culture et monde du livre

Les 20 ans de l'Observatoire des politiques culturelles

Par Jeremy Jeanguenin, le 16 juillet 2009

Dans culture et monde du livre

 

A l'occasion de ses 20 ans, l'Observatoire des politiques culturelles, sous la tutelle du Ministère de la Culture, ouvre une série de débats tout au long de l'année 2009 sur le rôle de l'Etat et des collectivités territoriales face à la culture. Un tour de France et d'Europe (Vilnius, Grenoble, Barcelone, Avignon, Annecy, Bruxelles, Strasbourg, Bordeaux, Rennes, Caen, Privas, Paris, Pantin) propose une variété de problématiques consubstantielles au sujet : partenariats Etat/collectivités, culture et développement durable, l'évaluation des politiques culturelles, les réseaux culturels européens, la mobilité artistique, etc.

Le prochain colloque se tiendra demain 17 juillet 2009 à Avignon et portera sur la thématique "Politiques culturelles : un partenariat à réinventer".

Les inscriptions à chaque colloque se font directement auprès de l'établissement organisateur sur le site des 20 ans de l'Observatoire des politiques culturelles. Les formulaires d'inscription sont disponibles sur cette page.

A noter qu'une bibliographie réalisée pour l'événement est disponible ici.

 

De l’impact du numérique sur l’imprimé

Par Jeremy Jeanguenin, le 22 avril 2009

Dans culture et monde du livre

A Bon entendeur…

Voici la réponse énergique de François Bon aux "contrevérités" diffusées par le SNE à l’occasion des "Assises du numérique" : "Après 2 semaines canadiennes, je découvre cette hallucinante analyse diffusée officiellement par le SNE au Salon du livre de Paris. Hallucinante de pauvreté, d’erreurs et simplifications, de vocabulaire d’un autre âge".
Un plaidoyer roboratif et engagé, qui laisse entrevoir une autre idée du livre numérique, mais aussi du métier d’éditeur numérique, de la position de l’auteur dans cette chaîne.
Pour lire l’intégralité du propos de François Bon, rendez-vous sur son Tiers Livre.

Alde l’Ancien à la lumière du pixel nouveau

Bruno Rives annonce sur son blog Librii que son roman Aldo Manuzio, passions et secrets d’un Vénitien de génie paraîtra en version électronique, avec pour format retenu le pdf enrichi. L’occasion de découvrir autrement ce portrait de l’imprimeur-éditeur humaniste. "Cette édition comprendra une centaine d’illustrations, les Annales de l’Imprimerie des Alde, une version française et les gravures de l’Hypnerotomachia adaptées pour reader, des commentaires d’écrivains et de lecteurs, le tarot de Mantegna, et bien d’autres choses encore…"  (voir aussi eBouquin).

A l’Ouest, du nouveau (la POD)

L’édition traditionnelle, l’impression à la demande, l’autoédition et l’édition numérique : tels sont les quatre points cardinaux du livre et de l’édition, selon Actualitté, rapportant le propos de Booksquare. L’activité éditoriale est symbolisée par une sorte de cercle (ou plutôt, ici, de "quadrant") vertueux, au sein duquel la possibilité d’une "impression à la demande" (POD, "print on demand") tient une place nouvelle qui devrait avoir quelques conséquences sur l’édition dite "à compte d’auteur", étant donné qu’elle est la partie la moins sujette aux contraintes de cette "boussole du livre" (pas de stock, disponibilité pour tous, coûts peu élevés).

Encarta, achevée par Wikipédia

Certains modèles économiques s’effondrent : c’est le cas d’Encarta, encyclopédie cédérom puis en ligne, créée par Microsoft et lancée en 1993 pour les plateformes PC sous Windows. Le rapport de force, de moins de 3% contre 97% pour Wikipédia a décidé la firme de Redmond à mettre fin aux jours d’Encarta le 31 octobre 2009, avec un sursis au Japon jusqu’au dernier jour de l’année.

"Digitalement vôtre" : la bibliothèque numérique mondiale

La World digital Library, bibliothèque numérique de l'Unesco, a été lancée comme prévu ce 21 avril 2009 (voir aussi EducNet et Actualitté). Ce projet mondial a été mené par la Library of Congress, avec une trentaine de partenaires, en majorité des bibliothèques.
 

