Par Jeremy Jeanguenin, le 30 juillet 2009
Nous y sommes : après 10 mois au service du Bulletin des bibliothèques de France, je pars pour d'autres (et incertains) horizons.
Je remercie vivement Yves Alix, Annie Le Saux (pour le BBF mais aussi pour les cours de soutien en russe !), Celestino Avelar, ainsi que Florence Bianchi qui quitte également le navire, de m'avoir chaleureusement accueilli.
La rédaction du blog sera progressivement reprise dès la rentrée par Frédéric Deroche, de la "Mission Communication et Valorisation", depuis l'Enssib ; je lui souhaite bon courage dans cette nouvelle tâche de veille !
J'en profite pour saluer tous les bibliothécaires et auteurs avec qui j'ai pu être en relation "2.0" ou "réelle" pendant toute cette année passée au BBF.
A bientôt !
Jeremy Jeanguenin
Par Yves Alix, le 20 juillet 2009
Au moment où on célèbre le quarantième anniversaire de la conquête de la lune, le BBF choisit d’explorer la bibliosphère, en consacrant son dossier à "l’environnement professionnel", c'est-à-dire à tout ce qui constitue le bagage partagé et l’identité de la communauté des bibliothécaires – si communauté il y a, ce qui est encore à prouver. Laurence Santantonios l’a écrit (Livres Hebdo n° 784 du 3 juillet, p. 71) : c’est un numéro "un peu nombriliste". De quoi y parle-t-on ?
Tout d’abord de ce que lisent, regardent, écoutent, consomment les quelque 30 000 agents qui travaillent dans les bibliothèques françaises. David-Jonathan Benrubi nous livre une synthèse passionnante de l’enquête sur "les consommations culturelles des bibliothécaires" qu’il a menée dans le cadre de son mémoire pour le diplôme de conservateur de bibliothèque, sous la direction de Christophe Evans. Son travail, qui s’appuie, entre autres, sur les études récentes de Bernard Lahire (La culture des individus), mais aussi de Fabienne Gire, Dominique Pasquier et Fabien Granjon (Culture et sociabilité : les pratiques de loisirs des Français), met en lumière les effets du renouvellement générationnel en cours et l’émergence d’un rapport à la culture très différent de celui sur lequel les professionnels entrés dans le métier dans les années 70 et 80 ont construit leur travail de découvreurs et de prescripteurs culturels.
Si cette approche sociologique aide largement, après d’autres travaux publiés naguère dans la revue (comme "Le fossé des générations", de Dominique Lahary, n° 3, 2005), à comprendre qui sont les professionnels aujourd’hui, une autre question est celle des moyens par lesquels ils communiquent et construisent leur identité commune. À cela, plusieurs éléments de réponse. Gaël Revelin, du SCD de Savoie, et moi-même réfléchissons ensemble aux lieux de débats et d’échanges de la profession, à partir d’une rencontre à laquelle participait aussi le blogueur Daniel Bourrion, qui en livre sa propre version (il y parle même de son nombril, pour l’édification de Laurence Santantonios sans doute…). Il y est aussi question de Biblio-fr, bien sûr. La célèbre liste de diffusion vient de disparaître, mais elle était sans doute l’emblème le plus visible de notre "communauté".
Rémi Mathis et Olivier Morand analysent le traitement des sciences de l’information et des bibliothèques dans l’encyclopédie collaborative Wikipédia. Maurice Didelot et Murielle Claudon font l’inventaire quasi exhaustif des canaux d’information traditionnels des bibliothèques, revues et collections spécialisées. Livia Rapatel, Thomas Chaimbault, Christophe Pavlidès, Christine Teulé, Pierre Moison et Catherine Jackson, chacun pour sa part, présentent les bibliothèques professionnelles – physiques ou virtuelles – mise à la disposition des bibliothécaires d’aujourd’hui et de ceux qui aspirent à le devenir, et les services qu’elles proposent, comme Questions ? Réponses !, proposé par l’enssib.
