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Veille sur l'actualité des bibliothèques et des sciences de l'information


Le blog du BBF
Veille sur l'actualité des bibliothèques et des sciences de l'information

Katell Gueguen 28 avril 2006
Suite à l'adoption de la loi DADVSI par l'Assemblée nationale le 21 mars dernier, elle sera discutée au Sénat à partir du 4 mai. Dans cette perspective, des amendements ont été présentés au sénat le 12 avril, qui devraient de nouveau mobiliser les défenseurs des logiciels libres et des droits du public de tout bord.

Un des enjeux est le rejet de l'interopérabilité des mesures techniques de protection (MTP), au profit de la brevetabilité du logiciel. Si le texte était adopté en l'état, il remettrait en cause le droit de développer un logiciel interopérable d'accès à la culture, qu'il soit libre ou propriétaire.

Mais cet aspect, qui fait monter au créneau les utilisateurs des logiciels libres, ne doit pas masquer d'autres enjeux, qui touchent de plus près les bibliothèques et la sphère publique, et qui risque d'être un peu noyées dans le brouhaha.

La question de l'interopérabilité

Revenant sur l'article 7 voté par l'Assemblée le 21 mars, le Sénat entend protéger les MTP en restreignant fortement les conditions d'accès aux sources. Il va même plus loin en opérant un glissement du côté des partisans de la brevetabilité des logiciels, au premier rang desquels on trouve évidemment les grands groupes internationaux. Rappelons qu'en Europe, les logiciels sont en tant que tels protégés par le droit d'auteur et non la propriété industrielle. De ce fait, ils ne sont pas (théoriquement…) brevetables.

Sur ce sujet, on peut lire les sites ou blogs suivants.

Sur le site eucd.info, voir le billet publié le mardi 25 avril, qui lance un appel à écrire ou à téléphoner d'urgence au rapporteur du Sénat sur le projet de loi Michel Thiollière, et au président de la Commission des Affaires Culturelles Jacques Valade, pour leur demander d'intervenir afin que l'article 7 tel qu'adopté par les députés soit préservé.

On peut aussi lire sur Standblog le billet DADVSI, c'est reparti pour un tour, qui propose plusieurs liens sur le sujet, et s'étonne de la suppression du «seul aspect positif de la loi telle qu'elle a été votée à l'Assemblée Nationale», à savoir l'article 7 (Ndlr. On laisse à Standblog la responsabilité de cette appréciation sans nuance…).
Et si vous voulez DADVSI version film, c'est .

Ici le comnuniqué de presse du 18 avril d'April et de quelques associations: Projet de loi «DADVSI»: à contre-courant, le Sénat rejette l'interopérabilité et prône la brevetabilité du logiciel.

Là le communiqué du 18 avril de l'Association Francophone des Utilisateurs de Linux et des Logiciels Libres: Loi DADVSI: les amendements du Sénat menacent l'interopérabilité.
Et voir aussi ce billet de ZDNet.

Vous trouverez également plusieurs billets sur ce qui se dessine au sénat sur le blog stopDRM, en commençant par leur Communiqué de presse du 19 avril – puis voir les billets suivants, où vous trouverez notamment le calendrier des prochains événements prévus, le principal étant la manifestation du 7 mai à Paris.

Les autres points à ne pas négliger

On en trouve plusieurs analysés dans le billet du 22 avril d'eucd, Analyse de certains amendements du rapporteur Michel Thiollière (l'amendement 17 reprenant l'article 7 est ici également traité).

Ratium propose de son côté d'examiner en sept points «les principales dispositions que M. Thiollière veut voir modifier sur un projet de loi déjà déséquilibré», dans le billet du 14 avril DADVSI: l'ombre de la honte plane sur le Sénat.

Et mettons l'accent, parmi les amendements, sur les dispositions qui intéressent particulièrement les bibliothèques, archives, musées et services de documentation.

- Tout d'abord, le Sénat réintroduit une exception de citation pour l'enseignement et la recherche, en autorisant «la représentation ou la reproduction de courtes œuvres ou d'extraits d'œuvres… à des fins d'illustration ou d'analyse». Les manuels et ouvrages pédagogiques sont toutefois exclus. L'usage ne doit être ni ludique ni récréatif et par ailleurs circonscrit au public des élèves, étudiants, enseignants et chercheurs exclusivement, en dehors de toute exploitation commerciale. Et dans la logique des traités de l'OMPI et de la directive de 2001, cette exception n'est possible que moyennant une rémunération spécifique, distincte de celle perçue au titre du droit de reprographie.