 

Le livre numérique, entre innovations et inquiétudes

Par Jeremy Jeanguenin, le 12 mars 2009

Dans culture et monde du livre

Tablettes de lectures : des contenants en évolution (trop ?) rapide

txtr est une liseuse présentée comme étant de cette "nouvelle génération" de tablettes que l'on annonce, aux côtés du Sony PRS 700 (dont la bibliosphère a déjà fait grand bruit) : un tour d'horizon très complet de la liseuse est disponible sur le blog eBouquin.

Hervé Bienvault voit en ce nouveau support la convergence des aspects positifs du Kindle (connectivité) et de l’iPhone (intuitivité), associés à la qualité et au confort de lecture du papier électronique. Ainsi, il admet sans réserves : "Ils sont forts ces Allemands", leur reconnaissant là une honorable continuation de l’héritage de Gutenberg.

Quant à l’éditeur Tim O’Reilly, il a fait part de ses réticences à propos du Kindle 2, la fameuse liseuse à clavier sur le modèle propriétaire développée par le géant Amazon, rapporte le site Actualitté.

Un petit rappel à propos du reader de Sony, devenu tactile, avec le PRS-700.

Enfin, on voit émerger de nouveaux modèles souples et compacts, à l'instar du Readius.

Des contenus numérisés au spectre Google

L'historien américain Robert Darnton, dont le texte est traduit dans Le Monde diplomatique rappelle que :

"Si les contours légaux et économiques du nouvel espace qu’instaure cet arrangement restent flous, l’objectif des directeurs de bibliothèque est clair : ouvrir leurs collections et les rendre disponibles à tout lecteur en tout lieu. Un projet simple en apparence, mais sans cesse entravé par les contraintes sociales et les intérêts économiques. Tout comme, il y a deux siècles, celui de la république mondiale des lettres."

Pour lire l’article dans son intégralité : Le Monde Diplomatique et dans sa version originale en anglais dans la New York Review of Books.

Livre électronique et salon du livre 2009

L’ ebook au salon du livre 2009 sera présent, avec un ebook camp, dixit KotKot, ainsi que lors des Assises professionnelles du SNE le 17 mars 2009.

Médiateurs du livre numérique

François Bon annonce la collaboration de Publie.net et Arte.tv pour proposer des expériences de lectures "d’un genre nouveau" à chacun, pendant six jours autour de six textes inédits, tout au long du salon du livre 2009.

Rappelons aussi que la librairie électronique L’Immatériel est également complice, et qu’elle propose depuis peu "une autre approche de la réalité numérique". Immatériel est un projet emmené par Xavier Cazin, qui a édité pendant douze années chez O’Reilly, la maison fondée par Tim O'Reilly (voir supra) .

A propos d’Immatériel, François Bon présente ce projet, démontrant sa singularité et sa cohérence.

 

L'Histoire de la librairie française s'invite à la BPI

Ce lundi 2 mars 2009, la Bibliothèque publique d’information accueillait un débat à l’occasion du lancement de l’ouvrage Histoire de la librairie française aux Éditions du Cercle de la librairie.

 

Stratégies éditoriales à l'heure du livre électronique

La médiathèque de l’Espace Landowski donnait rendez-vous la 9 février 2009 aux professionnels d’horizons variés, ainsi qu’aux avertis et curieux, autour de la problématique toujours en mouvement du livre électronique (à la fois ce que l’on appelle "liseuse", le contenant, et le "ebook", son contenu). Pour cela, la table ronde laissait place de façon exclusive aux producteurs de ces contenants et contenus : Denis de Coster (Adobe Systems France), Alban Cerisier (responsable des développements numériques chez Gallimard), Pierre-Henri Colin (responsable de l'offre ePaper chez 4D Concept), Patrick Gambache (responsable numérique chez Flammarion, associé au programme Wizwiz), Laurent Picard (cofondateur de Bookeen), Denis Zwirn (Numilog), Laurence Dolivet (directrice des contenus chez SFR).

