Disparition de la direction des Archives de France : inquiétudes
Par Jeremy Jeanguenin, le 28 juillet 2009
Dans
archivage et catalogage

L'Association des archivistes français (AAF) monte au créneau suite à la nouvelle de sa dilution dans la Direction générale des patrimoines de France. Tel est l'un des effets de la promise Révision générale des politiques publiques, comme a déjà pu l'illustrer la récente disparition de la Sous-direction des bibliothèques et de l'information scientifique (SDBIS).
Une pétition, qui illustre l'inquiétude de l'ensemble de la profession, est d'ores et déjà lancée, avec pour mot d'ordre :
"Nous, signataires de cette pétition, soutenons l’action de l’AAF et demandons que la fonction archives soit maintenue et développée à un haut niveau de l’Etat, visible, avec des missions renforcées de contrôle sur les archives publiques, d’appui pour les services d’archives publiques et privées, disposant des moyens nécessaires pour faire autorité vis-à-vis des administrations et des élus de tous niveaux et piloter efficacement le réseau."
D'autres informations sur le site de l'AAF.
Numérisation de masse : la BnF en images!
Voici une vidéo mise en ligne très récemment sur le site de la BnF et qui montre successivement les opérations de numérisation des collections, de la sélection du livre à la page de recherche de Gallica : reproduction physique en mode image, mode texte, océrisation, archivage Spar... Saisissant!
NB : si certains d'entre vous sont en bas débit, la vidéo est disponible en résolution réduite en bas de la page d'accueil.
La bibliothèque du Congrès dans Flickr
Illustration de la remarque que les folksonomies ou indexation sociale «sont un complément vraiment intéressant à une indexation matière classique», Nicolas Morin relevait la semaine dernière l’initiative de la Library of Congress: cette dernière a chargé près de 3000 photos dans Flickr, sous licence crative commons (c’est-à-dire, sauf mention contraire, utilisables comme bon vous semble), que les internautes sont invités à tagger, à commenter ou annoter. Il souligne que la bibliothèque du Congrès espère ainsi «obtenir des identifications de photos pour lesquelles les informations manquent» et «expérimenter l’ajout dans les notices d’éléments fournis par le public.» Une FAQ est disponible donnant toutes précisions utiles liées à ce projet.
Affordance surenchérit sur cette idée qu’«il faut aller chercher les usagers là où ils sont.» Car ce projet ne découle pas d’un manque de moyens ou de possibilités de s’équiper des serveurs adéquats de la Library of Congress: «ce que traduit cette (heureuse) initiative c’est la simple reconnaissance par le monde des bibliothèques de la logique de l’accès qui prévaut aujourd’hui pour l’ensemble des industries culturelles». Lire la suite du billet, qui explique comment recréer le désir du public de se rendre à la bibliothèque, et où l’on apprend que le service Flickr, comprenant l’intérêt stratégique de nouer de tels partenariats, «vient en conséquence d’ouvrir un espace "Flickr Commons", destiné précisément aux organismes publics.» Si vous avez des photos…
Voir aussi
- l’annonce de ce partenariat sur le blog de Library of Congress lui-même le 16 janvier dernier
- le billet de catalogablog, qui souligne la très bonne réception de cette initiative parmi les usagers
- le billet de La mémoire de silence, qui revient notamment sur ce qu’est Flickr (propriété du portail Yahoo) et sur l’intérêt, pour des structures qui n’ont pas les moyens de diffuser leurs fonds libres de droits, de l’espace collaboratif ouvert par Flickr
- le message d’Hervé Le Crosnier "Patrimoine et pensée vivante", paru sur biblio-fr le 17 janvier, qui précise qu’«on peut obtenir le fichier numérisé original en format TIFF (par exemple pour utiliser la photo dans un ouvrage ou une revue)» ou «évidemment commander la reproduction de la photo auprès de la Library of Congress.»
- Descripteurs enfin, qui relève d’une part des exemples concrets de ce qu’apporte cette indexation collaborative, et d’autre part des initiatives comparable à celle de la bibliothèque du Congrès, soit:
Des initiatives similaires
MAJ 15 avril 2008. Et c'est maintenant la Boston Public Library qui s'y met. Vu sur affordance.