- Par ailleurs, l'exception au droit exclusif autorisant (article 1er bis, 2°, 8ème alinéa de la loi) «les actes de reproduction spécifiques effectués par les bibliothèques accessibles au public, des musées ou des services d'archives», est précisée. Ces actes doivent avoir pour objet la conservation et la consultation sur place.

- La même exception est introduite pour les droits voisins (modification de l'article L.211-3 du Code de la propriété intellectuelle), mais le libellé est légèrement différent. Les actes de reproduction sont ici destinés «à la conservation ou à préserver les conditions de la consultation sur place».
Dans les commentaires sur le site de l'Interassociation, il est précisé que ces rédactions ne sont pas complètement satisfaisantes, car autoriser la reproduction pour consultation n'est pas autoriser la consultation: ce sont deux droits distincts, qui doivent donc faire l'objet chacun d'une exception!

Les débats seront sans doute animés: des voix se font déjà entendre pour remettre en cause les exceptions, comme celle de Paul Otchakovski-Laurens, dans son article Des auteurs en voie de disparition dans le Monde du 27 avril.
Katell Gueguen 28 avril 2006
Images en bibliothèques publie quatre fois par an un bulletin de liaison des adhérents de l'association, La lettre d'Images en bibliothèques (voir sur cette page >Animation du réseau pour accéder à la présentation de cette lettre), accessible uniquement sur abonnement. Le dernier numéro, le n°55 de février 2006, propose un Dossier consacré à «La diffusion des films en médiathèque, cadre juridique et perspectives», issu d'une journée d'étude organisée par IB à la Bibliothèque publique d'information le 6 octobre 2005, qui avait réuni 140 vidéothécaires.

Ce Dossier intéressera les bibliothèques publiques qui, de plus en plus nombreuses, possèdent des espaces de projection dans leurs locaux, et qui s'interrogent par exemple sur la possibilité d'utiliser ou non un film de sa collection, de faire des projections réservées au public scolaire, ou encore qui se demandent s'il faut ou non s'adresser au producteur du film.

Deux interventions sont dans ce Dossier intégralement retranscrites.
Un Panorama général du paysage juridique aujourd'hui, par Isabelle Pascal-Pons. Elle y retrace divers paramètres que les bibliothèques ont à prendre en considération – la nature de l'objet film, les droits d'auteurs et le droit moral, les projets que l'on souhaite mettre en œuvre –, puis elle pose quelques balises pour mener à bien ces derniers.
La deuxième intervention est une explication de La représentation publique d'une œuvre audiovisuelle et du non-commercial, par Michel Berthod, inspecteur général au ministère de la Culture. L'article a pour objet de livrer les conclusions d'un rapport que lui a demandé le Ministère, publié en septembre 2005 et accessible sur le site du Centre national de la cinématographie, que vous retrouverez sous l'intitulé Rapport sur l'exploitation cinématographique dite non commerciale. Après un état des lieux de ce qu'on appelle l'exploitation cinématographique non commerciale, M. Berthod avance des propositions d'évolution de ce régime juridique.
Katell Gueguen 27 avril 2006
Nelly Vingtdeux, rédactrice en chef de la revue Transversales créée en 1988 et publiée par l'Association des directeurs de bibliothèques départementales (ADBDP), a annoncé dans son éditorial du n°91 (hiver 2005), que ce numéro était le dernier de la version papier... et le premier à être intégralement publié en ligne, nouvelle version désormais de cette revue. Elle conclut en effet par ces mots : « Phénix, ce bulletin saura renaître de ses cendres de papier sous forme numérique à condition que, en accord avec son titre, il reste et s'affirme encore comme un outil d'expression contributif, décentralisé et expérimental. »

Et parmi les articles de ce numéro, un entretien avec Anne-Marie Bertrand et Bertrand Calenge, anciens rédacteurs en chef du BBF, interrogés sur Le BBF en ligne
Katell Gueguen 26 avril 2006
L'Institut national d'histoire de l'art constitue progressivement une bibliothèque numérique en histoire de l'art. Ce dernier lien vous donne accès à une description exhaustive du fonds disponible, qui «se veut représentatif d'une bibliothèque de référence idéale pour un chercheur en histoire de l'art».

A noter parmi la diversité des ouvrages numérisés, tant imprimés qu'iconographiques, la très importante collection des catalogues du Musée du Louvre antérieurs à 1920 de la Bibliothèque centrale des musées nationaux.
La rubrique Consulter la bibliothèque numérique vous permet d'effectuer une recherche directement ou par le biais des catégories proposées.
Katell Gueguen 21 avril 2006
L'Agence bibliographique nationale de la Bibliothèque nationale de France vient d'annoncer qu'elle publiera régulièrement une lettre d'information intitulée «Actualités du catalogue: produits et services bibliographiques», qui permettra de suivre l'évolution du catalogue de la BnF et des normes documentaires. Cette lettre se veut aussi interactive puisqu'elle permettra aux usagers d'exprimer leurs attentes ou de partager leurs expériences.
Retrouvez le premier numéro de mars 2006 à partir du site de la ">BnF > Professionnels > Produits et services bibliographiques.