Alors qu’on pouvait craindre l’aspect promotionnel d’une telle journée, le débat et les échanges à la table ont été plutôt réussis et ont même permis de conclure d’une même et unique voix… à la fois rassurante et toujours aussi incertaine (!). Le succès de la lecture sur téléphone mobile en Asie et le double lancement du Sony Reader et du Kindle d’Amazon (on annonce 200 000 exemplaires vendus outre-Atlantique pour chacun de ces modèles) ont réanimé les passions pour ce "livre à venir".

Un livre comme les autres ?

Concernant la lecture sur portable, Laurence Dolivet défend une politique multimédia sur téléphones mobiles. De vagues conclusions à une enquête sont exprimées, mais aucune donnée n’est communiquée : SFR semble placer le livre à l’égal des autres médias disponibles sur technologie mobile (vidéos, photographies, musique) ; ce que relèvera Alban Cerisier en posant plus loin la question générale : "Qu’est-ce qu’un livre électronique ? En quoi est-il différent d’un DVD et comment justifier une TVA réduite à 5,5% ?"

Renouveler les pratiques de lecture scolaire

Laurent Picard abordait le progrès en termes d’ergonomie et de poids (en 2002, les Cybook en prêt à Boulogne pesaient 1 kg et nécessitaient une recharge de batterie fréquente, alors qu’un Cybook ePaper pèse aujourd’hui 180 g et reste très économe en énergie).

Il abordait là aussi un point qui aurait demandé à être développé, celui des usages en cadre scolaire : c’est le projet avorté du "cartable électronique" pour tous les élèves, lancé par le ministère de l’Éducation nationale à la rentrée 2000, qui n’a fait finalement l’objet d’aucun marché, puisque, à l’époque, aucun éditeur ne pouvait proposer de lecture en couleurs, indispensable pour la géographie notamment. Sur ce point, Denis de Coster tombait d’accord pour que le livre électronique "crée une intelligence" – "la transposition doit permettre une interaction" –, et pour ne pas se leurrer en reproduisant à l’identique la structure du papier. La démarche globale cognitive est très différente. L. Picard fit remarquer que le cartable électronique n’aurait été qu’un "PC déguisé en écran de lecture" qui aurait distrait les écoliers.

Des formats

Ce dont il s’agit aujourd’hui, c’est de rendre les formats interopérables, c’est-à-dire entièrement fonctionnels et optimisés, peu importe l’outil de lecture utilisé. Pour répondre à cela, le standard EAD-DTD (description archivistique encodée) doit rendre les documents électroniques aussi malléables que possible à l’épreuve du support. L’adaptabilité du contenu au matériel est donc une priorité pour la profession.

De son côté, Denis de Coster relatait les progrès de confort de lecture, grâce au format PDF, notamment pour les personnes déficientes visuelles (expérience relayée et confortée par une responsable de la Bibliothèque numérique pour le handicap présente dans la salle). Or, on constate des inconvénients de lourdeur du format (en partie résolus par le format ePub et par la version "PDA" du PDF d'Adobe), ainsi que son manque d’adaptation aux technologies intuitives : les formats de type iPod ou MobiPocket sont plus avancés sur ce point (voir Kamikaze).

A la source

Alban Cerisier a évoqué le work in progress de l’offre éditoriale numérique et de la progressive structuration du marché, à travers le groupe de réflexion sur le livre électronique et l’interopérabilité mis en place au sein du CNL. L’enjeu pour l’éditeur est la maîtrise des fichiers-sources : composés dans des logiciels de PAO courants comme XPress de la société Quark ou plus récemment InDesign d’Adobe, la conversion est loin d’être rendue possible d’un seul clic ! Autre paramètre non négligeable : l’archivage de ces sources. En effet, il s’agirait de faire un véritable "récolement" des fichiers définitifs "bons-à-tirer" qui sont à la fois chez l’imprimeur et chez l’éditeur, mais trop souvent disséminés. La mise en place d’un processus de stabilisation des sources textes pour une meilleure conversion dynamique est ainsi rendue indispensable. Concernant les droits d’auteur, le principe est aujourd’hui entièrement acquis pour l’ebook ; ce qui s’avère plus délicat, c’est l’ensemble des négociations nécessaires pour l’acquisition des droits antérieurs (ici, les ouvrages de fonds). Celles-ci se révèlent d’autant plus délicates que la date de publication au catalogue papier est ancienne. A. Cerisier a insisté sur l’importance de l’univers des "grands lecteurs technophiles" : c’est dans la BD que ça bouge le plus, les planches étant rendues interactives et accompagnées de séquences animées sous Flash, mais selon lui "nous n’en sommes qu’à du Gutenberg dégradé , il y a beaucoup à faire".