L’ouverture à l’international n’est pas oubliée, avec un focus d’Aline Girard sur la section des bibliothèques métropolitaines de l’Ifla, et une présentation du paysage associatif du Royaume-Uni par Anne-Elisabeth Buxtorf. Évidemment, l’un et l’autre ne sont là qu’à titre d’exemple, et ne sauraient épuiser le sujet ni présenter des modèles.
Enfin, la communication interne et les outils de travail en commun sont ici évoqués à travers les expériences en cours à Rouen. L’abandon du projet de grande médiathèque communautaire par l’équipe municipale élue en 2007 a fait la une de tous les journaux, on s’en souvient, et a déstabilisé les agents. Les professionnels de la profession se sont émus, il le fallait sans doute. Depuis, l’eau de la Seine a coulé sous les ponts rouennais et l’équipe des bibliothèques a pu s’investir dans de nouveaux projets, pour lesquels il fallait oser mettre en œuvre des outils innovants (voire, pour certains, dérangeants). Un portail de veille partagée, ici présenté par Christophe Robert, a été ouvert. Par ailleurs, comme le relatent Françoise Hecquard et Ilios Kotsou, un plan de formation à l’accueil s’appuyant sur le développement de l’intelligence émotionnelle a été lancé. Fondé sur un concept peu utilisé jusqu’alors dans notre milieu professionnel, il doit aider à fédérer les équipes autour d’objectifs de service renouvelés. Mieux s’adapter, mieux comprendre son propre fonctionnement mais aussi celui des autres, c’est faire évoluer son environnement professionnel dans le sens le plus souhaitable : celui de l’ouverture à l’autre, pour employer un vocabulaire déjà passé de mode. Voilà de belles ambitions.
Loin, très loin de cet environnement qui est le nôtre, la rubrique "À propos" reprend le fil d’une étude dont le BBF avait déjà rendu compte en 2007 : celle des habitudes de lecture des collégiens et lycéens africains du Burkina Faso. Nous retrouvons dans ce nouvel article les auteurs de la précédente contribution, Alain Joseph Sissao et Michael Kevane. Ils sont rejoints ici par Félix Compaoré et concentrent leur analyse sur les élèves de 3e et de 1e à Ouagadougou, la capitale. Leur conclusion renforce encore les constats du premier article, sur le rôle fondamental de la lecture dans le développement personnel et la réussite scolaire. Une chose est de le croire, une autre de le démontrer. Et quant à en convaincre les citoyens et les pouvoirs publics, c’est une tout autre mission. Mais voilà de belles ambitions, là aussi.
Un dernier mot. Vous l’avez sans doute lu ou entendu, la rédaction du BBF quitte dans quelques semaines Paris pour rejoindre sa "maison mère", l’Enssib, à Villeurbanne. C’est l’occasion pour moi de prendre congé. De remercier chaleureusement l’équipe qui m’a accompagné pendant ces 22 numéros, à commencer par Annie Le Saux, rédactrice en chef adjointe, sans qui le BBF ne serait pas ce qu’il est. De remercier toutes celles et tous ceux qui ont apporté leur contribution à la revue et ont enrichi ses contenus, avec leur générosité, leur intelligence et leur talent. Je passe maintenant le relais à Yves Desrichard, nouveau rédacteur en chef, à qui je souhaite un plein succès.
Je vais avoir le plaisir de redevenir un simple lecteur de la revue. Simple lecteur : un rêve…
Yves Alix
Par Yves Alix, le 20 juillet 2009
Dans le billet du 28 mai dernier : "Bibliothèques au rapport : un dossier enrichi", j’annonçais la mise en ligne prochaine d’un article de Jean-Luc Gautier-Gentès sur le rapport Desgraves de 1982. Ce texte intitulé "Le patrimoine des bibliothèques : une cause, une conséquence, un point de repère", est désormais disponible, il a été intégré au sommaire de ce numéro 3.
C’est un texte dense et passionnant sur un moment de l’histoire des bibliothèques françaises. Lisez-le !
Yves Alix
Par Yves Alix, le 28 mai 2009
Le numéro 3 du BBF est en ligne depuis quelques jours.