Bibliographie et catalogage : deux nouveaux guides à la BnF
La rubrique ‘Miscellanées BnF’ du Guide de recherche en bibliothèque (Grebib) vient de s’enrichir d’un dossier supplémentaire, un Guide de recherches biographiques, qui indique des méthodes de recherches dans les nombreux outils biographiques conservés à la BnF.
On y trouve un Guide de dictionnaires bibliographiques, à télécharger, et de nombreuses autres ressources.
La BnF vient par ailleurs de mettre en ligne ce mois de novembre son Guide pratique du catalogueur.
Voici la présentation diffusée par l’Agence bibliographique nationale de la BnF sur les listes de diffusion bibliopat et biblo-fr.
Actes de la journée UNIMARC organisée par le CfU
Le Comité français UNIMARC (CfU) vient de mettre en ligne les actes de la 2e journée d’étude UNIMARC qui a eu lieu le vendredi 27 octobre 2006 à la Bibliothèque nationale de France.
Notons que le site web du CfU, accessible depuis juillet 2006, est hébergé par l’Enssib (lien direct en bas de la colonne de gauche).
Le site du CfU est à la fois un outil de travail collaboratif pour ses membres (la partie professionnelle du site est en effet réservée au comité sur identification), et un site d’information pour le public qui donne accès à plusieurs rubriques: outre celle des Publications à usage français, dans laquelle on retrouve entre autres les actes des journées UNIMARC et les traductions réalisées par le CfU, une rubrique a répertorié de nombreuses Ressources en ligne, depuis les sites officiels jusqu’aux applications du format UNIMARC en France en passant pas les centres de formation.
Et si une de vos questions ne trouve pas de réponse, la rubrique Questions / Réponses vous permet de la formuler directement au CfU et de consulter les archives de celles préalablement posées.
La Library of Congress a décidé de ne plus créer de notices d'autorité de collection
Par Katell Gueguen, le 03 mai 2006
Dans
archivage et catalogage
Cette décision a été relevée dans un message du 28 avril sur
Bibliodoc, la liste de diffusion de l'Association internationale francophone des bibliothécaires et documentalistes (AIFBD): la Library of Congress cessera dès le 1er mai 2006 de créer des notices d'autorité de collection et de mettre à jour les notices existantes. Voici
l'annonce faite par la Bibliothèque du Congrès.
DADVSI passe au crible du sénat
Suite à l'adoption de la loi DADVSI par l'Assemblée nationale le 21 mars dernier, elle sera discutée au Sénat à partir du 4 mai. Dans cette perspective,
des amendements ont été présentés au sénat le 12 avril, qui devraient de nouveau mobiliser les défenseurs des logiciels libres et des droits du public de tout bord.
Un des enjeux est le rejet de l'interopérabilité des mesures techniques de protection (MTP), au profit de la brevetabilité du logiciel. Si le texte était adopté en l'état, il remettrait en cause le droit de développer un logiciel interopérable d'accès à la culture, qu'il soit libre ou propriétaire.
Mais cet aspect, qui fait monter au créneau les utilisateurs des logiciels libres, ne doit pas masquer d'autres enjeux, qui touchent de plus près les bibliothèques et la sphère publique, et qui risque d'être un peu noyées dans le brouhaha.
La question de l'interopérabilité
Revenant sur l'article 7 voté par l'Assemblée le 21 mars, le Sénat entend protéger les MTP en restreignant fortement les conditions d'accès aux sources. Il va même plus loin en opérant un glissement du côté des partisans de la brevetabilité des logiciels, au premier rang desquels on trouve évidemment les grands groupes internationaux. Rappelons qu'en Europe, les logiciels sont en tant que tels protégés par le droit d'auteur et non la propriété industrielle. De ce fait, ils ne sont pas (théoriquement…) brevetables.
Sur ce sujet, on peut lire les sites ou blogs suivants.
Sur le site
eucd.info, voir le
billet publié le mardi 25 avril, qui lance un appel à écrire ou à téléphoner d'urgence au rapporteur du Sénat sur le projet de loi
Michel Thiollière, et au président de la Commission des Affaires Culturelles
Jacques Valade, pour leur demander d'intervenir afin que l'article 7 tel qu'adopté par les députés soit préservé.