Convergences professionnelles

Denis Zwirn, fondateur de Numilog, agrégateur de contenus-livres électroniques, rendait hommage à la démarche de Gallica 2 (à laquelle il est désormais associé en tant qu’éditeur numérique), pour sa logique de développement des corpus plein texte et le développement d’un moteur de recherche consubstantiel (et dont on connaît les logiques de classement et d’indexation, contrairement à GoogleBooks), mais aussi pour l’exemplarité du respect de la chaîne du livre (le refus de l’"opt-out", c’est-à-dire un travail sur les droits en amont). Patrick Gambache estime que Gallica 2 a permis de focaliser l’attention de tous les éditeurs et de créer un "moment de réflexion interprofessionnel".

Modèles économiques du livre

Enfin, les modèles économiques ne sont pas en reste, deux formules étant à l’ordre du jour : un "package forfaitaire" comme on en trouve pour les bouquets de presse numérique, ou bien une "logique papier", où le prix est défini en partenariat avec les éditeurs en fonction du nombre de lecteurs. Cette dernière correspond à la politique d’acquisition la plus souple et la plus libre. Ainsi, le prix du livre sera fixé par l’usage : ce modèle reste à expérimenter.

Un trouble ?

Le paradoxe est donc le suivant : alors qu’un "buzz" médiatique (on aurait parlé de "rumeurs", "le plus vieux média du monde", avec Jean-Noël Kapferer il y a une quinzaine d’années) se développe autour de nouveaux outils technologiques de lecture, il s’opère une translation rapide vers la technologie d’un appareil multi-usages incarné par le téléphone mobile. Ainsi, les éditeurs ont peut-être à redouter que la lecture numérique se passe de liseuses pour se déployer immédiatement sur iPhone (dispositif macro-technique par excellence !)et ses analogues tactiles. L’évolution technologique reporte sans cesse l’avènement ponctué d’un modèle de liseuse définitif. Et le mot de la fin de nous laisser dans un doute serein : "il faut se laisser le temps de structurer le marché", "c’est un terrain d’expérimentation"

Autres comptes rendus sur la blogosphère du livre électronique :

KotKot Bruits et chuchotements Klog

 

Table ronde du BBF "Les bibliothèques actrices de la citoyenneté : leur rôle dans l’intégration, la formation et l’insertion"

Le Bulletin des bibliothèques de France organise sa Table ronde annuelle au Salon du livre de Paris, parc des expositions de la porte de Versailles, lors de la journée professionnelle, lundi 16 mars 2009 de 13 h 30 à 15 h (salle affichée à l’entrée des espaces de conférence, en mezzanine).

Le débat portera sur la thématique développée dans le dossier du numéro 2 de la revue, à paraître fin mars :

"Les bibliothèques actrices de la citoyenneté : leur rôle dans l’intégration, la formation et l’insertion"

Les intervenants seront :

Dominique Gillot, ancienne ministre, vice-présidente du conseil général du Val-d’Oise, maire d’Eragny ;
Dominique Tabah, directrice des bibliothèques municipales de Montreuil ;
Olivier Chourrot, chef du bureau des réseaux d’informations scientifique et technique au ministère de l’Enseignement supérieur ;
Sandrine Malotaux, directrice du service commun de documentation de l'Institut polytechnique de Toulouse.

Le rôle citoyen et social des bibliothèques, et leur offre de service en direction des populations immigrées non francophones, des jeunes préparant leur insertion professionnelle, des adultes en réinsertion, seront interrogés à travers l’exemple de la lecture publique mais aussi de l’université, où se mettent en place les BAIP, bureaux d’aide à l’insertion professionnelle des étudiants.

Le débat sera présenté par Yves Alix, rédacteur en chef du BBF.