Le dossier de cette livraison est consacré aux (nombreux) rapports sur les bibliothèques, produits par les administrations de tutelle, les instances de contrôle (Inspection générale) ou de réflexion prospective (Conseil supérieur des bibliothèques), à la demande des élus ou des responsables poltiques, ou encore à l'initiative des associations et groupes professionnels.
En introduction, Anne-Marie Bertrand, en prenant exemple sur quelques rapports marquants de ces dernières décennies, se demande comment on les produit et comment on les reçoit, ce qu'ils contiennent, à quoi ils servent. Le cadre étant ainsi dessiné avec toute la précision nécessaire, place est ensuite donnée, successivement, à une présentation des rapports de l'Inspection générale des bibliothèques par Daniel Renoult, qui en retrace brièvement l'historique, décrit les procédures et s'interroge sur leur impact et leur réception. Il les qualifie très justement de "jalons de l'histoire collective des bibliothèques", une appréciation qui caractérise aussi parfaitement les rapports publiés pendant un peu plus de dix ans par le Conseil supérieur des bibliothèques. Pour ceux-ci, la rédaction du BBF est allée interroger Michel Melot, ancien président du Conseil, et a fait appel à ses souvenirs.
Autres jalons : le rapport Caillet sur le patrimoine de la Bibliothèque nationale, présenté par Jean-François Delmas; le rapport Vandevoorde, sur lequel s'est penché Guillaume de La Taille ; le rapport Pingaud-Barreau, son contemporain quasi exact, décortiqué pour le BBF par Thierry Ermakoff ; le rapport Miquel, "constat sans concession" de l'état des BU à la fin des années 80, sur lequel fait retour Romain Le Nezet. La conclusion de ce panorama rétrospectif est donnée, avec toute l'ironie qu'on lui connaît, par Yves Desrichard, sous la forme de conseils (judicieux).
Bien entendu, le sujet est si vaste et les rapports sur les bibliothèques ont été si nombreux depuis cinquante ans qu'il n'était pas question de prétendre à l'exhaustivité. Il manque néanmoins à notre sommaire, les connaisseurs de l'histoire récente des bibliothèques et les spécialistes du patrimoine l'ont certainement remarqué, un rapport qui fit du bruit en son temps et constitue, précisément, un jalon essentiel de cette histoire : le rapport Desgraves de 1982 (évoqué brièvement dans son article par Anne-Marie Bertrand). Nous ne l'avions pas oublié. Mais l'article passionnant et remarquablement complet que nous a livré à son sujet Jean-Luc Gautier-Gentès (qui en fut le rapporteur) était malheureusement trop long pour le cadre restreint du numéro papier. Il était aussi très difficile à réduire, car son propos va bien au-delà de ce seul rapport. D'un commun accord avec son auteur, nous vous proposons donc de le découvrir en ligne sur le site dans quelques jours, dans une version en PDF téléchargeable et imprimable, en attendant la publication papier d'une version encore enrichie (un livre, peut-être). Nous remercions Jean-Luc Gautier-Gentès de nous offrir ainsi la primeur de cette réflexion approfondie.
Hors dossier, quatre articles très divers et pleins d'intérêt : Tout d'abord, Cécile Touitou nous fait partager la réflexion des bibliothécaires américains sur l'évolution de l'offre numérique, à la lumière d'une grande enquête publiée récemment par l'ALA, American Library Association. Plus près de nous, Matthieu Desachy rend compte d'une expérience de prêt illimité à la bibliothèque municipale d'Albi : "Lisez sans entraves", le mot d'ordre en rappellera un autre à ceux qui ont vécu Mai 68, année du rapport mémorable sur La lecture publique en France... Valérie Caron et Sandrine Delecroix se penchent sur la formation à la méthodologie documentaire en BU de médecine, à travers le C2i, le Certificat informatique et internet. Enfin, nous traversons l'Atlantique à nouveau pour examiner avec Marcel Lajeunesse l'histoire récente des bibliothèques au Québec. Vous verrez en le lisant que là-bas aussi, les rapports jalonnent l'histoire, et ce n'est visiblement pas fini. Soyons optimistes : cela veut dire que les bibliothèques existent, qu'elles posent question, et que leur place dans la société contemporaine est un enjeu qui concerne tous les citoyens. Soyons optimistes, oui. Nous le serons peut-être moins dans le prochain numéro !