Signalons également qu'Olivier Le Deuff dans Le Guide des Egarés a lancé un débat intitulé Du catalogue au blog: le catalogablog, avec l'idée (entre autres) que «l'avenir des catalogues de bibliothèques réside désormais dans les blogs». Les réactions sont consultables sur son site – et sur la liste de biblio-fr à partir du 8 avril.

Et puis sur Figoblog, deux rapports publiés aux Etats-Unis signalés et commentés dans Changer les catalogues. Modérément enthousiasmé par ces rapports, le billet affirme en conclusion : «Non, il n'y a pas un "consommateur" type du catalogue unique et indivisible. Il y a des usages, multiples, différents, et aucun outil miracle ne saura tous les contenter. Il faut des données fiables et souples, qu'on peut sortir, transformer, adapter, réutiliser. Pour moi c'est ça le futur du catalogue.»
Katell Gueguen 6 avril 2006
Batalbum est un site dédié aux albums et destiné aux enfants de 6 à 10 ans.
Il vient de voir le jour, le numéro de février-mars 2006 était le premier, le second vient d'être mis en ligne début avril – avec un nouveau poisson d'avril à découvrir tous les jours du 1er au 7 avril –, le troisième est attendu pour la mi-mai et sera dédié au Québec.
Outre son contenu tout en image et en histoires, ce site très ludique peut servir d'outil pour initier les enfants à Internet. Un équipage est là pour guider la navigation! Ce site est créé et réalisé par Sophie Guiberteau, qui a opté pour une formule passagère sans archives d'un numéro à l'autre, souhaitant inciter les petits internautes à aller vers les livres, non à rester fixés sur le site!

La Marmite à lire est un comité de lecture de littérature jeunesse regroupant des professionnels ou des bénévoles travaillant dans des bibliothèques ou librairies des Bouches-du-Rhône, ayant pour dessein un travail de lecture et d'analyse de la production jeunesse. Vous en saurez plus ici.

On peut consulter les sites pour enfants Takatrouver, ou, selon le même jeu de mot, mais apparemment sans lien aucun, Takalir. Le premier affiche son ambition pédagogique et propose, en s'adressant aux enfants, toutes sortes de ressources classées par thèmes trouvées sur Internet. Le second propose depuis quelques mois, outre l'actualité des livres et du multimédia pour la jeunesse, des répertoires ou encore des dossiers thématiques, un nouvel onglet «Publication», accueillant des textes inédits de jeunes auteurs appréciés par les enfants et les plus grands, et illustrés par de jeunes talents.

On peut encore citer Natalecta, un portail communautaire de littérature de jeunesse, ou le site Ricochet, Centre International d'Etudes en Littérature de Jeunesse, qui est le portail européen sur la littérature jeunesse.
Version étrangère on peut aller voir Arbeitskreis für Jugendliteratur, qui propose une version anglaise.

Et est-il bien nécessaire de rappeler le site de La Joie par les livres, qui publie deux revues : le bulletin annuel Takam Tikou, et La Revue des livres pour enfants, bimestrielle, dont le dernier numéro (227) vient de paraître, avec un dossier consacré à la francophonie. La Joie par les livres procède à la numérisation de ces deux publications. Le site proposera par ailleurs bientôt une Sitothèque (voir dans Base de donnée), «une sélection commentée de sites sur la littérature de jeunesse et sur le conte».

Du côté des blogs

A consulter La Catapulte, élaboré par Hubert Guillaud, éditeur de formation et rédacteur d'autres blogs tels que Internet Actu ou LaFeuille. Le sous-titre expose l'ambition du blog : aider à constituer rien de moins qu'«une bibliothèque jeunesse idéale». De nombreuses critiques d'albums, jeux, documentaires, classés selon plusieurs critères – dépaysant, génial, <10 euros, etc. – devraient vous donner des pistes.

Vous trouverez toutes sortes de références dans la catégorie jeunesse proposée par Figoblog.
Ainsi UpToTen, où on peut faire des jeux gratuits en ligne, cette page de moteurs de recherche s'adressant spécifiquement aux enfants, ou encore ICDL, une bibliothèque numérique des enfants. Et jeter aussi un œil sur son del.icio.us côté enfants

Le Bulletin des bibliothèques de France est publié par l'École nationale supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques
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