 

Libfly : portail et outils web 2.0 pour les bibliothèques

Par Jeremy Jeanguenin, le 12 février 2009

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En matière de "biblioportails" (entendons : les réseaux sociaux livresques), on a pu évoquer récemment Babelio, qui permet de partager sa bibliothèque personnelle, d'émettre des commentaires et de les partager avec la communauté de lecteurs; sans parler du réputé LibraryThing (dans quel état j'erre dans la toile?!).
Un autre outil vient d'être lancé par la société Archimed, il s'agit de Libfly, portail aux couleurs acidulées, qui propose un panel de services dynamiques.
Au-delà de l'aspect "communautaire" du 2.0 (i.e. : compte personnel, avis, groupes, notes, conseils, alimentation des listes de lecture, suggestions...), Libfly propose de remettre un pied dans le réel du livre en aidant à repérer des ouvrages en bibliothèque ou en librairie près de chez soi.

Libfly propose un partenariat gratuit aux bibliothèques, mais aussi des "libgets" (peu subtile apocope/aphérèse-valise de "library-widget", la succession d'une labiale et d'une sifflante étant un exercice phonatoire périlleux!) dans une version html simplifiée (facilement intégrable aux blogs, sites, portails par l'ajout d'un module), des nuages de tags et de nombreux fils RSS.

Dernière singularité : on peut personnaliser la page pour son établissement ou pour soi, par un "interfaçage" complet.

Si vous l'avez testé, n'hésitez pas à laisser des commentaires!

 

Demandez à un bibliothécaire!

Hier était inauguré le service de réponse à distance pour étudiants Rue des facs à la bibliothèque Sainte-Barbe. Elle rassemble les compétences et les fonds de 13 établissements parisiens et mobilise quelque 141 bibliothécaires. Ce projet de développement des services numériques en bibliothèque a été soutenu par l'université numérique d'Ile-de-France et par la ville de Paris qui a attribué une subvention au projet.

Ce type de service "question à un bibliothécaire", calqué sur le modèle anglo-saxon, est déjà répandu à la BPI (le service Radis, Réponses à distance, puis la mise en place du réseau "Bibliosés@me"), à la bibliothèque municipale de Lyon avec son efficace Guichet du savoir (qui a la particularité de publier les réponses sous forme de fil de discussion et permet ainsi à chacun de profiter des requêtes des autres) et à la BnF avec Sindbad (dont l'existence nous est rappelée sur le nouveau blog "10 ans et après?"). Ces types de services se développent désormais sur des thématiques plus spécialisées : c’est le cas de l’Enssib et du service Questions?Réponses!, plus axé sur les connaissances en bibliothéconomie et en sciences de l’information et de la communication, qui intègre une base de connaissances mise à jour de façon trimestrielle et interrogeable par un moteur de recherche (en test actuellement).

Ces services, contrairement à ceux de type "guichet", se limitent néanmoins à des réponses d'ordre bibliographique, d'orientation et d'aide à la recherche. N'est-ce pas aussi là une manière d'endiguer, par un service d'orientation à distance, le mésusage des collections, tous médias confondus?

Notre confrère Silvère, sur Bibliobsession, il y a quelques semaines à peine, portait déjà aux nues ces nouveaux services, en regrettant que les réponses ne donnent pas lieu à des publications en ligne, à la manière du Guichet du savoir.

 

Expositions virtuelles : entre livre et Toile

On remarque çà et là qu'elles sont de plus en plus intégrées aux projets de développement numérique des collections, il est vrai. Aussi, au-delà d'une manière de valoriser les collections patrimoniales tout en conservant une notion très forte d'accessibilité, les expositions "virtuelles" en ligne sont à la croisée du patrimoine muséal et de celui du livre. Considérons-les ainsi comme hybrides, entre exposition et document numérique. Un atout essentiel du web 2.0, mirage ou réalité.

Commençons par deux points de référence en matière d'expositions virtuelles : la BnF, qui propose cinq galeries distinctes ainsi qu'une section de feuilletage des livres et le portail Lectura en région Rhône-Alpes, qui propose pas moins de quarante-trois expositions virtuelles (depuis 1997 avec l'exposition Nostradamus à la BM de Lyon)!

La BDIC propose de son côté une exposition "Immigrées, exilées, femmes en lutte", sur le serveur Musea de l'université d'Angers (n'hésitez pas à consulter les autres expositions du site Musea). La BDIC a également proposé une version moins convaincante de l'exposition virtuelle, au format pdf : "La Première Guerre au quotidien".