Bonne lecture à tous.
Par Yves Alix, le 20 mars 2009
Habillées de noir et d’orange comme l’édition papier, les pages s’affichent sur un fond blanc pour améliorer la lisibilité des textes.
Les menus de la page d’accueil sont mieux répartis et plus détaillés, avec une place pour l’information ponctuelle et l’événement immédiat (le bandeau défilant) et une meilleure déclinaison.
En haut, les fonctions de recherche, les contacts, les formulaires pour s’abonner ou acheter et les informations éditoriales essentielles : contacts, mentions légales, protocole de rédaction. A noter, le menu "Histoire du BBF" (il a plus de cinquante ans, ça vaut bien une rubrique…).
En bas, la "Une", avec le sommaire du dernier numéro paru et le programme des numéros à venir, mais aussi les contenus propres au site : le "e-dossier", nouveau nom du Panorama du Web (ressources en ligne sur le thème traité dans le dernier dossier papier), l’agenda et le blog. Tout n’est pas encore tout à fait au point : l’affichage de l’agenda va être amélioré, les bugs que vous pouvez rencontrer en cours de navigation vont être résolus.
Par ailleurs, ce nouvel habillage graphique devrait être suivi dans le courant de l’année de fonctionnalités de recherche supplémentaires et d’enrichissement des contenus : nuages de tags avec les billets du blog ou fil RSS sur l’ensemble du site, par exemple.
Quant aux difficultés que rencontrent souvent les internautes pendant leurs sessions de recherche sur les articles de la revue, elles devraient se dissiper progressivement : la totalité du contenu papier numérisé est désormais migré dans la bibliothèque numérique de l’Enssib, entrepôt OAI moissonnable, accessible aussi directement sur le site de l’école.
Pour la partie graphique, le nouveau site est l’œuvre de la société Bialec.
Les pages du site (hors bibliothèque numérique) ont été développées par le service informatique de l’Enssib, avec l’outil de gestion de contenu Drupal.
Merci à tous ceux qui ont contribué à cette réalisation. Et merci à tous les visiteurs de leur fidélité et de leur vigilance : n’hésitez pas à nous transmettre vos critiques et vos suggestions.
Notre webmestre Jeremy leur consacrera la plus grande attention.
Comme le diraient nos amis québécois : "Bon furetage !"
Yves Alix
Par Jeremy Jeanguenin, le 24 février 2009
Dans actualité et dossiers du BBF, actualité des bibliothèques, colloques et manifestations, culture et monde du livre, métier(s)

Le débat portera sur la thématique développée dans le dossier du numéro 2 de la revue, à paraître fin mars :
"Les bibliothèques actrices de la citoyenneté : leur rôle dans l’intégration, la formation et l’insertion"
Les intervenants seront :
Dominique Gillot, ancienne ministre, vice-présidente du conseil général du Val-d’Oise, maire d’Eragny ;
Dominique Tabah, directrice des bibliothèques municipales de Montreuil ;
Olivier Chourrot, chef du bureau des réseaux d’informations scientifique et technique au ministère de l’Enseignement supérieur ;
Sandrine Malotaux, directrice du service commun de documentation de l'Institut polytechnique de Toulouse.
Le rôle citoyen et social des bibliothèques, et leur offre de service en direction des populations immigrées non francophones, des jeunes préparant leur insertion professionnelle, des adultes en réinsertion, seront interrogés à travers l’exemple de la lecture publique mais aussi de l’université, où se mettent en place les BAIP, bureaux d’aide à l’insertion professionnelle des étudiants.
Le débat sera présenté par Yves Alix, rédacteur en chef du BBF.
Par Jeremy Jeanguenin, le 06 janvier 2009
Bonjour,
Toute l’équipe du BBF vous présente ses meilleurs vœux pour cette nouvelle année 2009 !