On peut aussi lire sur Standblog le billet
DADVSI, c'est reparti pour un tour, qui propose plusieurs liens sur le sujet, et s'étonne de la suppression du «seul aspect positif de la loi telle qu'elle a été votée à l'Assemblée Nationale», à savoir l'article 7 (Ndlr. On laisse à Standblog la responsabilité de cette appréciation sans nuance…).
Et si vous voulez DADVSI version film, c'est
là.
Ici le comnuniqué de presse du 18 avril d'April et de quelques associations:
Projet de loi «DADVSI»: à contre-courant, le Sénat rejette l'interopérabilité et prône la brevetabilité du logiciel.
Là le communiqué du 18 avril de l'Association Francophone des Utilisateurs de Linux et des Logiciels Libres:
Loi DADVSI: les amendements du Sénat menacent l'interopérabilité.
Et voir aussi
ce billet de ZDNet.
Vous trouverez également plusieurs billets sur ce qui se dessine au sénat sur le blog
stopDRM, en commençant par leur Communiqué de presse du 19 avril – puis voir les billets suivants, où vous trouverez notamment le calendrier des prochains événements prévus, le principal étant la manifestation du 7 mai à Paris.
Les autres points à ne pas négliger
On en trouve plusieurs analysés dans le billet du 22 avril d'eucd,
Analyse de certains amendements du rapporteur Michel Thiollière (l'amendement 17 reprenant l'article 7 est ici également traité).
Ratium propose de son côté d'examiner en sept points «les principales dispositions que M. Thiollière veut voir modifier sur un projet de loi déjà déséquilibré», dans le billet du 14 avril
DADVSI: l'ombre de la honte plane sur le Sénat.
Et mettons l'accent, parmi les amendements, sur les dispositions qui intéressent particulièrement les bibliothèques, archives, musées et services de documentation.
- Tout d'abord, le Sénat réintroduit une exception de citation pour l'enseignement et la recherche, en autorisant «la représentation ou la reproduction de courtes œuvres ou d'extraits d'œuvres… à des fins d'illustration ou d'analyse». Les manuels et ouvrages pédagogiques sont toutefois exclus. L'usage ne doit être ni ludique ni récréatif et par ailleurs circonscrit au public des élèves, étudiants, enseignants et chercheurs exclusivement, en dehors de toute exploitation commerciale. Et dans la logique des traités de l'OMPI et de la directive de 2001, cette exception n'est possible que moyennant une rémunération spécifique, distincte de celle perçue au titre du droit de reprographie.
- Par ailleurs, l'exception au droit exclusif autorisant (article 1er bis, 2°, 8ème alinéa de la loi) «les actes de reproduction spécifiques effectués par les bibliothèques accessibles au public, des musées ou des services d'archives», est précisée. Ces actes doivent avoir pour objet la conservation et la consultation sur place.
- La même exception est introduite pour les droits voisins (modification de l'article L.211-3 du Code de la propriété intellectuelle), mais le libellé est légèrement différent. Les actes de reproduction sont ici destinés «à la conservation ou à préserver les conditions de la consultation sur place».
Dans les commentaires sur le site de
l'Interassociation, il est précisé que ces rédactions ne sont pas complètement satisfaisantes, car autoriser la reproduction pour consultation n'est pas autoriser la consultation: ce sont deux droits distincts, qui doivent donc faire l'objet chacun d'une exception!
Les débats seront sans doute animés: des voix se font déjà entendre pour remettre en cause les exceptions, comme celle de Paul Otchakovski-Laurens, dans son article
Des auteurs en voie de disparition dans le Monde du 27 avril.
Bibliothèque numérique en histoire de l'art
L'
Institut national d'histoire de l'art constitue progressivement une
bibliothèque numérique en histoire de l'art. Ce dernier lien vous donne accès à une description exhaustive du fonds disponible, qui «se veut représentatif d'une bibliothèque de référence idéale pour un chercheur en histoire de l'art».