Plus récemment, à l'occasion de l'exposition sur les Editions du Seuil (7 novembre 2007-4 février 2008, en partenariat avec l'Imec), la Bpi en profitait pour inaugurer cette nouvelle pratique déambulatoire transposée à la Toile : l'exposition est toujours en ligne et c'est ici. De la mezzanine au web, c'est l'exposition sur l'univers particulier de l'illustrateur Jean Gourmelin qui prend le relais.

La bibliothèque Méjanes (Cité du livre d'Aix-en-Provence) n'est pas en reste, puisqu'elle propose une dizaine d'expositions virtuelles, de Camus à l'inévitable Marquis de Méjanes en passant par les sujets provençaux, la bibliothèque entend ainsi, selon ses propres termes, vouloir "pérenniser" l'exposition.

De son côté, le service commun de documentation de l'université de Poitiers propose depuis juin 2008 une "bibliothèque virtuelle" sur les formes naissantes du socialisme (saint-simoniens, fouriéristes, Proudhon, communisme icarien...). Le site permet de consulter un ensemble de textes rares, dû au legs d'Auguste Dubois, figure de l'université de Poitiers.

A Roubaix, à l'occasion de la commémoration du 90e anniversaire de l'armistice de la Première Guerre mondiale le 11 novembre dernier, la médiathèque proposait une visite virtuelle guidée de ses collections patrimoniales. A ce titre, l'établissement revendique non pas une volonté d'écrire la guerre, mais uniquement de la "montrer", en s'appuyant sur les fascicules de la collection Patrie publiés par les éditions Rouff de 1917 à 1920, une collection d'affiches (fonds Ducourant), et une collection de cartes postales anciennes sur Roubaix.

Côté musique, on signalera l'exposition en ligne consécutive à l'exposition "Musique de cour" qui eut lieu du 22 septembre au 30 novembre 2007 à la bibliothèque municipale de Versailles.

L'agence de coopération régionale en Franche-Comté (Accolad) a mis l'accent sur les collections précieuses, en mettant en ligne une visite virtuelle des salles des incunables.

Côté sciences médicales, la bibliothèque interuniversitaire de médecine (BIUM) retrace en ligne "100 ans de frontispices de livres de médecine" (jetez donc un œil aux "gueules cassées" de 1914-1918!) sur son site.
Et pour finir (ce billet ne visant pas l'exhaustivité, tous commentaires seront bienvenus), le projet PôLiB (projet commun de numérisation des trois universités lilloises) a dernièrement mis en scène l' "anatomie à livre ouvert".

 

Numérisation du patrimoine culturel, toujours

Par Jeremy Jeanguenin, le 08 décembre 2008

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Voilà un dossier "Numérisation du patrimoine culturel" de la publication "Culture & Recherche", éditée par le ministère de la Culture et de la Communication, que nous n'avons pas pensé à proposer dans le dernier Panorama du Web et qui prolongera certaines pistes (fonds anciens, cinémathèques, numérisation territoriale, web 2.0).

Le dernier numéro (118-119) est téléchargeable dans sa version pdf sur le site du ministère.

Par ailleurs, nous vous conviions la semaine passée à prendre connaissance du rapport sur le livre d'art et ses publics de Bertrand Legendre et Corinne Abensour, ce qui ne reste pas sans effets. Aujourd'hui, Livres Hebdo nous informait que le Mai du livre d'art succombe pour laisser place à un événement plus stratégique (là où il est question de ventes...) :

''Il n’y aura pas de 21e édition du Mai du livre d’art. Le bureau fraîchement renouvelé du groupe Art au Syndicat national de l’édition arrête l’opération, de plus en plus critiquée, qui ne satisfaisait plus ni les éditeurs, ni les libraires.

La présidente Brigitte Stephan, qui remplace Mijo Thomas, ainsi que les vice-présidentes Sophy Thompson et Annie Pérez, réfléchissent à une autre initiative qui se tiendrait plutôt début octobre, lorsque la production de beaux livres s’accélère.''

 

Le Bulletin des bibliothèques de France est publié par l'École nationale supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques
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