A cette occasion, nous nous réjouissons de vous annoncer que vous pourrez nous lire très bientôt sous d’autres couleurs : après la version papier rajeunie en janvier 2008, le BBF en ligne passe lui aussi à l’orange, avec un graphisme entièrement revu ! Dans un second temps, l’ergonomie, et par conséquent la navigation, seront rendues plus aisées grâce à l’intégration de nouvelles fonctionnalités de recherche.
Finies les lectures monotones sur fond gris et les lectures grises sur fond monotone!
Bien sûr, tous nos lecteurs, qu’ils soient professionnels des bibliothèques ou de la documentation, chercheurs, étudiants, fureteurs, passionnés, pourront continuer à disposer de la version électronique intégrale du BBF au format XML. Quant au blog, il devrait gagner en ergonomie lui aussi et sera entièrement refondu au site (l’adresse url ne sera plus différente de celle du site, en l’occurrence).
Et en guise d'apéritif, voici un modeste aperçu qui vous donnera une idée sans tout dévoiler!

L'équipe du BBF,
Yves Alix
Annie Le Saux
Celestino Avelar
Florence Bianchi
Jeremy Jeanguenin
Par Yves Alix, le 02 décembre 2008
Pour sa dernière livraison de l'année, le BBF se penche à nouveau sur le patrimoine. Le sujet est si vaste, son actualité à la fois si diverse et si complexe, que la revue y consacrera non pas un, mais deux dossiers consécutifs. Cet ensemble s'inscrit d'ailleurs dans une continuité remarquable : citons ainsi pour mémoire les numéros 12 de 1982 (avec le fameux rapport Desgraves), 3 de 1996, 2 de 1997, 4 de 2000 et 5 de 2004, dont les dossiers étaient déjà consacrés aux questions patrimoniales. Plus récemment encore, dans le numéro 5 de 2006, le BBF avait publié un bel article de synthèse de Valérie Tesnière, Patrimoine et bibliothèques en France depuis 1945, auquel on peut se reporter avec profit avant d'aborder ce nouveau point sur la question que nous vous proposons aujourd'hui.
Le premier volet est centré sur ce que Noëlle Balley, coordinatrice, avec votre serviteur, de ce double dossier, nomme dans son article de tête les constructions patrimoniales. Suivant les images du puzzle, de la coquille et du Lego, l'auteur esquisse une typologie de ce qu'on pourrait nommer l'érection de la chose (écrite, sonore, audiovisuelle, imprimée, manuscrite, etc.) au statut d'objet patrimonial, et de ce qui en découle pour les institutions, les professionnels et les publics. Cette réflexion liminaire ouvre un ensemble où alternent descriptions de projets patrimoniaux et réflexions sur les enjeux de ces multiples chantiers.
Ainsi Fabien Plazannet présente-t-il l'avancement du Pape, Plan d'action pour le patrimoine écrit, tandis que Valérie Néouze décrit l'enquête en cours sur le patrimoine des bibliothèques de l'Enseignement supérieur.
A son tour, Gildas Illien, pour la BnF, revient en détail sur la mise en oeuvre du dépôt légal de l'internet, institué par la loi du 1er août 2006, et ses collègues Emmanuèle Bermès, Marie-Elise Fréon et Frédéric Martin clament que "Tous les chemins mènent au numérique".
Gilles Pierret, de la Médiathèque musicale de Paris, revient sur le sujet qui lui tient à coeur de la valorisation du patrimoine sonore.
Lui fait écho, pour les fonds Jeunesse, Christine Desplebains, entourée de quelques partenaires des expériences coopératives menées en Midi-Pyrénées.
L'ouverture, au quadrilatère Richelieu, de la bibliothèque de l'Inha, avec la perspective, à l'horizon 2011-2012 (si tout va bien !) de son déploiement dans une salle Labrouste restaurée, participe pleinement de ces chantiers patrimoniaux, de même que l'informatisation du fonds ancien de la bibliothèque du Collège des Irlandais. Chacune pour sa part, Anne Weber et Dominique Morelon de l'Inha, et Carole Jacquet du Centre culturel irlandais, nous décrivent ces chantiers.
