikipédia».
Vu sur le site d’Artist
Et puis pour se donner le vertige, les modifications de Wikipédia (anglophone seulement pour l’instant) sont observables presque en temps réel, selon la localisation géographique de leur auteur, sur WikipediaVision.
Vu sur Ecrans
Par Invité, le 22 juin 2007
Dans actualité des bibliothèques, internet, ressources en information et documentation, invité
Marie Guinchard (coordinatrice du contrat ville-lecture de Faches-Thumesnil (métropole lilloise)) et Willy Tenailleau (auteur du blog LaConjuration/notes) nous présentent à quatre mains le site élaboré par ce dernier, Biblioflux, «Répertoire de blogs consacré aux bibliothèques, aux sciences de l'information et de la documentation et aux technologies associées» mis en place ces derniers mois. Très intéressé par ce projet, le BBF publiera à la rentrée un article de ces mêmes auteurs décrivant de manière plus étoffée la démarche qui a entraîné la création de Biblioflux, les réflexions sur son utilité et le public à cibler en priorité, ainsi que les probables évolutions.
L'actualité récente relayée par le BBF – l’étude en ligne de PascalK et Dbourrion, l’article de Nicolas Morin et Marlène Delhaye – montre une prise de conscience du phénomène des biblioblogs. En mars dernier, plusieurs de ces bloggeurs de bibliothèques proposaient une idée de rencontre afin, en plus de faire connaissance, de lancer quelques idées de projet à mener ensemble. La page de Bibliopedia dédiée à l'événement et les discussions préparatoires associées montrent la richesse et la diversité des voix portées par ce groupe. Proposé par J.-M. Salaün, un agrégateur dédié aux biblioblogs côtoie alors les projets de formation à destination des professionnels – volonté récurrente au sein de la biblioblogosphère.
Biblioflux est né de cette double préoccupation : offrir un agrégateur clé en main pour apprendre à connaître cette communauté tout en essayant d'éclairer les novices sur les technologies et les pratiques associées aux phénomènes des blogs, en particulier les flux rss. L'outil se voit donc doté de deux faces : une sélection de sources autour du monde des bibliothèques, des sciences de l'information et de l'édition d'une part et des pages consacrées à la présentation et l'utilisation des flux rss d'autre part.
Concrètement, Biblioflux agrège 21 blogs différents et il est possible de suivre tout ou partie de ces sources. En plus d'une page pour se familiariser avec les flux rss et la syndication, un tutoriel explique étape par étape comment créer son propre agrégateur sur Netvibes. Couplées à la liste des biblioblogs disponible sur Bibliopedia, ces explications doivent permettre aux utilisateurs de faire de Biblioflux un outil de transition vers une appropriation des multiples contenus fournis par la biblioblogosphère.
La génèse de l'outil, comme expérience issue de la biblioblogosphère, montre combien la dynamique est entretenue par la communauté (cf. discussion sur Bibliopedia) mais aussi qu'il est difficile, sans cadre défini ni obligations, de porter un mouvement de réelle collaboration (sur le choix des sources par exemple).
Par Katell Gueguen, le 21 juin 2007
Malgré les critiques lancées contre Wikipédia par certains professionnels de l’information (voir par exemple Pierre Assouline ou Daniel Garcia), qui ne croient pas au projet et à la possible fiabilité d’une encyclopédie libre et collaborative modifiable par tout un chacun (et manifestement ‘vandalisée’ selon ces derniers), le site, lancé le 15 janvier 2001 en anglais par son fondateur Jimmy Wales (dans le cadre de la fondation Wikimédia) puis rapidement développé dans de nombreuses langues, s’inscrit pourtant à l’heure actuelle parmi les 20 sites les plus visités de la planète selon le baromètre Alexa.
Wikipédia est aujourd’hui déclinée dans 253 langues. On peut consulter pour la version française l’historique de la Wikipédia francophone, cette dernière comptant 13 000 contributeurs enregistrés – contre plus de 110 000 pour la partie anglophone. Notons que l’on peut se procurer Tout Wikipédia francophone sur un CD-Rom, comme c’est expliqué dans ce dernier lien.
Cette notoriété ne présume évidemment pas en soi de la qualité intrinsèque de l’encyclopédie, la fiabilité étant une question omniprésente chez les contributeurs de Wikipédia eux-mêmes ; une page a même spécialement été ouverte pour répondre aux principales objections – permettant par là même une recension de ces dernières. Pour une liste des principales critiques adressées à Wikipédia, consulter également le point 1.3 du dossier de l’INRP présenté ci-dessous.
Toujours est-il qu’on ne peut désormais plus faire l’impasse sur ce qui est devenu une des première références chez les étudiants et jeunes scolarisés, ne serait-ce que pour comprendre de quoi il retourne, quels sont les enjeux à relever, et comment appréhender et consulter cette ressource à bon escient. La politique éditoriale elle-même nécessite une vigilance et une vérification des informations constantes – de la même manière que pour n’importe quelle source, objectera-t-on. Mais, comme le souligne Jean-Michel Salaün, les plus sévères critiques de Wikipédia sont bien souvent ses meilleurs serviteurs.
Pourtant si la comparaison avec les erreurs trouvées dans l’Encyclopædia Britannica ne lui fait pas faire pâle figure (voir note 1 d’un des liens mentionnés plus haut), le problème n’est peut-être pas seulement celui du nombre d’erreurs, mais du type de produit qui s’offre à nous, et qui rend difficile l'évaluation de la teneur de l’information que l’on a entre les mains : une encyclopédie ‘classique’ offre au lecteur un produit fini, dont chaque article a théoriquement été validé par un comité scientifique, et si des erreurs peuvent subsister, du moins le degré d’expertise proposé relève d’un certain niveau minimum. Tel n’est pas le cas de Wikipédia, encyclopédie dans laquelle se côtoient des articles d’une haute teneur scientifique, et d’autres rédigés par des amateurs : or le lecteur lambda qui ne connaît pas un domaine ne peut apprécier le type d’article qu’il est en train de lire.
Vous trouverez ci-dessous quelques liens, plus ou moins récents, qui cherchent à mieux cerner ce que Wikipédia apporte de nouveau, par l'analyse des économies de Wikipédia tout d’abord, puis par des liens s’intéressant au nouveau modèle éditorial qu’elle incarne – avec pour finir quelques liens utiles.
Mise à jour du 22 juin: Le Point a publié hier un article polémique intitulé Wikipédia, une encyclopédie pas si Net, pointant les "dérives de ce système anti-élites", acompagné des points de vue de Michel Serres (pour) et Jean-Noël Jeanneney (contre).
Le Bulletin des bibliothèques de France est publié par l'École nationale supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques
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