A noter parmi la diversité des ouvrages numérisés, tant imprimés qu'iconographiques, la très importante collection des catalogues du Musée du Louvre antérieurs à 1920 de la Bibliothèque centrale des musées nationaux.
La rubrique
Consulter la bibliothèque numérique vous permet d'effectuer une recherche directement ou par le biais des catégories proposées.
Sur les catalogues
Par Katell Gueguen, le 20 avril 2006
Dans
archivage et catalogage, éditions et parutions
L'Agence bibliographique nationale de la Bibliothèque nationale de France vient d'annoncer qu'elle publiera régulièrement une lettre d'information intitulée «Actualités du catalogue: produits et services bibliographiques», qui permettra de suivre l'évolution du catalogue de la BnF et des normes documentaires. Cette lettre se veut aussi interactive puisqu'elle permettra aux usagers d'exprimer leurs attentes ou de partager leurs expériences.
Retrouvez le
premier numéro de mars 2006 à partir du site de la
">BnF > Professionnels > Produits et services bibliographiques.
Signalons également qu'Olivier Le Deuff dans
Le Guide des Egarés a lancé un débat intitulé
Du catalogue au blog: le catalogablog, avec l'idée (entre autres) que «l'avenir des catalogues de bibliothèques réside désormais dans les blogs». Les réactions sont consultables sur son site – et sur la liste de
biblio-fr à partir du 8 avril.
Et puis sur Figoblog, deux rapports publiés aux Etats-Unis signalés et commentés dans
Changer les catalogues. Modérément enthousiasmé par ces rapports, le billet affirme en conclusion : «Non, il n'y a pas un "consommateur" type du catalogue unique et indivisible. Il y a des usages, multiples, différents, et aucun outil miracle ne saura tous les contenter. Il faut des données fiables et souples, qu'on peut sortir, transformer, adapter, réutiliser. Pour moi c'est ça le futur du catalogue.»
Le libre accès et les bibliothèques
Par Katell Gueguen, le 07 décembre 2005
Dans
archivage et catalogage
Ci-dessous quelques sources où l'on parle d'Archives ouvertes et d'auto-archivage, et de la façon dont cela concerne les bibliothèques.
Invitée du mois de novembre sur le blog du réseau des Urfist, Hélène Bosc, bibliothécaire et responsable du site
La communication scientifique revue et corrigée par Internet, a publié un billet intitulé
Le libre accès (LA), les entrepôts de documents électroniques (repositories) et le rôle des bibliothécaires-documentalistes.
Dans la perspective de l'
Initiative de Budapest (BOAI), qui officialise l'idée du Libre Accès aux articles scientifiques, Hélène Bosc redéfinit les enjeux de l'auto-archivage dans des Archives Ouvertes, les bibliothécaires n'étant pas les derniers à saisir les possibilités offertes par les protocoles créés dans ce cadre. Vous trouverez dans ce billet une mise au point et des références utiles.
Concernant les archives ouvertes en Sciences de l'information, un message de Jean-Blaise Claivaz, éditeur E-LIS pour la Suisse, est paru sur la
liste swiss-lib le 14 novembre, nous rappelant l'existence d'
E-LIS, E-prints in Library and Information Science. Il s'agit d'une archive ouverte pour les documents scientifiques et techniques, publiés ou non, portant sur la bibliothéconomie, les sciences de l'information et la technologie, et autres secteurs affiliés. «Elle contient près de 3 000 documents issus de nombreux pays (…) Comme son ambition est d'être L'Archive ouverte en bibliothéconomie, les références des documents de l'archive française ne devraient pas tarder à y être copiées.» Il est possible de déposer des documents sur la bibliothéconomie ou les sciences de l'information, par un
enregistrement préalable, afin d'obtenir un identifiant/mot de passe.
Courant septembre, BiblioAcid relevait «plusieurs choses intéressantes» prononcées par le directeur de la bibliothèque de l'University College London, sur les Scholarly Communications, et consignées dans le billet:
Paul Ayris: Scholarly Communications. L'enjeu: cerner la façon dont l'Accès Ouvert et les documents numériques modifient le paysage de la bibliothèque. Sont cités dans ce billets quelques projets autour des thèses en ligne et de la documentation numérique.