Ce premier volet se termine avec une présentation de la prestigieuse Bibliothèque d'Etat de Bavière à Munich, à l'occasion de son 450 ème anniversaire, par Gernot Gabel.
Et comme on dit... "la suite au prochain numéro".
Hors dossier, trois textes très différents mais passionnants tous trois. Côté bibliothèques du futur, c'est Gilles Gudin de Vallerin qui présente, à la fois comme directeur du réseau montpelliérain et président de l'ADBGV, l'association des directeurs de bibliothèques de grandes villes, une sorte de manifeste "de la bibliothèque idéale à la médiathèque réelle". Ou de l'écart entre une vision prospective souvent théorique et la nécessité de penser au quotidien, dans l'interaction avec les publics, la réalité du service public de bibliothèque demain. Un texte à méditer et, naturellement, à discuter !
Tournons-nous pour finir vers les adolescents, mal-aimés de nos bibliothèques bien souvent. Soizik Jouin, reprenant une communication faite l'été dernier au congrès de l'Ifla, s'interroge sur le classement et la présentation des romans à thème (et donc, à cet âge, "à problèmes") dans les bibliothèques. Et pour faire pendant à sa réflexion, aussi modeste qu'avisée, nous publions, grâce à Cécile Touitou qui l'a traduit, un article de 2005 de la revue américaine Public Libraries, présentant les résultats d'une enquête menée auprès d'ados sur leur perception de la bibliothèque publique. Là encore, des leçons à prendre, et à méditer.
Bonne lecture à tous !
Par Jeremy Jeanguenin, le 29 octobre 2008
Bibliothèques universitaires
La nouvelle version de l'Annuaire des bibliothèques universitaires est disponible à la Documentation française. Les données analysées concernent l'année 2006. Ce document donnera les grandes tendances des BU et leur évaluation par grands ensembles : évolution, acquisitions, collections, moyens, prospective.
Publications lyonnaises
Voici deux publications de la bibliothèque municipale de Lyon.
La première se veut un journal à part entière de la bibliothèque de Lyon (le numéro 2 le présente désormais comme "magazine"), consacrant le concept de "bibliothèque-média", selon les termes de Patrick Bazin, directeur de la bibliothèque municipale.

Plutôt novateur, le journal Topo, qui agrandit son format, propose une maquette et une typographie des plus soignées (et remplit désormais pas moins de 75 pages!), rappellera les publications de qualité de certaines librairies. Les internautes ont la possibilité de consulter la version pdf de Topo.
La seconde, vous la connaissez peut-être, est la revue Gryphe, du nom du fameux imprimeur-libraire humaniste.

Gryphe a pour mission de valoriser le patrimoine imprimé conservé à la bibliothèque de Lyon. Amateurs éclairés, passionnés ou spécialistes, la revue accueille de nombreuses contributions. Depuis le numéro 10, la périodicité est trimestrielle et le propos s'élargit au son et à l'image. Le public visé est davantage celui des amateurs et curieux de tout bord plutôt qu'un lectorat strictement spécialiste et universitaire.
Par Yves Alix, le 08 octobre 2008
Le dossier de rentrée du BBF, en ligne depuis hier, est consacré aux bibliothèques de ce qu'on appelait dans les années 80 le tiers réseau (cela dira quelque chose à ceux et celles qui ont connu "l'ère Gattegno"...). De quoi s'agit-il ? Pour l'essentiel, le mot désigne les bibliothèques de comités d'entreprise (bibliothèques destinées aux personnels, à ne pas confondre avec les centres de documentations des entreprises), les bibliothèques et services de lecture organisés à l'hôpital (et dans les maisons de long séjour, de convalescence, de retraite...) et les bibliothèques de prison. Il faudrait aussi inclure les réseaux associatifs assurant du prêt et des actions de sensibilisation en faveur de la lecture ou/et contre l'illettrisme, les actions hors les murs, etc. : le domaine, en dépit de sa dispersion, est complexe et abondant. Presque trop. Et d'autant plus difficile à appréhender qu'il est peu souvent traité dans la littérature professionnelle.
Par commodité, le dossier a donc été divisé en trois ensembles. Le premier est consacré à l'entreprise. En France, les lois, votées juste après la Libération, qui ont rendu obligatoires les comités d'entreprises constitués d'élus du personnel, ont confié à ces instances représentatives la gestion des œuvres sociales et culturelles destinées aux salariés, dont les bibliothèques. Philippe Pineau présente le réseau d'aujourd'hui, son état, ses atouts et ses faiblesses. Deux entretiens, avec Pierrette Bras (responsable du Service du livre et des bibliothèques du CCE de la SNCF) et avec Jean-Pierre Burdin (conseiller technique du secteur culturel à la CGT) complètent cette présentation.
Le deuxième ensemble présente les bibliothèques à l'hôpital. Florence Muet fait l'état des lieux, à partir d'une enquête nationale menée en 2006. Danièle Wohlgemuth et Camille Dégez présentent et commentent le contenu du livret interministériel Faire vivre la lecture à l'hôpital : recommandations et bonnes pratiques. Enfin, Claudie Guérin, avec le concours de six professionnelles des bibliothèques opérant sur tout le territoire, répond à la question : Pourquoi et comment travailler avec l'hôpital ?
La troisième partie traite des bibliothèques en prison, services à des publics empêchés (pour un temps plus ou moins long), dont les besoins sont souvent délicats à appréhender et plus encore à satisfaire, tant les conditions d'exercice sont difficiles. Delphine Belet et Monique Pujol font le point, chacune pour son ministère, sur l'action de l'Etat. Odile Cramard présente, à titre d'exemple, la situation en Rhône-Alpes, avec le concours de Brigitte Corbel et Isabelle Suchel-Mercier. Olivier Caudron et Laurence Dubois-Pouillaute relatent une expérience rochelaise de partenariat entre la prison et la bibliotèque universitaire. Enfin, un éclairage international nous est fourni à travers les contributions respectives de Glennor Shirley (Etats-Unis), Francesca Ghersetti (Italie) et Margarita Pérez Pulido.
Au total, une mine d'information, mais aussi une base de réflexion pour repenser le service au public et les missions (culturelle, sociale, civique ?) de la bibliothèque aujourd'hui. Et, pourquoi pas, pour réfléchir aux formes du militantisme et à ses évolutions ?
La rubrique A propos de cette livraison propose par ailleurs deux contributions originales et intéressantes sur des questions récurrentes dans l'environnement contemporain des bibliothécaires. La première est d'ordre sociologique et s'intéresse à la transmission des savoirs, à travers une expérimentation "d'analyse clinique de l'activité" menée en 2006 à la Bibliothèque nationale de France (Isabelle Bailleux, Catherine Bonhomme, Philippe Garel).
La seconde, due à Carole Bessero, analyse les usages des périodiques scientifiques après le passage du papier au tout-électronique, à travers un exemple remarquable à bien des égards, celui du Cern, l'Organisation européenne pour la recherche nucléaire à Genève. Mais oui, là-même où on vient d'inaugurer en grande pompe le LHC, le Grand Collisionneur de Particules (ils doivent tous être au Collège de pataphysique là-bas, c'est probable)... avant de le refermer pour six mois, le temps de colmater une petite fuite. Et de repousser un peu la fin du monde.
Mettez à profit ce répit pour vous plonger dans la lecture du BBF. Et si vous aimez le cinéma (et aussi la polémique, le talent et la mauvaise foi assumée), vous serez récompensé(e) à la fin du numéro, à la rubrique En marge : Yves Desrichard a des choses à dire sur les Ch'tis !
Je ne voudrais pas terminer cet éditorial de rentrée sans vous annoncer l'arrivée de Jeremy Jeanguenin, nouvel animateur des rubriques électroniques du BBF, dont la signature va rapidement vous devenir familière. Bienvenue à notre nouveau veilleur !
Le Bulletin des bibliothèques de France est publié par l'École nationale supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques
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